Semaine d’éducation au développement durable 2019 – Connecting Lives – Empowering People

Envie d’agir pour une monde sain et durable? En recherche d’alliés pour vos initiatives de développement durable? Rejoignez-nous pour partager vos idées et trouvez des moyens et des inspirations pour les réaliser. Connecting Lives – une semaine pour vous et vos proches au nom du développement durable et d’un monde relié et solidaire – du 21 au 29 septembre 2019.

SOS Faim participe à la Semaine EDD en co-organisant les évènement suivant:

  • 21 septembre au Rotondes à Luxembourg-Ville: Stand Fantastic Food au festival On Stéitsch, organisé par le Service National de Jeunesse, qui marque le début de la Semaine EDD.
  • 29 septembre à Al Schmelz à Steinfort: Marche Gourmande Alternative, inscription en ligne obligatoire

Pour plus d’infos sur les évènements de la Semaine EDD 2019: http://connectinglives.cercle.lu/

Cinéma du Sud – édition automne 2019

L’édition automne du festival Cinéma du Sud aura lieu du 5 octobre au 10 novembre 2019, avec le projection de 3 films:

  • samedi 5 octobre à 14h au Oekozenter Pafendall: POWER TO THE CHILDREN – KINDER AN DIE MACHT; Filmvorführung mit anschliessender Diskussion und “plogging” für die Motivierten. Chai oder Saft für die Durstigen.
  • jeudi 7 novembre à 19h30 au Ciné Scala à Diekirch: ZERO IMPUNITY; projection de film suivie d’un vin d’honneur.
  • dimanche 10 novembre à 10h au Bamhaus à Dommeldange: THANK YOU FOR THE RAIN; projection de film avec brunch “bon pour le climat”.

Plus d’infos bientôt sur www.cinemadusud.lu

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“Les politiques qui sont suivies en Afrique ne se préoccupent que de produire plus de calories… Cela ne répond pas aux enjeux réels”

Luxembourg, le 18 juin 2019 : « Les politiques qui sont suivies en Afrique ne répondent qu’à la question produire plus de calories, alors que l’agroécologie permettrait de nourrir le continent africain, tout en réduisant à la fois la dépendance vis-à-vis des multinationales de l’agro-alimentaire et  les émissions de CO2, en respectant la nécessaire régénération des ressources naturelles et la santé humaine, en apportant les nutriments et vitamines nécessaires, et tout cela, sans renoncer à nos identités culturelles  » a déclaré Million Belay, coordinateur de la plateforme continentale AFSA, l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique, lors du lunch débat organisé par SOS Faim jeudi 13 juin.

Communiqué de presse

Son passage au Luxembourg a également permis à Monsieur Belay de rencontrer de manière informelle Monsieur le Ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural Romain Schneider, ainsi que l’agence Lux Développement.

A l’occasion de la visite inédite d’un porte – parole pouvant se prévaloir de représenter plusieurs dizaines de millions d’Africains, SOS Faim se félicite de diffuser la déclaration élaborée par AFSA en réponse à la Task Force Afrique Rurale initiée par la Commission européenne pour soutenir le partenariat UE-Afrique dans les domaines de l’alimentation et  l’agriculture. (voir ci-dessous)

DÉCLARATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE AFRICAINE SUR L’AGENDA AFRIQUE-EUROPE DE L’UE POUR LA TRANSFORMATION RURALE :

L’heure est venue pour l’Agroécologie

Cette déclaration de la société civile africaine fait suite à la consultation ouverte sur les recommandations de la Task Force Afrique Rurale, dans son rapport « Un agenda Afrique-Europe pour la transformation rurale ».

Nous nous félicitons de cette occasion de contribuer à la définition des priorités de l’UE dans ses relations avec l’Afrique dans le secteur agricole et alimentaire. Nous nous félicitons de l’esprit de coopération continue et d’investissement durable de l’Europe, principale partenaire commercial de l’Afrique. Nous nous félicitons que l’Équipe spéciale ait procédé à une analyse approfondie de ces questions par des experts renommés. Nous nous félicitons que le rapport reconnaisse que l’économie rurale est le moteur de la réduction de la pauvreté et le moteur de la croissance. Nous nous félicitons que l’accent soit mis non plus sur l’agriculture industrielle à grande échelle, mais sur l’agriculture familiale en tant que moteur du développement agricole. Nous nous félicitons de la reconnaissance de l’immense diversité de l’Afrique et de la nécessité qui en découle d’adopter des solutions adaptées au contexte local. Nous nous félicitons de l’appétit de transformation et de l’adoption d’une approche axée sur les systèmes alimentaires. Tout cela doit être salué comme des pas progressifs et éclairés dans la bonne direction.

