[Publication] Découvrez la 1ère note de capitalisation Agri+

Dispositif de financement de l’agriculture familiale, Agri+ a été mis en œuvre par SOS Faim sur mandat du Ministère luxembourgeois des Affaires étrangères et européennes (Direction de la Coopération et de l’Action Humanitaire).
Cette note a été réalisée en collaboration avec Montpellier SupAgro et Lessokon (Moussa Tassembedo).

Le droit à l’alimentation est un droit humain fondamental et universel qui appartient à chaque personne et chaque groupe humain. Pourtant aujourd’hui, en Afrique, 19,1% de la population est sous alimentée*.

Un monde sans faim est possible grâce à une agriculture locale, familiale et durable. Depuis 1993, SOS Faim Luxembourg défend cette vision et accompagne des organisations de producteurs agricoles (OPA) dans leur structuration et dans la mise en place d’une offre de services destinés à leurs membres. SOS Faim renforce le dialogue entre ces organisations et les institutions financières et les soutient dans leur accès aux services financiers.

En 2016, SOS Faim élargit son dispositif d’appui au financement agricole au Burkina Faso, au Mali et au Niger en créant AGRI+.

Quels sont les objectifs ?

Dans un contexte où l’agriculture et l’alimentation représentent un défi économique, social et écologique crucial pour les sociétés ouest-africaines, l’objectif prioritaire d’Agri+ est de développer des mécanismes durables et équitables de financement de l’agriculture familiale en vue de sa modernisation.

Focus sur le volet formation du dispositif Agri+

Parmi les outils mis en œuvre figure un programme de formation – action à destination des organisations paysannes des trois pays sahéliens, considérées comme des acteurs essentiels du système financier agricole par Agri+ . L’objectif de ce programme de formation est de donner des clés aux organisations paysannes afin de faire les bons choix en matière de financement : compréhension du marché agricole et de ses acteurs ; capacité de réflexion stratégique sur leur modèle économique ; analyse fine des besoins financiers de leurs membres ; capacité de montage de projets viables et capacité de négociation avec les institutions financières.
Les formations ont débuté en avril 2017 et, depuis cette date, plus de 90 organisations paysannes, soit près de 300 personnes, ont été formées dans les trois pays.

Quels sont les premiers effets observés ?

Ci-après, vous trouverez une première note d’analyse sur les effets du programme de formation Agri+. La lecture de cette note, tirée d’une première étude qualitative réalisée par L’institut Agro – France (Betty Wampfler), le cabinet Lessokon – Burkina Faso (Moussa Tassembedo) et l’équipe Agri+ de SOS Faim vous permettra d’en savoir plus sur les premiers résultats obtenus après un cycle de formation d’organisations paysannes.

* Source : « The state of Food Securit and Nutrition in the World – 2020 » – publiée par les agences des Nations Unies : FAO, OMS, PAM, Unicef, IFAD – 13/07/2020
Sous-alimentation : consommation alimentaire insuffisante pour fournir l’apport énergétique alimentaire nécessaire à une vie active et saine.

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[Chronique] Le « prix juste » et le « coût vérité », quelle valeur accordons-nous à notre alimentation ?

Cet article a été publié dans le cadre des Transition Days et constitue l’un des nombreux moyens utilisés pour aborder le thème de l’alimentation. « How to live together in one planet world », telle est la question globale posée cette année par les Transition Days. Durant 9 mois, nous tenterons d’y répondre en examinant 9 thèmes différents, tels que l’alimentation, l’énergie ou le transport, en utilisant la métaphore d’une maison et ses 9 différentes pièces. Les articles mensuels permettent d’analyser ces sujets sous un angle plus théorique ou politique.
Découvrez toutes les infos sur le site dédié :  www.transitiondays.lu

Courant avril 2020, en pleine période de confinement, une auditrice de la radio France Inter avait jugé utile de décrocher son téléphone pour faire part aux auditeurs de son effarement face au prix des bottes d’asperges… Si, au premier abord, la futilité de cette intervention pouvait sembler choquante, ce cri du cœur cachait en fait une réalité d’une grande complexité et qui n’était pas sans rapport avec la crise collective que nous étions en train de vivre…

Tandis que l’Est de l’Allemagne est notamment spécialisé dans la production d’asperges, cette culture repose largement sur une main d’œuvre saisonnière sous payée, venue des pays de l’Est européen. En cette période de mesures d’exception, ces mains d’œuvre saisonnières n’ont pas été libres de réaliser leur migration saisonnière habituelle et les producteurs ont du se tourner vers des main d’œuvre locales, occasionnant un coût salarial bien supérieur. D’où, logiquement, des hausses de prix importantes. 

