La Marche Gourmande Alternative est de retour !

Dimanche, 3 octobre, de 10h00 à 17h00 – Centre nature et forêt Biodiversum Camille Gira à Remerschen

Pour cette 6ème édition, venez nous rejoindre sur un parcours d’environ 7km autour du Biodiversum à Remerchen pour apprendre plus sur la résilience et l’autonomie dans les systèmes alimentaires. A travers différentes stands et animations le long du parcours, vous aurez l’occasion d’apprendre et d’échanger autour des thématiques liées à nos systèmes alimentaires, tout en dégustant des plats originaux concoctés par Délice Végétal et MESA, la Maison de la Transition, le tout accompagné par des vins du Domaine Sunnen-Hoffmann !

Infos pratiques

Inscription en ligne obligatoire jusqu’au 28 septembre inclus.
Places limitées, groupes de max. 10 personnes.
Tarifs : -12 ans : gratuit / 12 – 25 ans : 20 € /+ 25 ans : 35 €.
Départ au Centre nature et forêt Biodiversum Camille Gira à Remerschen, toutes les 20 minutes entre 10.00 et 13.40 heures.
Arrêt le plus proche : Remerschen, Al Schoul
Plus d’informations sur la page Facebook de l’évènement

Organisation

AEIN, ASTM/CITIM, CELL, CPS, FDH, IDP, MESA, natur&ëmwelt, SOS Faim, Transition Minett

Flyer

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SOS Faim rejoint la Coalition Citoyenne pour le Sahel

Ce nouvel engagement traduit la volonté de SOS Faim de promouvoir la participation citoyenne au débat politique public.

La Coalition citoyenne pour le Sahel est une alliance d’organisations de la société civile qui valorise la voix et l’expertise des Sahéliens afin d’appeler les gouvernements du Sahel et leurs soutiens internationaux à répondre au conflit et à la crise humanitaire au Sahel en répondant aux 4 priorités suivantes :

  • Placer la protection des populations au cœur de leur action  
  • S’attaquer aux causes profondes des conflits et de l’insécurité  
  • Répondre à l’urgence humanitaire  
  • Lutter contre l’impunité

La coalition a été lancée le 16 juillet 2020 et est composée d’organisations de la société civile basées au Burkina Faso, au Mali, au Niger et dans la région du Sahel, ainsi qu’au niveau international en Afrique, en Europe et aux États-Unis.

Lors de son lancement, la coalition a présenté ses Piliers citoyens : un ensemble de priorités qui devrait guider toute réponse des États au conflit et aux crises dans la région.

Le rapport phare de la Coalition est disponible sur son site Internet :
« Sahel : Ce qui doit changer – Pour une nouvelle approche centrée sur les besoins des populations »

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Urgent : « Sauvons les abeilles et les agriculteurs »

Jusqu’au 30 septembre, signez la pétition pour le lancement d’une Initiative Citoyenne Européenne intitulée « Sauvons les abeilles et les agriculteurs« !

SOS Faim, membre de La plateforme Meng Landwirtschaft*, soutient l’initiative citoyenne européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs ».

Signez l’initiative citoyenne européenne soit en ligne aux adresses suivante au choix :

Sur le site de natur&ëmwelt

Ou sur le site de Greenpeace

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Le Payroll Giving : une nouvelle possibilité pour soutenir SOS FAIM

Une solution simple pour les employeurs et les employés de soutenir des projets d’ONG luxembourgeoises : l’arrondi de salaire.

Depuis le mois de juin, SOS Faim fait partie du consortium d’ONG luxembourgeoises qui gèrent en commun le Payroll Giving. A l’origine, en 2015, ce fut l’ONG PADEM qui, en cherchant à diversifier sa collecte tout en proposant un outil innovant aux entreprises, a eu l’idée d’importer des États-Unis le concept du Payroll Giving et de l’adapter aux lois et à la culture du Grand-Duché.

En soutenant SOS Faim, vous appuyez directement les paysans et leurs familles pour qu’ils atteignent la sécurité alimentaire de façon durable. SOS Faim considère l’agriculture familiale comme une réponse adaptée et pertinente à l’insécurité alimentaire des populations du Sud.

