Accéder à un financement reste aujourd’hui l’un des plus grands défis pour les paysan.nes d’Afrique de l’Ouest. Sans moyens financiers, impossible d’acheter des semences, du matériel, ou encore de faire face aux imprévus liés aux changements climatiques. Et pourtant, ces agricultures familiales nourrissent la majorité de la population et font vivre des millions de familles.

Mais les banques traditionnelles les considèrent encore comme un secteur trop risqué : revenus saisonniers, manque de garanties, vulnérabilité aux aléas… Résultat : la grande majorité des petits producteurs restent exclus du système financier classique. Quant aux institutions de microfinance, bien qu’ancrées dans les territoires ruraux, elles manquent souvent de moyens et de produits réellement adaptés aux besoins agricoles.

 

Une réponse concrète pour les agriculteur.rices africain.nes

La finance rurale est une approche qui place la confiance et la proximité au cœur du financement agricole. Elle propose des solutions concrètes et adaptées au rythme de la vie paysanne : crédits à taux maîtrisés, remboursements calés sur les saisons agricoles, fonds de garantie solidaires, ou encore accompagnement des organisations paysannes.

Grâce à ses partenaires en Afrique de l’Ouest, SOS Faim soutient la mise en place de dispositifs de finance rurale qui profitent déjà à plus de 400 000 producteur.rices. Ces financements permettent d’investir dans des pratiques agricoles plus durables, de renforcer la résilience face aux crises et, surtout, d’offrir une plus grande autonomie économique aux familles rurales.

En appuyant les organisations paysannes et en co-construisant des outils financiers adaptés à leurs besoins, SOS Faim contribue à bâtir une agriculture plus forte, plus inclusive et plus respectueuse de l’environnement.

Soutenir la finance rurale, c’est donner aux paysans les moyens d’agir pour leur avenir et celui de leurs communautés.

 

Le rôle essentiel des partenaires engagés

En Afrique de l’Ouest, SOS Faim soutient plusieurs institutions de finance rurale qui œuvrent à rendre le crédit accessible aux paysans, aux femmes et aux jeunes. Ensemble, elles développent des solutions solidaires et adaptées aux réalités locales pour renforcer l’agriculture familiale, créer des emplois et bâtir des économies rurales plus résilientes.

 

Une réunion de producteurs et de responsables d’organisations paysannes autour d’un ordinateur portable, illustrant la formation et la gestion financière au service de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest.

RENACA, quand le crédit devient un outil de développement

Au Bénin, beaucoup de paysans, de femmes et de jeunes vivant en zone rurale restent exclus du système bancaire classique. Pour eux, le Réseau National des Caisses Villageoises d’Épargne et de Crédit Autogérées (RENACA) représente un appui précieux.

Présent dans de nombreuses régions rurales, RENACA propose des services d’épargne et de crédit adaptés à la réalité des familles agricoles. Avec le soutien de SOS Faim, le réseau se modernise pour répondre aux nouveaux défis de la finance rurale : renforcement de sa gouvernance et de sa solidité financière, création d’un fonds de garantie pour faciliter l’accès au crédit agricole, et développement de produits dédiés aux femmes et aux jeunes, souvent exclus du financement.

Ces actions portent déjà leurs fruits : davantage de petits producteurs peuvent emprunter à des taux plus justes, investir dans du matériel agricole et renforcer la résilience économique de leurs exploitations.

 

CVECA-ON/SÉGOU, la finance rurale comme pilier de stabilité au Mali

Dans un Mali marqué par l’insécurité et la précarité économique, l’accès aux services financiers reste un défi pour les familles rurales. Depuis plus de 25 ans, le réseau CVECA-ON/SÉGOU (Caisses Villageoises d’Épargne et de Crédit Autogérées de l’Office du Niger) agit pour offrir des solutions de proximité aux paysannes et paysans exclus du système bancaire classique.

Présent dans plus de 65 villages, le réseau propose des crédits agricoles, des services d’épargne et des formations adaptés aux besoins des producteurs. Ces appuis leur permettent d’acheter semences, matériel ou bétail, et d’améliorer leurs revenus tout en renforçant la sécurité alimentaire des communautés.

Malgré les défis sécuritaires, le fort ancrage local de CVECA-ON/SÉGOU assure la continuité de ses activités et donne aux jeunes ruraux de nouvelles perspectives économiques.

 

U-IMCEC, au service de la jeunesse sénégalaise

Au Sénégal, les jeunes ruraux peinent encore à accéder au financement, un obstacle majeur à leur insertion économique et au développement agricole. L’U-IMCEC (Union des Institutions Mutualistes Communautaires d’Épargne et de Crédit) agit depuis plusieurs années pour rendre la finance rurale plus inclusive, notamment pour les jeunes et les femmes.

Présente sur tout le territoire, l’U-IMCEC offre des services d’épargne, de crédit et d’accompagnement technique adaptés aux réalités locales. À travers son Centre Financier Agricole, elle soutient un financement agricole durable : produits liés à l’assurance agricole pour faire face aux aléas climatiques, produits pour l’achat d’équipements solaires, et accompagnement de proximité assuré par du personnel formé.

En partenariat avec SOS Faim, l’U-IMCEC aide les jeunes ruraux à créer ou développer leurs activités, freinant ainsi l’exode rural et renforçant une agriculture résiliente et porteuse d’avenir.

 

Une agricultrice souriante dans un espace de stockage rempli de sacs de pommes de terre, illustrant l’importance du financement et du stockage pour les exploitations rurales en Afrique de l’Ouest.
Adjaratou SAVADOGO, vendeuse, membre de l’UBTEC (Burkina Faso)

« Mon activité principale est le commerce de produits alimentaires, notamment la pomme de terre et les oignons. Je suis membre d’une Mutuelle de solidarité qui bénéficie de financements de l’UBTEC. J’ai également été formée en éducation financière et gestion des activités génératrices de revenus. Les crédits me permettent de constituer des stocks de pommes de terre et d’oignons pour les revendre en milieu urbain, notamment dans la ville de Ouahigouya. Aujourd’hui, j’arrive à prendre en charge les frais de scolarité et de santé de mes enfants. »

 

Avec votre soutien, SOS Faim et ses partenaires donne aux familles paysannes les moyens d’agir, d’investir et de bâtir un avenir plus juste.