Le samedi 6 juin 2026, Teranga, la maison de la transition alimentaire de SOS Faim, ouvre ses portes de 11h à 19h pour une journée placée sous le signe de la découverte, du partage et de la convivialité.
Ousmane Thiongane est Directeur général du réseau U-IMCEC depuis 2001. Fort de plus de 25 ans d’expérience dans la microfinance et le développement communautaire, il dirige aujourd’hui un réseau d’institutions de microfinance présent dans les 14 régions du Sénégal, avec plus de 50 agences et guichets, principalement en zones rurales et périurbaines.
Rencontre avec Ousmane Thiongane pour en savoir plus sur les actions et les ambitions de l'U-IMCEC.
Pouvez-vous nous présenter l'U-IMCEC et votre rôle au sein de l’institution ?
Ousmane Thiongane : Je suis Ousmane Thiongane, Directeur général du réseau U-IMCEC. Nous sommes une institution de microfinance de type coopératif, fortement ancrée dans les zones rurales et périurbaines au Sénégal. Notre mission est claire : accompagner les populations les plus vulnérables afin qu’elles puissent développer leurs activités, augmenter leurs revenus et sortir durablement de la pauvreté et de la faim.
Nous ciblons principalement trois groupes : les femmes en majorité, les jeunes et les petits producteurs agricoles. Ces populations font face à de nombreux défis, notamment liés aux aléas climatiques et aux conditions de production. Il est essentiel qu’elles puissent bénéficier d’un accompagnement financier adapté. Aujourd’hui, plus de 60 % de notre portefeuille est dédié aux femmes. Dans certaines agences, ce chiffre atteint même 70 %. C’est un choix stratégique fort, car les femmes jouent un rôle central dans le bien-être des familles.
Pourquoi le financement agricole est-il au cœur de votre stratégie ?
Ousmane Thiongane : Au Sénégal, la majorité de la population vit en zone rurale, où l’agriculture constitue la principale activité économique. Si l’on veut avoir un impact réel, il est indispensable d’investir dans ce secteur. Les enjeux de souveraineté et de sécurité alimentaire sont aujourd’hui majeurs. Pour produire davantage et mieux, les agriculteurs ont besoin de moyens financiers adaptés.
Nous considérons que l’agriculture est un véritable levier de développement. Bien accompagnée, elle permet d’améliorer durablement les revenus et les conditions de vie des populations. Par ailleurs, les pratiques évoluent. On observe un développement croissant des cultures horticoles, avec des cycles de production plus courts. Cela nécessite une plus grande réactivité et des compétences spécifiques.

Vous avez mis en place un Centre financier Agricole. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Ousmane Thiongane : Nous avons créé un Centre financier Agricole (CFA), qui est en réalité un dispositif interne composé d’une équipe spécialisée. Ce sont des professionnels de la finance formés aux spécificités du secteur agricole : compréhension des filières, des cycles de production, des besoins des producteurs. L’objectif est d’éviter une approche généraliste. Un financement agricole ne se gère pas comme un crédit classique. Il faut comprendre le terrain, parler le même langage que les producteurs et intervenir au bon moment.
Nous avons également développé des agences spécialisées, dites « Agri-fin », avec des agents dédiés qui se rendent directement sur le terrain, au contact des agriculteurs. Cette proximité renforce l’impact de notre action et permet d’améliorer la qualité du service. Au-delà du financement, nous développons également des services non financiers : formation, sensibilisation et accompagnement technique. Aujourd’hui, nous intégrons aussi de plus en plus les enjeux environnementaux dans notre approche, notamment face aux défis du changement climatique.
Quel rôle joue le partenariat avec SOS Faim ?
Ousmane Thiongane : C’est un partenariat qui s’est imposé naturellement. U-IMCEC et SOS Faim partagent une vision commune : soutenir les populations rurales et améliorer leurs conditions de vie. Nous avons une forte convergence de missions, notamment autour de l’amélioration des revenus des paysan.nes, du développement agricole et de l’accompagnement des populations vulnérables. Ce partenariat va nous permettre de renforcer nos actions, notamment auprès des jeunes et sur les questions environnementales.
L’un des enjeux majeurs concerne l’accompagnement des jeunes. Il est important de les soutenir, mais aussi de les intégrer progressivement dans une logique économique durable. L’objectif n’est pas de tout subventionner, mais de les accompagner vers une autonomie réelle. Nous travaillons actuellement à développer des outils adaptés à leurs besoins, en tenant compte à la fois de leurs attentes et des réalités du marché.
Pourquoi est-il important de soutenir SOS Faim ?
Ousmane Thiongane : Soutenir SOS Faim, c’est contribuer directement à améliorer les conditions de vie de populations vulnérables. C’est permettre à des familles d’augmenter leurs revenus, de scolariser leurs enfants et d’accéder à de meilleures conditions de vie. C’est aussi renforcer le rôle des femmes rurales, qui sont au cœur des dynamiques économiques et sociales.
Les dons réalisés au Luxembourg ont un impact concret sur le terrain : ils permettent aux partenaires de SOS Faim comme l'U-IMCEC d’accompagner durablement les populations rurales dans le développement de leurs activités et dans l’amélioration de leur sécurité alimentaire.