SOS Faim a été créée en 1993 au Luxembourg pour lutter contre la faim et la pauvreté dans le monde en promouvant une autre forme d’agriculture, plus résiliente et solidaire. SOS Faim ne distribue pas de denrées alimentaires, mais déploie des programmes d’appui à long terme en partenariat avec 23 organisations locales engagées pour le développement de l’agriculture familiale durable dans sept pays africains (Bénin, Burkina Faso, Éthiopie, Mali, Niger, République Démocratique du Congo et Sénégal). Chaque année, environ 500.000 personnes bénéficient de cet appui. 

SOS Faim agit non seulement pour la transformation des systèmes agricoles et alimentaires dans les pays du Sud mais encourage également une consommation alimentaire responsable au Luxembourg.

Le Payroll Giving est une possibilité pour les entreprises et leurs employés de devenir partenaire d’une des neuf ONG du consortium. Ainsi, les salariés volontaires pourront reverser l’arrondi de leur salaire à des initiatives de développement. Il s’agit d’une simple fonctionnalité du logiciel de calcul de paie qui, une fois configuré, rend le processus totalement automatique. Les salariés peuvent à tout moment modifier le montant versé ou arrêter leur engagement.

Si vous êtes intéressés par cette possibilité, contactez Christine Putz, Chargée de la récolte de fonds par e-mail (christine.Putz@sosfaim.org) ou par téléphone (49 09 96 25). Par la suite, elle vous mettra en contact avec PADEM pour un rendez-vous de présentation et l’accompagnement dans la mise en œuvre de la solution dans votre entreprise.

SOS Faim remercie toutes les ONG membres du consortium, et particulièrement l’ONG PADEM, pour la possibilité d’entamer cette nouvelle voie dans la récolte de fonds.

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SOS Faim se rallie à l’appel international contre les programmes de révolution verte en Afrique

Révolution verte basée sur l’agrochimie ou agroécologie ? Telle est l’alternative qui est offerte au monde paysan africain pour nourrir une population croissante. Or, ce monde paysan réclame d’avoir voix au chapitre et de ne pas laisser les bailleurs internationaux décider du modèle agricole qui devrait être suivi par le continent. Dans leur viseur tout particulièrement, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) soutenue par la fondation Gates.

Cet appel lancé début septembre et signé par SOS Faim vous détaille les enjeux de cette question.

Appel à mettre fin au soutien aux programmes de révolution verte en Afrique

Cher représentant des donateurs,

Nous, 35 organisations de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) et un nombre en croissance rapide d’organisations signataires à l’échelle mondiale, demandons à votre agence de cesser de financer l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) et d’autres programmes de révolution verte et de soutenir les efforts menés par les Africains pour étendre l’agroécologie et d’autres systèmes agricoles à faibles intrants.

L’AFSA, le plus grand réseau d’organisations de la société civile du continent, a écrit aux donateurs de l’AGRA en mai 2021 pour leur demander des preuves des impacts positifs du programme. Le réseau a reçu peu de réponses et aucune preuve.

AGRA a échoué sans équivoque dans sa mission d’augmenter la productivité et les revenus et de réduire l’insécurité alimentaire, et a en fait nui aux efforts plus larges de soutien aux agriculteurs africains.

Plus d’une décennie de recherche a révélé l’échec d’AGRA dans ses propres termes. Après près de 15 ans et des dépenses de plus d’un milliard de dollars US pour promouvoir l’utilisation de semences commerciales, d’engrais chimiques et de pesticides dans 13 pays africains, et un milliard de dollars US supplémentaire par an de subventions gouvernementales africaines pour les semences et les engrais, l’AGRA n’a pas réussi à prouver que les rendements, les revenus ou la sécurité alimentaire ont augmenté de manière significative et durable pour les ménages de petits exploitants dans les pays ciblés. Depuis le début du programme d’AGRA en 2006, le nombre de personnes sous-alimentées dans ces 13 pays a augmenté de 30 %. Même lorsque la production de cultures de base a augmenté, la pauvreté ou la faim en milieu rural n’a guère diminué. Au lieu de cela, des cultures diverses et résistantes au climat qui fournissent un régime alimentaire plus varié et plus sain aux Africains ruraux ont été déplacées.