“Et qui tire les marrons du feu ? Les gros industriels qui maitrisent leurs marges et manient le chantage à l’emploi en toutes circonstances…”

…Sauf qu’en matière de prix, la logique est rarement de mise et on pourra invoquer aussi bien de mauvaises conditions climatiques qu’une contraction de la demande… voire mille autres raisons pour expliquer les variations de prix des produits agricoles. On a même dénoncé, suite à la crise de 2008, le rôle des spéculateurs sur les matières premières agricoles pour expliquer l’envolée des prix des matières premières sur le marché mondial. Dans une telle complexité, si le consommateur ne s’y retrouve pas, le producteur n’est guère plus avancé. Et qui tire les marrons du feu ? Les gros industriels qui maitrisent leurs marges et manient le chantage à l’emploi en toutes circonstances…

L’impasse de la mondialisation néolibérale et productiviste
Agriculteurs, producteurs et consommateurs se sentent bien souvent piégés par un système dont les règles du jeux ne sont ni équitables, ni durables. Or, la crise de la COVID jouant un rôle d’accélérateur des dysfonctionnements, certains observateurs, tel Gérard Choplin, spécialiste des politiques agricoles, prédisent «  le commerce international agricole marche sur la tête et pourrait nous jouer des tours dans les prochains mois. Ses règles, qui datent de 1994 (création de l’OMC, Organisation mondiale du commerce) et formatent notre Politique agricole commune, favorisent les exportations/importations et défont les mesures de sécurité alimentaire comme la constitution de stocks ou la régulation des marchés. Importer du soja du Brésil, transformé en porc dans de grands élevages danois surendettés, puis exporté au Japon en laissant le lisier sur place, est un non-sens qui produit beaucoup d’externalités négatives et de fragilité économique. Mondialiser les prix agricoles à des niveaux inférieurs aux coûts de production et verser des sucettes aux paysan.nes pour qu’ils continuent à produire quand même a été criminel ». 1

C’est ainsi que 20% des fermes reçoivent 80% des aides de la PAC dans l’UE, tandis qu’au sein « des chaines d’approvisionnement alimentaire, les acteurs dominants ne cessent de s’enrichir, alors que de l’autre côté de la chaine, la valeur revenant aux agriculteurs est passée de 31% en 1995 à 21% en 2018. » 2

Comment en est-on arrivé là ?
Quelques rappels : dès 1962, la PAC (politique agricole commune) se donne pour but de “moderniser“ l’agriculture et d’assurer un “emploi optimal des facteurs de production“ au niveau du continent. De nombreux instruments et subventions ont donc promu l’intensification et la standardisation de la production et de la distribution des produits agricoles en Europe, afin d’inscrire l’agriculture du continent sur les marchés mondiaux. Malgré quelques efforts pour le développement rural, l’écoconditionnalité et le “verdissement“, la PAC (aujourd’hui encore le premier poste de dépense de l’UE) reste fondée sur une politique néolibérale qui va à l’encontre de l’agriculture paysanne et de la souveraineté alimentaire des territoires.

Par ailleurs, la création de bassins de production intensifs et spécialisés a soumis l’ensemble des régions européennes à la concurrence de ces pôles. Cela a à la fois favorisé la disparition des paysans et des systèmes de subsistance locaux dans les campagnes européennes, et entrainé des mouvements migratoires de travail agricole vers ces mêmes pôles agro-industriels. Le cas d’Almería, dans le Sud de l’Espagne, est emblématique d’une agriculture industrielle mondialisée qui repose en partie sur la disponibilité d’une main d’œuvre flexible, précaire, et bon marché.

Ajoutons à cela la substitution de monocultures intensives, aux pratiques circulaires qui combinaient agriculture et élevage pour enrichir la terre de manière naturelle de sorte que, sur les quelques 6 000 espèces de plantes cultivées à des fins alimentaires, moins de 200 contribuent désormais de manière substantielle à la production alimentaire mondiale, et moins d’une trentaine fournissent 90 % des calories consommées, dont plus de 40 % dues au seul trio céréalier blé/riz/maïs. 3

