« L’agriculture? C’est ma pension! »

« L’agriculture? C’est ma pension! »

Des revenus pour la retraite

Dans un pays où le système de sécurité sociale ne couvre pas les dépenses de santé, la retraite fait peur. Les retraités du secteur public mettent des mois, voire des années, pour boucler les formalités administratives et percevoir enfin leurs droits qui ne représentent de toutes façons qu’un modique pourcentage du salaire.

En conséquence, dans un pays comme le Cameroun, où l’espérance de vie ne dépasse pas 55 ans, les plus de 60 ans (qui ne représentent que 5,5 % de la population), doivent subvenir à leurs besoins par leurs propres moyens.

C’est le cas de Vincent Fondam, 65 ans, et père de famille : faute de pouvoir profiter d’une retraite décente à l’issue d’une carrière de technicien, il a dû reprendre la ferme familiale et retourner aux champs afin de nourrir sa famille. Il n’était pas pour autant sorti d’affaires ! Si, au Cameroun, l’agriculture est un incontournable moyen de subsistance, les revenus à en tirer restent très aléatoires. « L’agriculture, c’est beaucoup de fatigue et de soucis mais on ne peut vivre sans. » Vincent travaille la terre avec cinq autres membres de sa famille et produit de quoi se nourrir et également vendre au marché local. Aujourd’hui, il est assez satisfait car ces activités lui permettent d’offrir trois repas par jour à sa famille et d’envoyer ses enfants à l’école.

Le travail seul ne suffit pas

Pour arriver à cela, le travail seul n’aurait pas suffi : « une fois que les récoltes sont à maturité, comme les tomates par exemple, si tous les producteurs mettent au même moment leurs produits sur le marché, ils ne valent rien ! ». C’est ce qui se produisait avant que l’organisation paysanne NOWEFOR, partenaire de SOS Faim, n’apporte son appui concret aux paysans de la région. Comment ? Par l’organisation de ventes groupées et l’acheminement des produits agricoles sur des marchés plus éloignés, par la fourniture de semences ou encore par des programmes adaptés de formation agricole. Les services rendus sont variés et visent avant tout à inscrire l’agriculture familiale dans une dynamique viable.

Grâce aux appuis de l’équipe de NOWEFOR, l’activité agricole de Vincent occupe deux de ses fils qui n’avaient pas trouvé d’emplois à l’extérieur. C’est aussi cela la réalité de l’agriculture familiale en Afrique : la première pourvoyeuse d’emplois du continent !

Et c’est là une préoccupation toute particulière pour Vincent : « Nowefor fait du bon travail pour nous autres paysans mais il y a tant à faire encore, comme par exemple encourager les jeunes à faire du maraîchage pour créer leur propre activité et éviter qu’ils aillent chercher ailleurs de quoi vivre ». Vincent sait de quoi il parle : deux de ses enfants ont fait le choix de l’Europe et vivent en Grande-Bretagne. Il espère qu’ils puissent mieux vivre en Europe tout en regrettant que son pays ne permette pas à ses citoyens de vivre correctement chez eux.

Abonné au mensuel de l’entrepreneur rural

L’autre atout de Vincent pour les revenus de sa retraite, c’est d’être l’un des 3.000 abonnés au journal « The Farmer’s Voice », un journal spécialisé dans l’actualité du monde rural et financé par SOS Faim. Grâce à lecture de son journal préféré, Vincent s’est lancé dans la production de plantes médicinales. « Les médicaments sont rares, chers et on n’est jamais sûr qu’ils soient de bonne qualité ; notre médecine traditionnelle comporte beaucoup de remèdes efficaces qu’il est utile de connaître. C’est pourquoi je souhaite développer de plus en plus cette activité. Une fois récoltées, les plantes sont séchées et conditionnées par nos soins. Même sur le marché local, la demande augmente ! ».

Pour conclure, Vincent ajoute : « Je suis très heureux d’être un agriculteur, tant que j’ai la santé ! Mais j’espère vraiment que mes enfants à mon âge ne seront pas contraints de m’imiter et pourront profiter un peu de leurs derniers jours ! ».

A travers l’organisation paysanne NOWEFOR et le journal La Voix du Paysan (édité en français et en anglais), SOS Faim soutient des acteurs complémentaires qui aident les ruraux à tirer des bénéfices de leurs activités agricoles !

Ces appuis s’inscrivent dans la durée ; pour l’année 2014, c’est 90 000 et 95 000 euros qui leur seront respectivement versés et pour lesquels votre soutien est essentiel.

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