Le rôle joué par AGRA est très préoccupant pour plusieurs raisons :

• Elle poursuit une approche mal conçue qui promeut des monocultures fortement dépendantes aux intrants chimiques, au détriment des moyens de subsistance durables, de la fertilité des sols à long terme, du climat et du développement humain.
• La stratégie visant à convertir les agriculteurs aux semences commerciales, aux engrais et aux pesticides « à haut rendement » nuit directement aux agriculteurs car elle accroît leur dépendance à l’égard des entreprises et des longues chaînes d’approvisionnement en intrants et nuit à l’environnement. Elle nuit également à la résilience et augmente les risques d’endettement des petits agriculteurs face au changement climatique.
• AGRA utilise son levier financier pour encourager les gouvernements africains à se concentrer sur l’augmentation des rendements agricoles au détriment de la faim et de la pauvreté sur le continent, y compris des siècles d’exploitation des populations et des ressources naturelles du continent qui n’ont pas profité aux Africains.

Avec la présidente d’AGRA, Agnes Kalibata, qui dirigera le prochain sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires en tant qu’envoyée spéciale des Nations unies, le soutien financier et l’influence d’AGRA permettent à son modèle d’être présenté à tort comme la voie à suivre pour le monde. En fait, il fait partie du problème.

Des centaines d’organisations du monde entier ont dénoncé le Sommet sur les systèmes alimentaires comme une tentative de promouvoir une agriculture industrielle dirigée par les entreprises dans le monde entier, selon le modèle d’AGRA pour l’Afrique.

En juin 2021, près de 500 leaders religieux de toute l’Afrique ont envoyé une lettre à la Fondation Bill et Melinda Gates pour qu’elle mette fin à son soutien néfaste à l’agriculture industrielle. La lettre, envoyée par la Southern African Faith Communities’ Environment Institute (SAFCEI), rejette l’approche actuelle de la Fondation en matière de sécurité alimentaire, face à l’intensification de la crise climatique, comme faisant plus de mal que de bien sur le continent. Ils demandent à la Fondation Gates et aux autres donateurs d’AGRA d’écouter les petits agriculteurs et de cesser de soutenir l’agriculture industrielle. Nous soutenons les demandes de cette lettre et demandons à votre agence d’écouter les voix des Africains pour déterminer les efforts que vous soutenez.

Alors que le monde est confronté à des crises humaines, environnementales et climatiques majeures, il est urgent de changer de cap et de se tourner vers un modèle de développement basé sur des pratiques réellement durables, l’équité et la justice. Les agriculteurs de toute l’Afrique ont montré des résultats bien plus prometteurs en partageant leurs connaissances et en collaborant avec les scientifiques pour mettre en place des méthodes agricoles à faibles intrants qui laissent le contrôle de la production aux mains des agriculteurs africains. Nous vous invitons à écouter les mouvements paysans du continent qui ont exposé leur vision d’un système alimentaire sain, durable et équitable (comme la Déclaration de Nyéléni et la Déclaration d’Addis-Abeba).

Comme les leaders religieux africains l’ont demandé à la Fondation Gates, nous appelons au « respect et au soutien des approches holistiques définies localement qui permettent des transitions agroécologiques vers des systèmes alimentaires durables en Afrique ».

Nous vous demandons donc de cesser immédiatement de financer les programmes néfastes de la révolution verte tels qu’AGRA, afin que les approches agroécologiques dirigées par les paysans et les autres systèmes agricoles à faibles intrants externes puissent réellement prospérer.

Signé :
Alliance for Food Sovereignty in Africa (AFSA)
Biodiversity and Biosafety Association of Kenya (BIBA Kenya)
Community Alliance for Global Justice/AGRA Watch
GRAIN
Groundswell International
A Growing Culture
Institute for Agriculture and Trade Policy
The Oakland Institute
Southern African Faith Communities’ Environment Institute (SAFCEI)

