Le défi de SOS Faim et de ses partenaires pour une riziculture autonome

Le riz, deuxième céréale la plus consommée en Afrique après le maïs, occupe une place croissante dans l’alimentation quotidienne des populations, où il est devenu un pilier incontournable des repas. Pourtant, malgré une production locale en hausse, l’Afrique reste fortement dépendante des importations, exposant les populations africaines aux soubresauts des marchés mondiaux.

Pour relever ce défi, SOS Faim s’engage avec ses partenaires locaux à renforcer toute la chaîne de valeur rizicole : production, transformation, commercialisation et plaidoyer. Découvrez les activités de nos partenaires producteurs de riz.

 

Vers une souveraineté rizicole régionale

Face à une dépendance persistante aux importations, plusieurs leviers sont indispensables pour renforcer la filière rizicole en Afrique de l’Ouest. Le soutien aux exploitations familiales, à travers l’accès aux semences, aux crédits et aux marchés, constitue une priorité. Il est également crucial d’investir dans l’irrigation et dans la transformation locale afin de créer de la valeur ajoutée sur place. Parallèlement, des politiques de protection contre les importations à bas prix doivent être mises en place pour préserver la production locale. Le plaidoyer régional, mené par des acteurs comme le CRCOPR, partenaire de SOS Faim, joue également un rôle essentiel pour influencer les décisions publiques et promouvoir la consommation d’un riz local, de qualité et équitable.

 

Des partenaires mobilisés à chaque étape de la filière

SOS Faim soutient des organisations paysannes dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest qui travaillent sur différents maillons de la filière riz. Au Bénin, l’Association agroécologique d’actions communautaires (AAGAC) accompagne les coopératives dans l’adaptation de techniques de production durable du riz local, tandis que le Conseil de concertation des riziculteurs du Bénin (CCR-B) œuvre à structurer la filière et mène un important travail de plaidoyer pour des politiques agricoles plus équitables.

Au Niger, la Fédération des Unions des Coopératives des Producteurs de Riz (FUCOPRI) forme les producteurs aux techniques agroécologiques, développe les capacités de transformation locale et facilite leur accès au marché. Au Burkina Faso, l’Union des coopératives rizicoles de Bama (UCRB) agit pour moderniser les exploitations familiales et défendre les droits des riziculteurs.

À l’échelle régionale, le Cadre régional de concertation des organisations de producteurs de riz (CRCOPR) joue un rôle clé dans la promotion du riz local et dans le renforcement des capacités des femmes au sein de la filière. Enfin, au Mali, l’Association des organisations professionnelles paysannes (AOPP) propose des formations destinées à renforcer les compétences de ses membres sur diverses thématiques liées à la filière riz.

 

La FUCOPRI, moteur de la filière rizicole

Depuis 2001, la Fédération des Unions des Coopératives des Producteurs de Riz (FUCOPRI) regroupe près de 32 000 riziculteurs au Niger, dont plus de 2500 femmes. Avec le soutien de SOS Faim, elle joue un rôle essentiel dans l’accompagnement technique, économique et politique des producteurs.

En 2024, les résultats obtenus témoignent de la vitalité de la filière. Pas moins de 6,6 tonnes de semences de riz ont été distribuées, permettant aux producteurs d’améliorer leurs rendements, tout en assurant la transformation de 1 473,55 tonnes de paddy grâce à leurs unités locales. Par ailleurs, 417 jeunes ont été formés aux pratiques agroécologiques du riz, consolidant ainsi la relève paysanne et la transition vers une agriculture durable. L’organisation a également placé la gouvernance au cœur de ses priorités, avec 750 personnes mobilisées pour des concertations de terrain et 1 200 participants lors des restitutions, favorisant un dialogue constructif et inclusif. Enfin, la Journée des riziculteurs a constitué un moment fort de l’année, réunissant plus de 2 000 participants, parmi lesquels le président de la République du Niger, confirmant la reconnaissance nationale du travail accompli par la FUCOPRI.

 

L’UCRB, un modèle de modernisation au Burkina Faso

Dans la commune de Bama, au Burkina Faso, l’Union des Coopératives Rizicoles « Faso Djigui » (UCRB) regroupe plus de 1 300 producteurs et productrices engagés dans le développement d’une riziculture durable.

Avec l’appui de SOS Faim, l’UCRB travaille à moderniser les exploitations familiales par la formation, l’adoption de techniques innovantes, et une meilleure gestion de l’eau. L’organisation valorise des pratiques respectueuses de l’environnement, comme l’agroforesterie ou l’utilisation de biopesticides, tout en renforçant l’accès au marché.

Dans cette dynamique, une boutique dédiée à la vente du riz blanc de l’UCRB a récemment ouvert à Bama. Cette initiative commerciale vise à dynamiser la commercialisation locale du riz produit par l’UCRB et à le rendre plus accessible aux habitants de la commune.

En structurant la commercialisation du riz local, l’UCRB contribue donc à améliorer les revenus des producteurs et à bâtir une filière plus équitable et résiliente.

 

Le CRCOPR, un acteur régional au service du riz local

En juin 2025, à Saponé (Burkina Faso), le Bureau Exécutif du Cadre Régional de Concertation des Organisations de Producteurs de Riz (CRCOPR) s’est réuni pour faire le point sur les avancées de la filière rizicole en Afrique de l’Ouest. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, le changement climatique et la hausse des importations, le CRCOPR agit pour renforcer la souveraineté alimentaire régionale.
Appuyé par SOS Faim, le réseau soutient les producteurs de riz à travers des actions concrètes : renforcement des capacités des organisations paysannes, plaidoyer pour des politiques agricoles justes, promotion du riz local, et mise en œuvre de projets structurants comme le Projet de Promotion de la Consommation des Produits Locaux en Afrique de l’Ouest (PCPL-AO) et le Projet Riz Don FIDA, appuyé par le Fonds international de développement agricole.

 

N’TCHA Djiman, riziculteur, membre du CCR-B (Bénin).

« Je m’appelle N’TCHA Djiman, j’ai 31 ans et je vis au centre du Bénin. Producteur de riz, j’exploite deux parcelles et je suis également paysan relais pour la production rizicole. J’accompagne les producteurs de ma région dans les différentes étapes de la culture du riz. À Kakanitchoé, à la ferme-école SAIN, j’ai découvert des pratiques très enrichissantes, notamment la fabrication et l’utilisation des engrais bio-fertilisants. »

 

Avec votre soutien, SOS Faim et ses partenaires œuvrent pour une riziculture durable, résiliente et porteuse d’avenir pour des milliers de familles ouest-africaines.