Nous convenons qu’une transformation durable de l’agriculture africaine est notre objectif commun, mais nous voyons dans ce rapport une occasion manquée de s’attaquer aux grands problèmes auxquels l’Afrique est confrontée, principalement la captation de nos systèmes alimentaires par les industries, et les dommages que cela cause à notre environnement, nos sols et nos terres, notre biodiversité, notre nutrition et notre santé, et notre souveraineté alimentaire. Le changement climatique, déjà une réalité vivante pour des millions d’agriculteurs, de pasteurs et de pêcheurs africains, est étroitement lié à la sécheresse, à la dégradation des pâturages et à l’élévation de la température des océans, qui menacent les moyens de subsistance et affaiblissent la sécurité alimentaire. Nous affirmons que l’agroécologie est une solution à ces deux problèmes.

Nous exhortons la Task Force et l’Union Européenne à écouter les voix des producteurs de vivriers africains – agriculteurs, pêcheurs, éleveurs – et à éviter le risque de sauter pour adopter, promouvoir et imposer des fausses solutions techniques, ou des stratégies de développement en déphasage avec leurs situations.

Bien que le résumé exécutif du rapport ne parle que d’intensification agricole durable, nous voyons dans le rapport complet que cela inclut une foule de technologies dangereuses et controversées auxquelles la société civile africaine a résisté pendant de nombreuses années.

Le chapitre cinq du rapport note que le paquet Révolution Verte d’intensification basée sur les semences améliorées, les intrants chimiques (engrais, lutte contre les ravageurs et les mauvaises herbes) et la mécanisation, a eu des impacts environnementaux négatifs, une utilisation excessive des énergies fossiles, des intrants et technologies coûteux. Le rapport appelle à des alternatives, mais nous constatons que les alternatives proposées ne remettent guère en cause le paquet technologique de la Révolution Verte.

Nous ne sommes pas convaincus par la « voie éco-technique » proposée qui, selon le rapport, encouragera « simultanément l’utilisation rationnelle de la biotechnologie avec des apports externes modestes, l’irrigation et la mécanisation compatibles avec les cycles écologiques ». Nous avons déjà entendu de tels termes et nous les avons relégués sur la liste des fausses solutions, au même titre que l’agriculture intelligente face au climat, la capture du carbone, la géo-ingénierie et, en fait, l’intensification agricole durable. Nous ne les considérons pas comme de véritables solutions, mais comme de simples tentatives de la part d’acteurs du secteur des multinationales pour s’assurer et légitimer leur contrôle sur nos systèmes alimentaires.

Surtout, nous contestons l’incapacité du rapport à reconnaître la valeur de l’agroécologie. Nous sommes solidaires aux côtés de plusieurs millions de producteurs et de consommateurs alimentaires africains à travers le continent qui sont unis en faveur de l’agroécologie en tant que futur durable de l’agriculture. A bien des égards, l’agroécologie est l’antithèse des systèmes agricoles conventionnels actuels, axés sur les multinationales et fondés sur la monoculture. Là où l’agriculture conventionnelle cherche à simplifier, l’agroécologie embrasse la complexité. Là où l’agriculture conventionnelle vise à éliminer la biodiversité, l’agroécologie dépend de la diversité et s’appuie sur elle. Là où l’agriculture conventionnelle pollue et dégrade, l’agroécologie régénère et restaure, en travaillant avec la nature – et non contre elle.

Nous approuvons le fait que le rapport reconnaisse qu’il est important d’identifier des réponses adaptées au contexte local et d’inclure les agriculteurs dans la recherche de réponses aux défis pertinents. Que cette inclusion commence ici.

Nous mettons au défi la Task Force et la Commission Européenne de veiller à ce que l’UE respecte ses engagements en matière de développement durable, d’action climatique et d’élimination progressive des énergies fossiles. Il est temps de faire le saut loin des solutions inefficaces et fausses, et de soutenir l’Agroécologie comme le meilleur future qui soit pour l’agriculture du continent. Les systèmes agroécologiques maintiennent le carbone dans le sol, reconstruisent la fertilité des sols et augmentent les rendements, fusionnant la science de pointe avec les connaissances locales des agriculteurs. L’agroécologie renforce la résilience et aide les agriculteurs à s’adapter aux effets du changement climatique. Nous mettons l’UE au défi de soutenir les petits producteurs d’aliments africains, dont un si grand nombre de femmes, pour construire un système alimentaire durable, résilient, diversifié, sain, productif et culturellement approprié pour l’Afrique.