MEMBRES DE l’AFSA :
African Biodiversity Network (ABN)
African Centre for Biodiversity (ACB)
Association Ouest Africaine pour le Développement de la Pêche Artisanale (ADEPA)
Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africaine (COPAGEN)
Comité Ouest Africain de Semences Paysannes (COASP)
Comparing and Supporting Endogenous Development (COMPAS Africa)
Eastern and Southern Africa Pastoralist Network (ESAPN)
Eastern and Southern Africa Small Scale Farmers Forum (ESAFF)
Faith & Justice Network of the Mano River Basin (FJN)
Farm-Saved Seeds Network (FASSNET)
Fédération Agroécologique du Bénin (FAEB)
Fellowship of Christian Councils and Churches in West Africa (FECCIWA)
Friends of the Earth Africa (FoEA)
Global Justice Now!
Groundswell West Africa (GWA)
Health of Mother Earth Foundation (HOMEF)
Indigenous Peoples of Africa Coordinating Committee (IPACC)
Institut Africain pour le Développement Economique et Social (INADES-Formation)
Institut Panafricain pour la Citoyenneté, les Consommateurs et le Développement (CICODEV Africa)
Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE International)
La Via Campesina SEAfrica
Participatory Ecological Land Use Management (PELUM) Association
Plate-forme Régionale des Organisations Paysannes d’Afrique Centrale (PROPAC)
Regional Schools and Colleges Permaculture Programme (ReSCOPE)
Réseau Africain pour le Droit à l’Alimentation (RAPDA –Togo)
Rural Women’s Assembly (RWA)
Tanzanian Alliance for Biodiversity (TABIO)
Thousand Currents
Union Africaine des Consommateurs (UAC)
We are the Solution (WAS)
World Neighbors
Zambia Alliance for Agroecology and Biodiversity (ZAAB)

WWW.AFSAFRICA.ORG

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Inquiétudes face à une emprise grandissante des entreprises transnationales sur les organisations des N-U consacrées à l’alimentation.

Les organisations luxembourgeoises membres du Cercle des ONGD et de Meng Landwirtschaft ont adressé le 21 juillet une lettre aux Ministres Jean Asselborn, Ministre des Affaires étrangères et européennes, Franz Fayot, Ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire, Romain Schneider, Ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, une lettre afin de les engager à se saisir d’un dossier qui inquiète les mouvements de sociétés civiles engagés pour la défense des droits humains sur tous les continents. Voici le communiqué de presse correspondant à cette initiative.


COMMUNIQUE DE PRESSE
Luxembourg, le 21 juillet 2021

Sept mois après l’envoi d’un premier courrier à Messieurs Jean Asselborn, Ministre des Affaires étrangères et européennes, Franz Fayot, Ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire, Romain Schneider, Ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, (daté du 1ier décembre 2020), resté sans réponse et à l’approche du Sommet de l’ONU sur les systèmes alimentaires, les organisations signataires du premier courrier, rejointes par de nouvelles organisations coalisées dans deux plateformes, le Cercle des ONGD et Meng Landwirtschaft , ont renouvelé leur démarche en direction des Ministres cités pour leur fait part de leur inquiétude concernant l’emprise grandissante des entreprises transnationales sur les organisations des Nations Unies consacrées à l’alimentation.

Ce fut tout d’abord la “lettre d’intention” annoncée par la FAO d‘officialiser un accord de partenariat avec CropLife International, l’association commerciale mondiale représentant toutes les plus grandes entreprises agrochimiques, de pesticides et de semences.

Estimant que cette alliance serait dangereuse pour l’avenir de nos systèmes alimentaires mondiaux, diverses démarches ont été conduites pour faire part au directeur général de la FAO des préoccupations d’une vaste coalition internationale d’organisations de la société civile concernant un partenariat de nature à saper une des priorités de l’institution qu’il dirige, à savoir minimiser les méfaits de l’utilisation de pesticides chimiques dans le monde. Elles ont également souligné le fait que la perspective de ce partenariat constitue une menace pour l’intégrité, la crédibilité, l’impartialité, l’indépendance et la neutralité de la FAO.

Toutes les démarches entreprises depuis le second semestre 2020 sont malheureusement restées vaines[1]. Pire, les inquiétudes ont grandi à mesure que se profilaient les contours du prochain Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, et notamment la promotion d’une nouvelle Interface Science-Politique ( IPS ) : bien que les propositions pour la nouvelle IPS — parfois appelée « GIEC pour l’alimentation » — n’aient pas encore été formellement soumises à un organe décisionnel, le risque est réel que l’IPS réoriente la gouvernance des systèmes alimentaires et les conseils scientifiques au détriment des principes démocratiques, mais aussi que le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires donne lieu à une fragmentation de la gouvernance alimentaire publique à travers le CFS/HLPE en créant de nouveaux espaces qu’une poignée d’acteurs puissants pourraient plus facilement contrôler et dominer. «  Alors que les société transnationales (STN) exercent déjà un contrôle sur les systèmes alimentaires et agricoles et sur les chaines d’apprisionnement, les STN s’efforcent  d’étendre leur sphère d’influence dans les espaces de politique publique, en particulier aux Nations Unies », regrette Danielle Bruck de SOS Faim.