Or ces monocultures sont particulièrement vulnérables aux maladies, aux ravageurs et aux aléas climatiques, nécessitant toujours plus d’intrants (engrais, eau, pesticides…), tandis que la raréfaction de la biodiversité fragilise les écosystèmes qui sont moins à même de résister au changement climatique. 4
Songeons encore à cet autre non-sens : l’UE est exportatrice nette de produits agricoles et pourtant, elle «  externalise de plus en plus l’empreinte environnementale de ses systèmes alimentaires et 31% des terres utilisées pour répondre à la demande alimentaire de l’UE se trouvent hors d’Europe » !
A l’UE qui a signé les accords de Paris, les experts rappellent l’obligation d’une mise en cohérence de ses politiques pour cesser d’encourager l’exportation dans les secteurs de la viande et du lait, deux secteurs très émetteurs de gaz à effet de serres. « Les différentes politiques de l’UE, adoptées dans des perspectives sectorielles et divisées, entrainent une certaine inefficacité à cause de leurs incohérences et contradictions. » 5

Relocaliser, c’est ne plus faire de l’emploi et de la planète les variables d’ajustement de la rentabilité économique et financière.”

La relocalisation pour atteindre le prix juste ?
Relocaliser, tel est le crédo d’un nombre croissant d’acteurs, comme en témoigne cette tribune publiée le 7 juillet 2020 dans le quotidien français Libération, et signée par un collectif composé de syndicats et de comités divers : A Bruxelles comme à Paris, endiguer le virus du libre-échange ; « Après, comme avant la pandémie, la Commission veut décourager les restrictions aux échanges par une ouverture continuelle des marchés afin de sécuriser l’accès aux matières premières, garantir aux multinationales européennes leur mainmise sur les chaînes d’approvisionnement à des coûts aussi faibles que possible, et les aider à conquérir de nouveaux marchés. (…) Relocaliser, c’est remettre les pieds sur terre. Relocaliser, c’est tourner la page d’une politique commerciale qui fait du dumping social, fiscal et écologique un horizon indépassable. Relocaliser, c’est ne plus faire de l’emploi et de la planète les variables d’ajustement de la rentabilité économique et financière.(…) C’est enfin substituer à la logique du «produire plus, toujours plus vite, moins cher et n’importe où, avec moins de travail et moins de contraintes environnementales» celle du «produire mieux, via des emplois de qualité, des processus de production préservant la planète, des circuits courts, pour satisfaire les besoins essentiels des populations». 6

Dans les pays du Nord comme dans ceux de Sud, une part croissante de la population est soucieuse de se réapproprier son alimentation et participe de l’émergence d’initiatives innovantes qu’on rassemble sous le terme de Systèmes alimentaires territorialisés : gouvernance et gestion collective des ressources, partage de la valeur ajoutée, les innovations donnent aux collectivités territoriales de nouveaux outils pour reconstruire un tissu de producteurs et transformateurs au service du territoire.
Et c’est l’une des innovations mise en valeur pas les experts d’Ipes-FOOD qui prônent une politique alimentaire commune pour l’Europe en lieu et place de la PAC : « une politique qui concerne l’ensemble du système alimentaire, qui regroupe les différentes politiques sectorielles qui influencent la production, la distribution et la consommation des produits alimentaires et qui replace au cœur de toute action la transition vers la durabilité. » 7

Le rôle du consommateur
Si des alternatives se dessinent, comment leur permettre de s’imposer ? Le rôle du consommateur est loin d’être négligeable et sa prise de conscience peut contribuer à inverser les rapports de force. Charge à lui de ne plus accepter un système de commercialisation qui dédouane les filières industrielles des externalités négatives qu’elles génèrent : Jusqu’aux années 60, la part du budget des ménages consacrée à l’alimentation s’élevait à près de 30% pour stagner désormais autour de 11% dans les pays industrialisés, alors qu’il avoisine encore les 50% dans les pays subsahariens !… N’y a –t-il pas collectivement un effort à faire pour payer les producteurs au juste prix au lieu d’enrichir les actionnaires des multinationales de l’agro-alimentaire et de devoir payer à travers nos impôts les conséquences sociales et environnementales de la compression des prix ?

En Allemagne, pays du “hard-discount”, les enseignes de distribution telles que Aldi et Lidl s’engagent régulièrement dans des guerres de prix pour gagner la faveur des consommateurs. Mais ces pratiques sont de plus en plus controversées outre-Rhin et une réflexion sur la répartition de la valeur entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs a été entamée par le gouvernement d’Angela Merkel. 8 Dans le même temps, le groupe Aldi faisait l’acquisition de six mille hectares de terres agricoles pour 40 millions d’euros en Thuringe, dans l’est de l’Allemagne. 9

“[…] il est attendu des pouvoirs publics de tous les pays de l’UE qu’ils renoncent à apporter prioritairement le soutien de financements publics à une forme de production agricole qui peut être assimilé a un ‘système d’exploitation du vivant sous toutes ses formes’.”