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L’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique est une vaste alliance d’acteurs de la société civile qui participent à la lutte pour la souveraineté alimentaire et l’agroécologie en Afrique. Il s’agit notamment d’organisations africaines de producteurs alimentaires, de réseaux d’ONG, d’organisations de peuples autochtones, d’organisations confessionnelles, de groupes de femmes et de jeunes, et de mouvements de consommateurs. Ses membres représentent les petits exploitants agricoles, les pêcheurs, les pasteurs, les chasseurs-cueilleurs, les peuples autochtones, les institutions religieuses et les consommateurs de toute l’Afrique.

Organisations membres de l’AFSA

  •  African Biodiversity Network (ABN)
  • African Centre for Biodiversity (ACB)
  • Association Ouest Africaine pour le Développement de la Pêche Artisanale (ADEPA)
  • Biodiversity and Biosafety Association Kenya (BIBA)
  • Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africaine (COPAGEN)
  • Comité Ouest Africain de Semences Paysannes (COASP)
  • Comparing and Supporting Endogenous Development (COMPAS Africa)
  • Eastern and Southern Africa Small Scale Farmers Forum (ESAFF)
  • Eastern and Southern Africa Pastoralist Network (ESAPN)
  • Fahamu Africa
  • Farm-Saved Seeds Network (FASSNET)
  • Fédération Agroécologique du Bénin (FAEB)
  • Fellowship of Christian Councils and Churches in West Africa (FECCIWA)
  • Friends of the Earth Africa (FoEA)
  • Global Justice Now!
  • Groundswell West Africa (GWA)
  • Health of Mother Earth Foundation (HOMEF)
  • Indigenous Peoples of Africa Coordinating Committee (IPACC)
  • Institut Panafricain pour la Citoyenneté, les Consommateurs et le Développement (CICODEV Africa)
  • Institut Africain pour le Développement Economique et Social (INADES-Formation)
  • International Tree Foundation (ITF)
  • JeunesVolontaires pour l’Environnement (JVE International)
  • John Wilson
  • La Via Campesina Africa (LVC Africa)
  • Network of Farmers’ and Agricultural Producers’ Organizations of West Africa (ROPPA)
  • Participatory Ecological Land Use Management (PELUM) Association
  • Plate-forme Régionale des Organisations Paysannes d’Afrique Centrale (PROPAC)
  • Réseau Africain pour le Droit à l’Alimentation (RAPDA –Togo)
  • Rural Women’s Assembly (RWA)
  • Tanzanian Alliance for Biodiversity (TABIO)
  • Thousand Currents
  • Union Africaine des Consommateurs (UAC)
  • We are the Solution / Nous Sommes la Solution
  • World Neighbors
  • Zambia Alliance for Agroecology and Biodiversity (ZAAB)
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Appel à dons – Cet été, soyez solidaires : soutenez SOS Faim !

Les vacances estivales débutent pour bon nombre d’entre nous. Alors qu’au Luxembourg cette période de l’année est propice à la détente, les paysans du Sahel mettent quant à eux toutes leurs forces dans les champs pour préparer les cultures. En effet, la récolte annuelle, dont dépendent les familles pour vivre, s’effectue au mois de novembre. C’est donc en été qu’une bonne récolte se prépare.
 
Ce travail intensif est rendu très difficile par le manque de moyens techniques, d’autant plus lorsque la nourriture vient peu à peu à manquer. Les récoltes de l’année précédente ont été consommées et les revenus issus des ventes ne sont souvent pas suffisants pour ces paysans, qui vivent pour la plupart avec moins d’un euro par jour.
 
Même si ces hommes et ces femmes ne manquent pas de détermination, les aléas climatiques, l’aridité des sols ou leur manque de fertilité fragilisent les populations les plus vulnérables.