L’emprise des entreprises sur les espaces de l’ONU, déjà rendue évidente par la nomination d’Agnes Kalibata (présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique) en tant qu’envoyée spéciale de l’ONU pour le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, ainsi que par le projet d’alliance stratégique de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avec CropLife International, se concrétise encore davantage à travers cette proposition de la création d’une nouvelle IPS.

Or, le Comité des Nations Unies sur la sécurité alimentaire mondiale (CSA) a été réformé en 2009 pour devenir « la principale plateforme internationale et intergouvernementale inclusive permettant à toutes les parties prenantes de travailler ensemble pour assurer la sécurité alimentaire et la nutrition pour tous ». Il s’inscrit dans le cadre normatif des Nations Unies en matière de droits de l’homme et a facilité les négociations multilatérales sur un large éventail de questions cruciales relatives au système alimentaire. Le CSA est donc l’organisme le plus légitime pour établir une IPS mondiale sur les systèmes alimentaires, et il dispose déjà de sa propre IPS : le Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition (HLPE).

A l’opposé, les propositions pour la nouvelle ISP semblent manquer de mécanismes de responsabilisation clairs pour effectuer un travail légitime et efficace en matière de politique scientifique, alors que ces mécanismes ont été adoptés par le HLPE : ouverture à un large éventail de systèmes de connaissances différents, consultation publique et capacité de traiter les controverses sous différents angles. Avec son accent unidimensionnel sur une science au service des intérêts des grandes entreprises et fortement biaisée par les intérêts économiques et commerciales, la nouvelle ISP exclut de nombreuses connaissances (p.ex., autochtones, paysannes, féminines) qui sont pourtant nécessaires pour faire face à l’incertitude et à la cocréation des systèmes alimentaires, agricoles et d’utilisation des terres plus justes et plus durables. Une telle ISP risque de favoriser les orientations scientifiques reflétant et renforçant les intérêts économiques et politiques d’un réseau élitiste de gouvernants, de chercheurs et de fondations ayant des liens commerciaux solides. « Parmi les exemples concrets d’une telle manipulation des sciences au services des intérêts économiques on peut notamment citer le cas de l’industrie du tabac ou des néonicotinoïdes (les insecticides qui tuent les abeilles), utilisant les services de scientifiques, pour contrefaire la vérité, semer le doute et retarder ainsi de plusieures années des législations nécessaires, et ce au détriment de la santé publique », explique encore François-Xavier Dupret, Responsable analyse et partenariat du Cercle.

Face à l’ampleur de la menace qui pèse sur le système des Nations Unies consacré à l’alimentation et au regard de l’engagement du gouvernement luxembourgeois en faveur de la Déclaration des Nations Unies pour les droits des paysans et autres personnes travaillant en milieu rural (UNDROP), nos organisations pressent le gouvernement luxembourgeois et sa représentation permanente auprès de la FAO de :

  • Défendre les institutions publiques démocratiques multilatérales d’une tentative d’appropriation par le secteur privé marchand ;
  • Rejeter résolument la nouvelle IPS : toute nouvelle IPS sur les systèmes alimentaires saperait le HLPE et, par extension, affaiblirait l’architecture de la gouvernance alimentaire publique développée par le CFS ;
  • Renforcer l’engagement et les investissements dans le HLPE.Le HLPE fournit une base de données beaucoup plus solide et plus valide pour la politique que ce qui est proposé par cette IPS nouvellement inventée. Il faut renforcer le HLPE plutôt que de le remplacer par une IPS qui ne soit responsable qu’auprès des élites ;
  • Soutenir les processus participatifs qui incluent activement et significativement des perspectives et des voix plurielles dans la gouvernance du système alimentaire. Les agriculteurs et les autres citoyens ont besoin d’espaces inclusifs, participatifs et sûrs au sein du processus CSA-HLPE pour co-créer les connaissances nécessaires pour gouverner les systèmes alimentaires aux niveaux mondial, national et local.

En tant que membre élu du Conseil de la FAO, le Luxembourg doit apporter sa voix dans le processus et demander résolument que la FAO replace les droits humains, individuels et collectifs, les expériences et les connaissances des personnes et des peuples autochtones les plus touchés, au centre de toutes ses démarches, sans la laisser confisquer par le secteur privé et les intérêts marchands.