Cette vente “à une entreprise étrangère au monde agricole, qui plus est à un discounter”, a été jugée “irresponsable” par le ministre de l’Agriculture de Thuringe, Benjamin-Immanuel Hoff, membre du parti de gauche Die Linke. L’élu a dénoncé un cas d’accaparement de terres, phénomène qui a d’ailleurs pris de l’ampleur ces quinze dernières années, un peu partout dans le monde : « de gros investisseurs privés rachètent des terres, font grimper les prix, ce qui chasse les petits agriculteurs locaux. Le placement peut être attractif, surtout quand il donne droit à des millions d’euros de subventions européennes de la PAC. Les opérations sont parfois opaques ; des investisseurs préfèrent avancer masqués, en prenant des parts dans les sociétés acquéreuses ».

Selon l’Institut de recherche Thünen, qui a mené l’étude sur le territoire de l’ex-RDA, « entre 2008 et 2018, le prix d’achat des parcelles a augmenté de 216 %10. Là encore, le système de subventions de la PAC est dans le collimateur car c’est lui qui indexe le montant des aides à la surface agricole, conduisant à des situations injustes et absurdes.
Outre la mise en œuvre d’une profonde réforme de la PAC, il est attendu des pouvoirs publics de tous les pays de l’UE qu’ils renoncent à apporter prioritairement le soutien de financements publics à une forme de production agricole qui peut être assimilé à un « système d’exploitation du vivant sous toutes ses formes ». Pour définir et adopter des normes plus équitables et, disons-le, plus sensées, les pouvoirs publics pourront notamment s’appuyer sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales qui, depuis 2018, reconnaît une spécificité des problèmes rencontrés par cette catégorie de population à travers le monde et décrète, entre autres : LE DROIT À UN REVENU DÉCENT ET À DES MOYENS DE SUBSISTANCES DÉCENTS AINSI QU’À L’ACCÈS AUX MOYENS DE PRODUCTION NÉCESSAIRES (ARTICLE 16 DE LA DÉCLARATION).11

Cette avancée majeure est le fruit de la lutte menée pendant 25 ans par le plus grand mouvement social de la planète, La Via Campesina, fondée en 1993 et regroupant aujourd’hui quelques 250 millions de paysan.ne.s à travers le monde. Ils ont réussi à se faire entendre devant l’Assemblée générale des Nations Unies et ce, malgré l’opposition de certains lobbies industriels qui ont convaincu quelques Etats de s’opposer à ce texte. : lorsque 122 pays ont voté pour, 8 ont voté contre, parmi lesquels on trouve sans surprise les Etats-Unis, l’Australie, Israël et le Royaume-Uni. Quant à la majorité des Etats de l’UE, ils se sont abstenus, à l’exception notable du Portugal et…du Luxembourg qui ont tous deux apporté leur appui au mouvement paysan ! 

Mais, contrairement à ce que Paulette Lenert, alors Ministre de la coopération et de l’action humanitaire a pu laisser entendre lors de son intervention au Séminaire qui s’est tenu le 15 novembre 2019 au Luxembourg pour la mise en œuvre de la Déclaration 12, ce texte ne peut se satisfaire de sa seule dimension symbolique et doit être porté par tous ceux qui veulent mettre fin à « la destruction de millions d’êtres humains par la faim ». 13
Notons que dans son accord de coalition, l’actuel gouvernement luxembourgeois a inscrit des mesures allant dans le sens de la transition écologique et de la relocalisation de la production alimentaire mais … celles-ci tardent à se concrétiser : approvisionnement des cantines en produits locaux avec des méthodes de production durables, création de structures de transformation des produits locaux et saisonniers, création d’un conseil politique alimentaire ; autant de projets qui doivent permettre de nous réapproprier notre alimentation pour atteindre la souveraineté alimentaire.

