Financer l’agriculture familiale: une clé du développement !

Les agricultures familiales ont un rôle majeur à jouer dans le développement et la sécurité alimentaire des pays du Sud mais les contraintes à leur développement restent importantes.

Pour se moderniser et se développer, ces agricultures ont besoin d’investir et, souvent, faute de ressources propres suffisantes, d’accéder à des services financiers adaptés : crédit, épargne, assurances…. Or ces services financiers restent déficients face à la demande énorme des agriculteurs.

Les éleveurs, les jeunes agriculteurs et les organisations paysannes sont particulièrement défavorisés dans l’accès au crédit.

Une offre non adaptée à la demande

Ces dernières années, la microfinance s’est particulièrement développée en milieu rural. Toutefois, l’offre en services financiers n’est pas adaptés au monde agricole pour diverses raisons:

  • Les volumes financiers disponibles pour le crédit à l’agriculture sont faibles au regard de l’ampleur de la demande et ils se concentrent sur du crédit de court terme;
  • Les crédits de moyen terme et de long terme font largement défaut;
  • Les taux d’intérêt proposés, notamment par la microfinance, sont souvent difficilement compatibles avec le niveau de rentabilité des activités agricoles familiales;
  • L’offre de services financiers est peu adaptée à la nature systémique des besoins de financement des agriculteurs familiaux qui combinent des productions agricoles vivrières et commerciales, différentes formes d’élevage et souvent des activités non agricoles ; les besoins de financement familiaux (sécurité alimentaire, école, santé, …) sont étroitement liés aux besoins productifs;
  • La méconnaissance et la méfiance restent grandes entre secteurs agricoles et financiers, entravant les efforts d’innovation.

Les “risques agricoles”, un frein pour les institutions financières:

Les aléas climatiques (sécheresses, inondations), sanitaires (attaques parasitaires), les risques économiques (systèmes financiers) et les risques familiaux (problèmes de santé, décès) sont tant de facteurs qui justifient la faiblesse des crédits octroyés à l’agriculture.

De nombreuses solutions existent pourtant pour diminuer ces risques.

L’accès aux services financiers pour sortir de la pauvreté:

Si la production est faible, l’agriculteur rentre dans un cercle vicieux de pauvreté dont il est dur de sortir. Les services financiers de crédits, épargnes et assurances peuvent transformer ce cercle et l’aider à sortir de la pauvreté.

En effet, le développement économique peut être perçu comme un cercle vertueux :

  • La production génère des revenus qui couvrent les besoins de l’unité écono­mique ;
  • Les surplus génèrent de l’épargne mobilisable pour faire face aux chocs mais aussi pour investir ;
  • L’investissement permet d’intensifier la production et de générer davantage de surplus.

Financer l’agriculture familiale est une clé du développement !

Avec ses nombreux clients potentiels, le financement agricole est pourtant une opportunité de développement pour les institutions financières qui ont pourtant du mal à y investir.

C’est pourquoi, SOS Faim œuvre depuis de nombreuses années à renforcer le dialogue entre les organisations paysannes (OP) et les institutions financières, à produire des outils d’appui et de capitalisation sur ce thème, et à soutenir directement des OP dans leur accès aux services financiers.

Au Bénin, le Réseau national des caisses villageoises et de crédit autogéré (RENACA) s’engage dans le financement agricole avec le soutien de SOS Faim.

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