Votre contact presse :
François-Xavier Dupret
Responsable analyse et partenariat du Cercle : +352 26 02 09-21

En savoir plus :
SOFI 2021 : pistage de la faim qui ignore les causes profondes.
Un nouveau rapport de la société civile décrit comment Covid-19 met en lumière les inégalités existantes

Participer à la mobilisation en signant cette pétition  :
Dites à la FAO d’arrêter l’ #AllianceToxique avec CropLife !


[1] En novembre 2020, plus de 350 organisations de la société civile et des peuples autochtones de 63 pays, représentant des centaines de milliers d’agriculteurs, de pêcheurs, de travailleurs agricoles et d’autres communautés, ont envoyé une lettre au Directeur général de la FAO, Qu Dongyu , exprimant nos préoccupations. Ce même jour, plus de 250 scientifiques et chercheurs ont fait de même. Le directeur général a répondu, mais n’a pas répondu à nos préoccupations et a plutôt indiqué que le partenariat progressait. Peu de temps après, un groupe de 47 fondations et réseaux de bailleurs de fonds ont remis leur lettre de préoccupation et n’ont reçu aucune réponse de la FAO.
PAN a demandé à rencontrer le directeur général deux fois en décembre, sans réponse. En février, le PANAP et le PANNA ont commencé à coordonner cette campagne mondiale, réunissant des représentants de 11 organisations et réseaux mondiaux pour élaborer des stratégies sur nos objectifs et nos tactiques. En mars 2021, ces 11 organisations et réseaux mondiaux ont de nouveau écrit à Qu et demandé une réunion formelleLe Directeur général de la FAO Qu n’a pas répondu à notre demande de rencontre.

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Reprise des missions, enfin !

Après 14 mois d’interruption due à la crise sanitaire, les missions ont enfin repris progressivement. Fanélie Meyer s’est rendue au Sénégal en avril dernier, Chris Felten au Mali en mai et Nedjma Bennegouch est revenue début juillet de sa mission au Niger et au Burkina Faso.

Le Sénégal

Du 7 au 20 avril dernier, Fanélie Meyer s’est rendue au Sénégal à la rencontre de notre nouveau partenaire, la FONGS (Fédération des Organisations Non-Gouvernementales du Sénégal). Dans ce cadre, SOS Faim a été invitée à participer aux ateliers de réflexion visant à faire le bilan son précédent programme (2017-2021) et à identifier les prochains axes de travail de la fédération. Ces sessions ont permis de mieux cerner le contexte agricole sénégalais, de comprendre l’esprit dans lequel travaille la FONGS, ses aspirations, ses difficultés et d’avoir une vision claire sur les principales activités de la fédération. Enfin, ces rencontres ont permis d’identifier les orientations possibles de notre partenariat.

Yaye Mbayang Touré, Aziz Badji, Fanllie Meyer, Nadjirou Sall

Le Mali

Du 28 mai au 5 juin, Chris Felten était à Bamako au Mali. Cette mission lui aura permis de rencontrer deux organisations avec lesquelles nous sommes entré en partenariat à distance, en 2020, en raison de la crise sanitaire qui aura retenu nos responsables au Luxembourg : l’institution de microfinance CVECA-ON/Ségou et la CGLTE-AO/CMAT (« Convergence »), un mouvement de défense des droits humains avec lequel SOS Faim a déjà collaboré ponctuellement depuis 2019. Cette mission consistait donc à intensifier les relations avec ces deux partenaires et à appréhender leurs réalités de manière plus concrète. Par ailleurs, cette mission a également été l’occasion de rencontrer d’autres acteurs qui pourraient, à terme, devenir de nouveaux partenaires.      

Le Niger et le Burkina Faso

Enfin, du 28 juin au 7 juillet, Nedjma Bennegouch a réalisé une visite de terrain débutant au Niger pour se terminer au Burkina Faso. Cette mission au Niger marquera la reprise de contacts directs avec les partenaires après quelques 21 mois d’interruption depuis la dernière mission de SOS Faim dans ce pays. Trois partenaires ont pu être rencontrés. Il s’agit de la FUCOPRI (Fédération des Unions et Coopératives des Producteurs de Riz), de la FCMN (Fédération des coopératives maraîchères du Niger) et d’AEC (Alternative Espaces Citoyens). Au Burkina, les rencontres organisées avaient principalement trait au dispositif Agri+.

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Des nouveaux membres et un nouveau Conseil d’Administration pour SOS Faim

La dernière Assemblée de SOS Faim s’est tenue courant du mois de juin.