« Si on a beaucoup de pluie ça va, mais si on a une mauvaise année, c’est autre chose et c’est de plus en plus aléatoire ! »

Assouman Garban, 62 ans, Niger

Assouman est riziculteur depuis plus de 40 ans. Sa production lui permet de nourrir sa famille et de gagner un peu d’argent grâce à la vente du surplus. Il pratique la culture du riz pluvial, qui a des rendements plus faibles que d’autres types de riz, mais qui a moins besoin d’eau. Au Niger, les pluies sont de plus en plus irrégulières, avec des précipitations parfois très violentes qui peuvent détruire les cultures. Cela rend le travail des paysans beaucoup plus incertain.

Votre générosité peut faire la différence 
 
Grâce à vos dons, les partenaires de SOS Faim en Afrique apportent des services et appuis concrets aux agriculteurs, comme un accès au crédit, à un système d’irrigation, à des formations pour produire de manière durable ou faire face aux aléas climatiques, etc. C’est donc pour devenir moins vulnérable et acteur de leur développement que les paysans ont besoin de votre soutien.

Vous pourrez déduire votre don à SOS Faim de vos impôts, si le montant cumulé de vos dons versés en 2019 s’élève à minimum 120 € et sans dépasser 20% du total de vos revenus ni 1.000.000 €. Le taux de cofinancement du Ministère des Affaires étrangères est de 80%. Cela signifie qu’un don de 20€ permet un subside de 80€ et un montant total de 100€, soit 5 fois plus que le don initial. Ainsi, chaque don compte !
 
Tout en vous souhaitant un bel été, nous vous invitons à ne pas oublier les paysans du Sahel.
Par avance je vous remercie.
 

Thierry Defense
Directeur de SOS Faim

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Piquet pour l’agriculture biologique

Luxembourg, vendredi, le 28 juin 2019 : Une vingtaine de membres de la plateforme « Meng Landwirtschaft » s’est retrouvée en matinée ce vendredi devant le Ministère de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural afin d’encourager le Ministre Romain Schneider et son administration à réaliser rapidement le plan d’action
« agriculture biologique ». En effet, dans l’accord de coalition, le gouvernement s’est fixé l’objectif d’atteindre 20% d’agriculture biologique d’ici 2025, proposition explicitement soutenue par « Meng Landwirtschaft ». Malheureusement, le Ministre ne s’est pas encore donné les moyens de présenter des mesures concrètes inscrites dans le plan d’action, ni d’entamer le processus participatif prévu à son élaboration.

Dans une lettre ouverte du 14 juin 2019 au Ministre Schneider, « Meng Landwirtschaft » a demandé à être informé de l’avancement du plan d’action
« agriculture biologique ». Lors d’une entrevue en mars 2019, le ministre et ses services ont affirmé que l’élaboration du plan d’action s’achèverait avant les vacances d’été et que notre plateforme serait invitée à y contribuer de manière participative.

Interpelés par la crise climatique, par la perte de la biodiversité s’aggravant toujours plus rapidement et par la disparition alarmante d’exploitations agricoles de petite et moyenne taille, nous demandons des solutions rapides et efficaces. De nombreuses études et une multitude d’expériences pratiques ont prouvé que l’agriculture biologique était en mesure de répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux actuels et futures. Romain Schneider ne cesse de répéter que l’objectif de 20% d’agriculture biologique figure parmi ses priorités absolues. Par contre, à ce stade et au vu du cheminement actuel, nous osons douter de la faisabilité de cet objectif à l’échéance annoncée. Nous comprenons que les administrations qui, depuis des décennies, accompagne l’agriculture conventionnelle ait du mal à encourager un véritable changement de paradigme pour faire face aux inquiétudes écologiques et socio-économiques qui influencent profondément le travail quotidien des producteurs et productrices. Pour cette raison, « Meng Landwirtschaft » revendique la création d’un département exclusivement dédié à l’agriculture biologique au sein du ministère et a conçu une offre d’emploi pour le/la responsable de cette future cellule. « Le Ministre Schneider nous a assuré que l’agriculture biologique allait obtenir un visage à l’intérieur du ministère, voilà pourquoi nous lui transmettons cette offre », dit Laure Cales, coordinatrice de « Meng Landwirtschaft ».