Vers une mobilisation massive de l’opinion publique et des consommateurs ?
« Pour la première fois de son histoire, l’humanité jouit d’une abondance de biens. La planète croule sous les richesses. Les biens disponibles dépassent de plusieurs milliers de fois les besoins incompressibles des êtres humains. Mais les charniers aussi augmentent. » 10

A nous, habitants des pays industrialisés et prédateurs des matières premières des pays en développement, la production de masse continue de nous donner accès à une alimentation abondante et bon marché ( du point de vue du porte-monnaie du consommateur du moins). Mais qu’on ne s’y trompe pas ; cette époque d’insouciance ne saurait plus durer et gageons que la « Corporate Due Diligence and Corporate Accountability » (ou devoir de vigilance des entreprises ; ) finira par concerner aussi les consommateurs que nous sommes. Les externalités négatives sont de plus en plus couteuses et ne nous autoriseront plus longtemps à faire l’impasse sur leurs conséquences, tant du point de vue social qu’environnemental. La nécessaire réforme passe par une prise de conscience des consommateurs qui peuvent renforcer les mouvements sociaux engagés pour des changements radicaux. Selon les experts d’Ipes-FOOD, la transition de système alimentaire ne sera possible que moyennant une mise au pas des lobbies de l’agro industrie qui ont trop d’influence sur les décisions politiques de l’UE et l’empêche de s’émanciper des intérêts court-termistes des investisseurs. 

La transition alimentaire que les citoyens appellent de leurs vœux n’est pas une chimère ; la réforme du système alimentaire est probablement le levier le plus accessible pour une la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et leurs conséquences sur le climat. Le consommateur trouvera dans l’agriculteur le meilleur des alliés si sa préoccupation cesse d’être celle du prix le plus bas pour devenir celle du prix juste, de la qualité et de la durabilité sociale et environnementale ! Et si enfin, à un système d’accaparement de la valeur ajoutée par quelques-uns, nous parvenons à substituer une répartition plus équitable des ressources naturelles et des richesses, seule voie pour faire réellement reculer le fléau de la faim : « Sur le milliard de personnes gravement et chroniquement sous-alimentées, les seigneurs du capital mondialisé exercent un droit de vie et de mort. Par leurs stratégies d’investissement, par leur spéculations boursières sur les aliments de base, par les alliances politiques qu’ils concluent, ils décident chaque jour de qui a le droit de vivre sur cette planète et de qui est condamné à mourir ». 10

Ecrit avant la pandémie de COVID-19, ces propos de J. Ziegler trouvent une étrange résonance avec les alertes actuelles lancées par la FAO selon laquelle les diverses mesures restrictives justifiées par la crise de la COVID-19 (fermeture des frontières et des marchés, interdiction d’accès aux champs, interruption des échanges, etc…) pourraient précipiter 100 millions de personnes dans l’extrême pauvreté et la faim. 14

Auteur :
Marine Lefebvre, SOS Faim

  1. https://gerardchoplin.wordpress.com/2020/06/04/mettre-le-commerce-international-a-sa-juste-place-pour-changer-de-politique-agricole/
  2. In Défis Sud 137, p 18 d’après le rapport d’IPES FOOD
  3.  http://www.fao.org/3/CA3129EN/CA3129EN.pdf
  4. https://news.stanford.edu/2020/03/18/crop-diversity-can-buffer-effects-climate-change/
  5. Ibidem, p 18
  6. https://www.liberation.fr/debats/2020/07/07/a-bruxelles-comme-a-paris-endiguer-le-virus-du-libre-echange_1793608
  7.  Ibidem, p18.
  8. https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/aldi-et-lidl-sous-la-pression-des-agriculteurs-allemands-1168797
  9. https://www.farmlandgrab.org/post/view/29835
  10. Ibidem
  11. https://undocs.org/fr/A/RES/73/16
  12. https://www.sosfaim.lu/retrospective-decouvrez-le-dossier-de-synthese-redige-suite-au-seminaire-sur-les-droits-des-paysans/
  13. Jean Ziegler, p 6, in La Déclaration de l’ONU sur les droits des paysan.ne.s, outil de lutte pour un avenir commun, Coline Hubert, 2019, CETIM.
  14. http://www.fao.org/3/cb0258en/CB0258EN.pdf, p5
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[Agenda] 16/10 : Table ronde – N’exportons pas nos problèmes

La thématique

Meng Landwirtschaft organise une Table Ronde pour discuter de la surproduction de lait et ses conséquences néfastes pour les éleveurs européens et ouest-africains.

