Le PAIDEK, une réponse solide et adaptée aux besoins du financement des acteurs économiques du Kivu

Le PAIDEK, une réponse solide et adaptée aux besoins du financement des acteurs économiques du Kivu

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Peu de pays ont connu autant de crises, peu de populations ont eu à faire face à tant de chaos au cours des 20 dernières années, que la République Démocratique du Congo et en particulier ses provinces de l’Est que l’on nomme Nord et Sud-Kivu. Dans un pays meurtri par les guerres, le succès du PAIDEK, partenaire de SOS Faim, démontre l’engagement et la persévérance des acteurs locaux qui se battent pour prendre en main leur destin.

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« Main dans le main, chassons de nos ménages et de notre milieu la pauvreté et toutes ses conséquences». 

Ces quelques mots écrits en grosse lettre à la main accueillent les clients du PAIDEK de l’agence de Goma…
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PAIDEKPAIDEK: promotion et appui aux initiatives de développement économique du Kivu

Le PAIDEK est une institution spécialisée dans la microfinance, née en 1993 d’un programme visant à organiser des actions de microcrédit. Concentré géographiquement exclusivement sur le Nord et le Sud Kivu, le PAIDEK compte actuellement 9 agences réparties dans le Nord et le Sud Kivu, opérant tant dans les milieux urbains que ruraux.

Son rôle est de financer le développement de petites activités de commerce ou d’élevage, celles-là même qui assurent la subsistance d’une société dépourvue d’infrastructures industrielles comme d’institutions économiques et sociales.

Nous vous proposons de découvrir le témoignage de Kijira Ngumoja, un des nombreux bénéficiaires du PAIDEK.

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Je suis riziculteur depuis 1986, j’associe à la culture du riz celle de l’oignon et du manioc en compagnie de mon épouse. J’ai appris cette activité de mon père car il s’agit d’une activité qui occupe une place de choix dans notre communauté. La culture du riz prend un maximum de 4 à 6 mois de production suivant les variétés, sans compter la période de séchage pour la commercialisation. (…) Chaque jour, je me rends au champ pour plus de 8 heures de travail et là je me mets à la tâche prévue suivant l’étape (de production) dans laquelle je me trouve. Parfois, je suis contraint de payer la main d’œuvre pour certains travaux comme le labour, le repiquage, la garde du champ contre les oiseaux,…”

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 Les principaux obstacles au développement de son activité:

  • Insuffisance de moyens financiers;
  • Canalisation d’eau d’irrigation mal entretenue;
  • Présence de ravageurs dans les champs (rats, oiseaux,…);
  • Maladies de plantes;

« De façon générale, nos conditions de vie sont précaires. A la maison, comme au village, nous avons difficilement accès à:

  • L’eau potable;
  • Les soins médicaux sont insuffisants;
  • Les conditions de logement sont précaires (pas de matelas…);
  • L’absence du courant électrique;
  • Les routes de desserte agricole ne sont pas entretenues;
  • L’accès difficile à une scolarisation de bonne qualité;
  • Les mauvaises conditions d’alimentation;
  • L’accès difficile aux produits manufacturés de première nécessité;
  • Les débouchés de marché incertains.

Certaines de ces difficultés sont dues à l’instabilité politico-économique que connait notre pays depuis plusieurs décennies, tandis que d’autres viennent de la faiblesse de nos revenus qui ne nous permettent pas à vivre décemment.”

Accès aux crédit

« Grâce aux crédits du PAIDEK j’ai pu me faciliter l’exécution des différentes tâches qu’exigent la culture du paddy et agrandir mon espace cultural. Nous bénéficions d’un appui financier secondé par une formation en matière de crédit et des suivis de remboursement (appui-conseil). Nous ressentons une certaine sécurité garantissant la réalisation de tous les travaux champêtres qui conséquemment, sauf imprévu, impacte positivement sur la récolte.

C’est la première fois qu’une institution de microfinance s’intéresse aux agriculteurs qui est la catégorie des oubliés en cette matière! Nos remerciements à PAIDEK.”

Quant à l’avenir…Paidek3

“J’aimerai agrandir mon champ afin d’augmenter ma productivité ainsi qu’améliorer les conditions socio-économique et sanitaire de ma famille.”

Mais pour tout ça…

“Il faudrait trouver des débouchés sûrs pour l’écoulement de nos produits à un prix qui nous est avantageux. Cela nous permettra de rembourser plus aisément le crédit et de gagner un surplus pour la continuité de nos activités et la survie familiale.

Nous devons également développer des techniques de conservation et de transformation modernes pouvant nous permettre de ne pas vendre à la hâte par peur que nos produits ne périssent.

L’idéal serait que les producteurs aient accès à leurs propres décortiqueuses, au lieu d’aller chez les particuliers qui nous imposent beaucoup de conditions.”

 

Ce message témoigne du succès du PAIDEK et de la ténacité et du courage de ces hommes et ces femmes qui se battent chaque jours pour un monde meilleur.  Nous ne pouvons qu’admirer l’extraordinaire parcours d’un programme expérimental devenu aujourd’hui une société anonyme pour se conformer à la loi congolaise, sans pour autant oublier sa mission première : apporter aux plus démunis un service de crédit qui leur permet d’échapper aux usuriers et de faire fonctionner une économie locale, malgré tous les soubresauts traversés par les deux province du Kivu…

Vous voulez en savoir plus sur l’histoire du PAIDEK ?

Découvrez le Zoom Microfinance n°41 d’Aout 2014 consacré à l’évolution du PAIDEK

Découvrez nos activités au Sud-Kivu

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Article publié dans : @fr