La plateforme « Meng Landwirtschaft » convie le Ministre à intégrer des mesures et incitations concrètes dans le plan d’action le plus rapidement possible. Raymond Aendekerk, directeur de Greenpeace, explique : « Il faut proposer des programmes attrayants pour inciter les exploitants à la reconversion dans l’agriculture biologique. Il s’agit de jouer sur le montant de la prime à la surface, sur les investissements pour la transformation des étables et bâtiments, sur la réduction du cheptel, le renforcement de la production végétale (maraichage, l’arboriculture etc.), les conseils et formations, ainsi que la coopération avec les personnes qui veulent se lancer dans l’activité agricole etc. » Daniela Noesen, directrice de la « Vereenegung fir Bio-Landwirtschaft Bio-Lëtzebuerg asbl » ajoute : « Le principe du saupoudrage doit cesser et être remplacé par le subventionnement de la main d’œuvre engagée à la ferme ainsi que par des paiements qui récompensent ceux qui renforcent leurs initiatives écologiques et sociales dans l’esprit d’une économie du bien commun. Pour y parvenir, une campagne continue, organisée et exécutée de manière professionnelle et basée sur l’information, la formation, le conseil et la recherche est indispensable ».

En outre, l’Etat, vu son échec de faire avancer l’agriculture biologique au Luxembourg, doit assumer son rôle dès maintenant. Dans le plan d’action, des mécanismes qui permettent de faire progresser rapidement et efficacement l’agriculture biologique à travers toute la chaîne d’approvisionnement doivent être développés car l’argument arguant que seule la demande de produits biologiques stimulerait la production ne fonctionnera pas tant que les conditions inégales du marché persistent et que les externalités négatives de l’agriculture conventionnelle ne sont pas intégrées dans le coût final des produits. Le plan d’action constitue un instrument important pour faciliter une transformation écologique du secteur, du producteur jusqu’au consommateur. Pour cette raison, tous les acteurs devraient se retrouver pour travailler ensemble afin d’éviter de perdre un temps précieux.

Pour la plateforme « Meng Landwirtschaft »,

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Les grands moments de 2018

Depuis plus de 25 ans, SOS Faim s’engage au Nord comme au Sud, dans la lutte contre la faim, les inégalités, les injustices et la misère dans le monde. Ses valeurs et finalités ont pu être approfondies tout au long des années : Un monde sans faim. Partout et pour tous. Garantie par une agriculture durable. Économiquement viable, socialement responsable et respectueuse de l’environnement. Qui place l’homme au cœur du développement. Tant les producteurs familiaux, qui vivent décemment de leur travail, que les consommateurs, qui ont accès à une alimentation suffisante, saine et de qualité.

Le présent rapport vous permettra de découvrir le travail de SOS Faim réalisé en 2018 auprès de producteurs en Afrique, ainsi que son travail de sensibilisation et de plaidoyer mené au Luxembourg. Bonne lecture !

Télécharger le rapport d’activités


Renoncer au productivisme pour lutter contre la violence et la faim

Paroles du Sud

Les provinces de l’Est de la RDC et la zone saharo sahélienne entre Mali et Niger, distantes de plusieurs milliers de kilomètres, partagent une tragique évolution : la carte de l’insécurité et celle de la faim se sont superposées…

Abandonnées par les autorités étatiques, ces régions sont devenues la proie de groupuscules armés qui interdisent l’accès aux pâturages encore disponibles, ou qui rendent impossible le travail aux champs : quelle soit reliée à d’obscures instrumentalisations religieuses ou plus prosaïquement guidée par la prédation des ressources disponibles, la violence qui s’y développe ou s’y perpétue découle des privations subies par des populations qui ont perdu jusqu’à l’espérance de jours meilleurs.

Selon l’économiste Mathieu Couttenier, « les prix des minerais et les prix agricoles, sont des facteurs déterminants des guerres civiles africaines : nous avons croisé les données extrêmement précises de géolocalisation des conflits armés en Afrique entre 1997 et 2010 avec la géolocalisation des exploitations minières et avec la variation sur la même période des prix mondiaux des ressources minières d’une part, des produits et intrants agricoles d’autre part. Nous avons pu démontrer que le doublement des prix des minerais intervenu sur la période explique un accroissement de 25 % de la violence armée dans les régions concernées. De même, la baisse des prix agricoles de certains produits d’exportation, le café par exemple, cause un choc de revenus qui facilite le ralliement des populations touchées aux groupes armés qui offrent des revenus supérieurs, d’ailleurs souvent tirés… des ressources minières. Enfin, dans des régions où l’essentiel du revenu local provient de l’agriculture, les événements climatiques et l’évolution de la productivité agricole, due autant à la fertilité naturelle qu’aux prix des intrants (engrais, pesticides…), sont aussi un facteur déterminant du niveau de violence politique. »