Nouveaux membres et nouveau Conseil

Outre les comptes 2020 et le budget 2021, l’admission de nouveaux membres et un nouveau Conseil d’Administration étaient également proposés au vote. Nous souhaitons la bienvenue aux quatre nouveaux membres de SOS Faim admis à une très large majorité : Sara Bolliri, Magali Paulus, Patrick Kolbusch et Alexandre Mortelette. SOS Faim compte désormais 48 membres.

Au Conseil d’Administration, sur les six administrateurs sortants, Félix Buchler ne se représentait pas. Par contre, trois membres se présentaient pour la première fois : Chloé Kolb, Linda Ortolani et Gary Diderich. Tous les candidats ont été élus à une large majorité également.

Début juillet, la première réunion de ce nouveau Conseil a désigné les fonctions statutaires de Président, de Trésorier et de Secrétaire, pour les deux prochaines années. En voici les résultats :

Président : Raymond Weber
Trésorière : Bineta Diaw Ndoye Oosterhaven
Secrétaire : Céline Depiesse

Merci Félix

Membre de SOS Faim depuis 2008, du CA depuis 2009 et ayant succédé à Monique Kieffer-Kinsch à la présidence de SOS Faim de 2013 à 2018 avant de passer le relai à Raymond Weber, Félix Buchler a décidé de ne pas se représenter au CA. Vu qu’il a assurément marqué de son empreinte l’histoire de SOS Faim, nous lui avons posé quelques questions.

Cher Félix, quel regard jetez-vous sur votre engagement bénévole depuis votre implication dans SOS Faim ?

Je voudrais tout d’abord rendre hommage à feu notre fondatrice Monique Kieffer-Kinsch. C’est elle qui m’a convaincu de rejoindre SOS Faim, en 2008. Je l’ai fait avec autant d’enthousiasme que j’admirais l’engagement de Monique pour la cause de l’agriculture familiale en Afrique. J’ai rejoint le Conseil d’Administration en 2009 et, en 2013, après 20 années de présidence, Monique s’est retirée. J’ai pris sa relève à la présidence de l’ONG jusqu’en 2018. Comme j’ai connu un peu l’Afrique par ma profession d’ingénieur, j’ai très vite compris, en parcourant les pays, que l’agriculture était présente à tout bout de champ. Il s’agissait d’une agriculture familiale où les gens – surtout les femmes – travaillaient dur pour cultiver et récolter. J’ai été convaincu que c’est dans ce domaine qu’il fallait concentrer ses efforts, vers une « Terre nourricière » pour le bien et peut-être (et je ne l’espère pas !) pour la survie de la population rurale. Dès lors, je ne regrettais nullement d’avoir rejoint SOS Faim. Je me sentais pleinement engagé pour contribuer aux objectifs posés. C’est aussi dans ce contexte que j’ai compris l’utilité et les bienfaits de la microfinance, par ailleurs.

Y a-t-il un événement, un projet, une rencontre… qui vous a plus particulièrement marqué ?

En tant qu’ingénieur, je pense que rien ne vaut le suivi sur le terrain. Ainsi, les deux événements qui m’ont marqué furent les visites au Bénin et au Mali, sous la conduite de Monique. J’ai eu l’occasion de discuter sur place avec les bénéficiaires de notre appui et de me rendre compte que l’argent transféré était bien utilisé pour permettre aux familles de se nourrir et de dégager quelques bénéfices en vendant le surplus des récoltes sur les marchés locaux. Un événement imprévu m’est resté en mémoire : celui d’une vive discussion entre le chef d’un village béninois et Monique à propos de l’indispensable alphabétisation des filles !

Il y a quelques jours, un nouveau CA a été élu, avec notamment l’entrée de nouveaux et jeunes administrateurs/-trices : quel conseil ou message leur donneriez-vous ?

Dans la vie, on reçoit généralement beaucoup et il arrive le moment où il faut donner en retour et se montrer reconnaissant. Et quelle meilleure façon de le faire que dans le bénévolat qui correspond à nos valeurs et à nos aspirations ? Pour les nouveaux administrateurs, mon conseil serait de garder le « feu sacré », c’est-à-dire l’enthousiasme et la disponibilité du bénévole ! Et, comme moi, qu’ils saisissent l’occasion de se rendre sur place si elle se présente !

Merci Félix !

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