LAST NEWS : participation en ligne

Participer à la table ronde via Zoom (uniquement en FR).
ID de réunion : 890 7382 8071
Code secret : 527984
Lien zoom en cliquant ici
Trouvez votre numéro local  en cliquant sur ce lien

Infos utiles

Date : 16 octobre 2020
Heure : de 12h à 14h00
Lieu : CARRÉ – 1 Rue de l’Aciérie – L-1112 Luxembourg
Inscription : en cliquant ici

A propos de l’évènement

La crise laitière en Europe est liée à une situation de surproduction. Or, ce phénomène s’aggrave depuis 2015 et la fin des quotas qui limitait jusque-là la production. Aujourd’hui, la pandémie du Covid-19 plonge les éleveurs laitiers européens dans une nouvelle crise. À cause du confinement, les agriculteurs n’ont pas pu écouler leur stock de lait et le prix au litre s’est encore effondré. En réponse à cette crise, la Commission européenne répète les mêmes erreurs et finance un stockage des excédents de lait, notamment sous forme de lait en poudre. 90 000 tonnes de poudre de lait risquent ainsi aujourd’hui d’être exportées à bas prix en Afrique, au détriment des éleveurs ouest-africains qui aspirent à pouvoir développer la filière locale.

La plateforme Meng Landwirtshaft organise une Table Ronde le 16 octobre. Les intervenants suivants seront présents :

  • Hindatou Amadou, productrice laitière, porte-parole de la campagne Mon lait local, Burkina Faso (via ZOOM)
  • Aloyse Marx, psdt Frei LEtz Bauer Verband, ARLA
  • Wout Albers, Fair Mellech
  • Patrick Kolbusch, Biogros

En mai 2017, SOS Faim alertait déjà sur les conséquences néfastes de la fin des quotas laitiers. Vous pouvez consulter le contenu ici.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site web consacré à la problématique.

Pour comprendre la problématique :

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[Agenda] 21/10 Soirée Hungry Planet – Bauer Unser

Im Rahmen des Programms im Kulturhaus ROTONDES organisieren SLOW FOOD Luxembourg, FAIRTRADE Lëtzebuerg und SOS Faim die Veranstaltungsreihe HUNGRY PLANET. Das 68. Event der Reihe heißt:

Bauer Unser
der du viel für uns leisten sollst?

Informationen

Mittwoch 21.10.2020 um 18:30 Uhr
Rotonde 1, place des Rotondes, Luxembourg-Bonnevoie
Unkostenbeitrag: Mitglieder(*) : EUR 16,- Nicht-Mitglieder: EUR 21,-
(*) Mitglieder von Slow Food, Fairtrade und SOS Faim
Obligatorische Reservierung vor Sonntag, 18.10.2020 auf rotondes.lu

Billige Nahrung-teuer erkauft

Der Film „Bauer Unser“ zeigt gleichermaßen ungeschönt wie unaufgeregt wie es auf Bauernhöfen zugeht. Am Beispiel Österreich, das aber mit Nuancen überall in Europa übertragbar ist. Doch so vielfältig die Bauern, vom Biobauern bis zum konventionellen Agraringenieur, so einhellig der Tenor: so kann und wird es nicht weitergehen.

Weit entfernt von rosigen Bildern einer ländlichen Idylle gibt es dennoch Momente der Hoffnung. Ein Film, der Lust macht, dem Bauern ums Eck einen Besuch abzustatten und bewusst heimische Lebensmittel zu genießen. (Ein Film von Robert Schabus, deutsche Fassung mit englischen Untertiteln, 2016, 88’)

Unsere Bauern, zwischen Nahrungsproduktion und Landschaftsschutz

Die DNS von Slow Food ist die Förderung der regionalen und naturnahen Erzeugung von Lebensmitteln. Und damit vor allem die Unterstützung von denen, die diese Mittel zum Leben herstellen. In der Reihe „Hungry Planet“ wurde daraus ein breites Panorama des bäuerlichen Universums weltweit.

Nach dem intensiven Film wäre eine langatmige Debatte doch zu viel des Guten. Deshalb wollten lediglich zwei ProtagonistInnen rundum die Zukunft des „Bauer Unser“ einladen, ihre Kommentare zu dem Film anzubringen und sich spontanen Fragen des Publikums zu stellen. Unsere geladenen Gäste sind Carole Dieschbourg, Umweltministerin und Marc Roeder, Vorsitzender der Luxemburger „Landjugend a Jongbaueren“.

