Adoptée en 2018 par les Nations unies, la Déclaration sur les droits des paysan·nes (UNDROP) marque une avancée majeure. Elle reconnaît enfin le rôle central des populations rurales dans la production alimentaire mondiale et affirme leurs droits fondamentaux : accès à la terre, aux semences, aux ressources naturelles, à des revenus dignes et à la participation aux décisions qui les concernent.
Aujourd’hui, plus de 2,5 milliards de personnes vivent de l’agriculture familiale, et les petites exploitations produisent environ un tiers de la nourriture mondiale. Pourtant, les populations rurales restent parmi les plus touchées par la pauvreté et l’insécurité alimentaire.
L’UNDROP rappelle une évidence essentielle : le droit à l’alimentation est un droit humain. Non pas seulement le droit d’être nourri, mais celui de pouvoir se nourrir dignement, en produisant sa propre alimentation ou en y accédant dans des conditions justes.
Un engagement concret pour SOS Faim
Pour SOS Faim, l’UNDROP est bien plus qu’un texte symbolique : c’est un véritable cadre d’action pour faire évoluer les systèmes alimentaires et les politiques agricoles.
Les droits humains sont au cœur de notre mission. Aux côtés de nos partenaires, nous soutenons des mouvements paysans qui portent eux-mêmes leur plaidoyer, car la défense des droits des paysan·nes doit être menée par les premiers concernés.
Des réseaux comme la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau en Afrique de l’Ouest contribuent à faire vivre cette Déclaration sur le terrain, en défendant des politiques agricoles plus justes et durables.
Faire vivre l’UNDROP aujourd’hui et demain
Depuis 2023, un groupe de travail du Conseil des droits de l’homme des Nations unies est chargé de promouvoir la mise en œuvre effective de l’UNDROP. Ses travaux participent à renforcer son application et à valoriser les bonnes pratiques.
Pour SOS Faim, faire vivre cette Déclaration, c’est défendre une vision claire : permettre aux paysan·nes de vivre dignement de leur travail, de participer aux décisions qui les concernent et d’être reconnus pour leur rôle essentiel dans nos sociétés.
Parce que transformer les systèmes alimentaires commence par reconnaître et protéger les droits de celles et ceux qui les font vivre.
Des actions concrètes sur le terrain
Au Sénégal : renforcer l’accès des femmes à la terre
Avec le soutien de SOS Faim, Enda Pronat agit pour renforcer les droits des paysan·nes, en particulier ceux des femmes.
Alors qu’elles représentent près de 70 % de la main-d’œuvre agricole au Sénégal, moins de 7 % disposent d’un accès sécurisé à la terre et à peine 1,4 % détiennent un titre foncier.
Présente dans 18 communes et plus de 300 villages, l’organisation accompagne les communautés rurales pour sécuriser ces droits, condition essentielle de la souveraineté alimentaire et de l’adaptation au changement climatique.
À travers la sensibilisation, le plaidoyer et l’accompagnement de terrain, Enda Pronat œuvre à transformer les droits formels en droits réels et durables.
Cette action fait écho à l’article 17 de l’UNDROP, qui reconnaît le droit des paysan·nes à accéder à la terre et à la gérer durablement.
Au Bénin : faire entendre la voix des éleveurs
Au Bénin, ANOPER agit pour sécuriser l’accès à la terre et aux ressources naturelles, un enjeu crucial pour les éleveurs.
En 2025, avec l’appui de SOS Faim, l’organisation a sensibilisé 3 369 exploitants familiaux (dont 684 femmes) aux droits fonciers et pastoraux.
Ces actions ont contribué à :
- la libération de 122 couloirs de passage (424 km)
- la sécurisation de 60 points d’eau
- l’accès à 96 lieux de vaccination
Résultat : une réduction concrète des conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Dans un contexte de forte pression foncière, l’ANOPER agit également pour la sécurisation des terres, notamment via l’Attestation de Détention Coutumière, un outil essentiel pour stabiliser l’élevage et garantir un accès durable aux ressources.
Cette initiative s’inscrit dans l’article 10 de l’UNDROP, qui reconnaît le droit des paysan·nes à participer aux décisions et aux politiques publiques.
Avec votre soutien, SOS Faim et ses partenaires œuvrent chaque jour pour que les droits des paysan·nes, reconnus au niveau international, deviennent une réalité sur le terrain.