Regional Essen in Zeiten der Pandemie

Die sanitäre Situation stellt uns vor einige Herausforderungen:

  1. Sitzen alle Teilnehmenden allein im Saal, ist die Zahl auf 17 begrenzt. Gelingt es uns aber, dass ein Teil der Leute sich zu Zweit oder gar zu Dritt, Viert, einschreiben und zusammensitzen können, so erhöht sich die Zahl auf bis zu 40.
  2. Der Barservice geschieht nicht am Tresen der Plattform, sondern die Getränke werden serviert.
  3. Es gibt auch kein klassisches Büffet. Steffen Traiteur wird Kartons oder „Fruppstuuten“ mit Fingerfood bereitstellen. Am Ende des Films werden die an die Teilnehmer verteilt. Noch während der zwanglosen Diskussion können alle getrost mal kräftig zubeissen. Die hohe Qualität der regionalen und saisonalen Produkte von Steffen wird garantiert sein
  4. Im Grossen und Ganzen also eine neuartige Erfahrung, die aber gänzlich ohne erhöhte Risiken zu bewältigen ist, wenn alle Teilnehmenden sich an die sanitären Regeln halten, d.h. ihre Maske anbehalten bis sie am Tisch sitzen und die Maske wieder aufsetzen sobald sie aufstehen. Die allgemeinen Schutzmaßnahmen der Rotonden sind nach zu lesen unter https://www.rotondes.lu/de/nutzliche-infos/schutzmassnahmen.
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[Agenda] Le Cinéma du Sud sera de retour en ce mois d’octobre !

Du 18 au 28 octobre 2020, le Festival « Cinéma du Sud » revient !

La 11e édition du Festival Cinéma du Sud a pour thème : « Act Now – Global verstoen. Lokal agéieren ».
Comment agir de manière responsable dans un monde où les vies sont interdépendantes? Il s’agit de découvrir ensemble des alternatives pour créer ensemble un monde plus durable pour tous.

Le Cinéma du Sud vous accueille à nouveau pour des projections « normales » et en personne de ses films. Après l’édition d’été en ligne, le festival passe à l’édition d’automne et revient aux modes d’organisation bien connus de ses projections décentralisées au Luxembourg.

La forme de ce festival repose sur la projection d’un film suivie d’un débat avec des intervenants experts sur la thématique spécifique abordée. L’entrée est gratuite.

Les 4 films à l’affiche de cette édition :

Inscription

Pour respecter la situation sanitaire actuelle une inscription via Eventbrite est obligatoire.

Plus d’infos ?

Trouvez plus d’informations sur le site de l’évènement :

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[Rétrospective] – Le dossier de synthèse consacré au séminaire sur les droits des paysans est disponible.

La crise sanitaire mondiale et ses lourdes conséquences en matière d’accès à l’alimentation en particulier pour les populations les plus fragiles, nous rappelle le rôle primordial de la Déclaration de l’ONU sur les droits des paysans, adoptée en décembre 2018.

Cet instrument juridique représente un outil concret dans les mains des autorités publiques pour mettre en œuvre une politique de protection des droits des paysan.ne.s. En effet, la Déclaration codifie pour la première fois des normes indispensables pour garantir des conditions de vie et de travail décents pour ce secteur hautement vulnérable, tout en établissant les obligations des États en la matière. Suite à l’adoption historique de cet instrument, une nouvelle étape s’impose : celle de la mise en œuvre.

Tel était déjà l’objet du séminaire organisé en novembre 2019 par un collectif d’ONGD du Luxembourg et dont le compte-rendu est désormais disponible.

Seul (avec le Portugal) parmi les pays de l’UE à avoir voté en faveur de ce texte devant l’AG des Nations Unies, le Luxembourg a donné le signe d’un volontarisme en matière de reconnaissance de droits humains qui attend désormais d’être suivi de mesures concrètes, telles que l’élaboration d’instruments et de normes juridiques nécessaires à protéger et promouvoir ces droits.

La mise en œuvre effective de ladite Déclaration, à l’échelle nationale comme internationale, exige en effet une prise en compte sérieuse des implications normatives et juridiques de cet engagement.

C’est dans l’objectif précis de pousser le gouvernement à « faire exister » la Déclaration que plusieurs organisations luxembourgeoises, dont SOS FAIM, se sont rassemblées dans un collectif qui va poursuivre son travail sans relâche.

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L’agroécologie: nourrir le monde sans le détruire

Convaincus qu’elle peut nourrir le monde, SOS Faim a toujours soutenu l’agriculture familiale durable. Aujourd’hui, un nouveau concept voit le jour et mérite d’être connu et soutenu : l’agroécologie.

L'agroécologie: différentes composantes

À bien des égards, l’agroécologie est l’antithèse des systèmes agricoles conventionnels actuels, axés sur la monoculture, la maximisation des rendements et fortement liés aux multinationales. Là où l’agriculture conventionnelle cherche à simplifier, l’agroécologie embrasse la complexité. Là où l’agriculture conventionnelle élimine la biodiversité, l’agroécologie s’appuie sur elle. Là où l’agriculture conventionnelle pollue et dégrade, l’agroécologie régénère et restaure, en travaillant avec la nature – et non contre elle.

Dans notre dernier bulletin d’informations à nos donateurs (septembre 2020), nous présentons ce modèle de production que nous aimerons voir se développer, en Afrique comme en Europe.

En soutenant SOS Faim, vous soutenez une vision globale pour lutter contre la faim dans le monde.

Afin de soutenir notre démarche, d’accompagner les producteurs africains vers une plus grande autonomie et de renforcer la sécurité alimentaire, faites un don à SOS Faim !

[Save the date] Dimanche 18 octobre : 5ème édition du marché alimentaire alternatif !

L’édition 2020 du « Alternativen Liewensmëttel Maart » aura lieu dans le cadre des Transitions Days, « How to live together in a one planet world ? »

Venez à la rencontre des promoteurs et défenseurs d’une alimentation responsable ! Au menu de la journée : stands de vente et d’information, restauration, expositions, animations et workshops, espace d’échange et d’inspiration.

Infos clés

Date : dimanche 18 octobre 2020
Horaire : de 11h00 à 18h00
Lieu : Carré – 1 rue de l’Aciérie – L-1112 Luxembourg

Plus d’infos sur les Transition Days ?

Retrouvez notre news au sujet des Transitions Days, ou rendez-vous directement sur le site de l’évènement.

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[Évènement] Découvrez le programme des Transitions Days 2020 !

Neuf mois d’activités pour un festival qui explorera les voies de transition vers un système de société plus durable.

2020 est une année spéciale a bien des égards. Les « Transitions Days » ont pour vocation de proposer un autre avenir à notre société. La crise que nous traversons actuellement avec la pandémie du Covid-19 nous rappelle à quel point cet autre avenir est nécessaire.

How to live together in a one planet world ? Ou « Comment évoluer vers une société résiliente, juste et responsable » ?



C’est le thème qui sera développé tout au long des Transition Days 2020-21. La métaphore de la maison nous est proposée. En effet, durant 9 mois, 9 thématiques seront passées en revue au travers 9 pièces de la maison.

La chambre, la salle de bains, le bureau, la cuisine, tout y passe !
En octobre prochain, c’est en cuisine que nous nous retrouverons. L’alimentation est souvent le premier sujet abordé lorsque nous parlons de transition. Les enjeux alimentaires y seront abordés : impact, gaspillage, souveraineté, alternatives, etc.

SOS Faim est partenaire du CELL pour imaginer une transition alimentaire adaptée au Grand-Duché.
A cette occasion, SOS Faim vous propose différents RDV :

  • Le dimanche 18 octobre : la 5ème édition de son Alternativen Liewensmëttel Maart. Plus d’infos ici.
  • Dès le 16 octobre, dans le cadre de la Journée mondiale de l’alimentation, plusieurs ateliers ou activités seront organisés. Une réflexion sera menée sur le « prix juste » et le « coût vérité », afin de déterminer « quelle valeur accordons-nous à notre alimentation ?
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[Évènement] Marche gourmande alternative – Dimanche 11 octobre 2020

Infos clés

Date : Dimanche 11 octobre 2020
Horaire : de 10 à 17h00
Lieu : au Ellergronn, à Esch-sur-Alzette
Distance : 7km
Achat de tickets en ligne : en cliquant sur ce lien
Infos et contact : magali.paulus@fdh.lu

Description

En 2020, la Marche Gourmande Alternative fête son 5e anniversaire sur un parcours de 7 km à travers la réserve naturelle du Ellergronn à Esch-sur-Alzette. Des animations autour de la thématique de la biodiversité, des plats à base de produits biologiques, locaux et de saison, ainsi que des boissons (vin, jus, eau) sont proposés aux différentes stations.

Apprenez-en plus sur la biodiversité tout en dégustant des plats originaux concoctés par Délice Végétal et MESA, la Maison de la Transition !

Inscription obligatoire !

Contacts et plus d’infos

Magali Paulus 
magali.paulus@fdh.lu 
Tel : +352 46 62 38
Évènement Facebook : https://www.facebook.com/events/568047367207502/

Organisateurs

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