De fait, dans le centre du Mali où vivent 9,5 millions de personnes sur une superficie aussi grande que la France, tous les indicateurs sont au rouge : l’insécurité alimentaire a augmenté de 60 % entre 2015 et 2018 ! La pauvreté généralisée a rendu la population particulièrement vulnérable aux chocs, alors que depuis les années 1980, la sécheresse frappe de façon régulière la région. La raréfaction de l’eau et des ressources fourragères, la diminution des aires de pâturage liée à l’expansion des terres agricoles et l’insécurité grandissante, accroissent la vulnérabilité des populations pastorales et contribuent à alimenter les tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs. « Au Mali comme au Burkina Faso, un Peul ne peut plus circuler librement sans craindre pour sa vie. Il est pourtant impossible de lui demander de se sédentariser. Au Sahel, à partir du mois de janvier, il n’y a plus ni eau ni fourrage », déplore Ibrahima Aliou, secrétaire général de l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en savane (APESS), une organisation qui s’applique à sécuriser des voies de transhumances entre les différents pays, en partenariat avec SOS Faim.

La mobilité des pasteurs garantissait traditionnellement aux Etats une forme de sécurité dans des zones réputées invivables : « ils étaient leurs sentinelles. Aujourd’hui, ils sont dans une impasse, car la compétition pour la terre les prive de leurs moyens de subsistance. Nous devons davantage les intégrer aux programmes de sécurité alimentaire », plaide Djimraou Aboubacar, conseiller de l’initiative nationale 3N (Les Nigériens nourrissent les Nigériens). Plusieurs actions ont été engagées au niveau régional pour promouvoir des systèmes d’alerte précoces, comme cela existe déjà pour les agriculteurs sédentaires, afin de  commencer à prendre en compte les bilans fourragers pour anticiper la situation alimentaire des populations nomades.

Plus globalement, les conclusions de l’économiste Mathieu Couttenier corroborent les revendications des ONG, telle que la campagne luxembourgeoise contre l’impunité des multinationales : « Nous avons ainsi pu montrer que le niveau de responsabilité sociale et éthique des entreprises minières internationales qui acceptaient de se soumettre à plus de transparence et de coopération avec les ONG, était corrélé à des niveaux de conflits légèrement inférieurs. »

Alors ? A l’heure où, pour la première fois, c’est un Chinois, Qu Dongyu, qui prendra la tête de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation (FAO), instance multilatérale de pilotage des politiques alimentaires mondiales,  quelle sera l’orientation stratégique qui lui sera impulsée ? Agitée par des débats intenses sous le double effet du réchauffement climatique et de la hausse du nombre de personnes souffrant de faim dans le monde depuis 2015, alors que la population mondiale s’accroît, le FAO cristallise la dualité contemporaine, comme le résume Olivier de Schutter, président de l’IPES-Food (panel international sur les systèmes alimentaires durables) et ancien rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation : « La FAO est à un moment-clé : deux approches s’y opposent : l’une productiviste, qui veut augmenter les rendements pour faire face à la croissance démographique ; et l’autre, agroécologique, défendue sur la fin de son mandat par M. Graziano da Silva. » …Agroécologie également réclamée par la grande majorité des organisations de la société civile, notamment africaines, qui déclaraient en mai dernier dans un communiqué publié par AFSA-Africa :

« A bien des égards, l’agroécologie est l’antithèse des systèmes agricoles conventionnels actuels, axés sur les multinationales et fondés sur la monoculture. Là où l’agriculture conventionnelle cherche à simplifier, l’agroécologie embrasse la complexité. Là où l’agriculture conventionnelle vise à éliminer la biodiversité, l’agroécologie dépend de la diversité et s’appuie sur elle. Là où l’agriculture conventionnelle pollue et dégrade, l’agroécologie régénère et restaure, en travaillant avec la nature – et non contre elle. »

Marine Lefebvre

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Communiqué de presse – Quelle justice pour les riverains des plantations SOCFIN ?

Luxembourg/Bruxelles/Fribourg, le 28 mai 2019 – Une action de solidarité avec les communautés affectées par les plantations de SOCFIN en Afrique et en Asie a été menée au Luxembourg ce 28 mai durant l’Assemblée générale de la multinationale. Une dizaine d’activistes ont directement participé à l’AG pour dénoncer ses agissements et réclamer des actions immédiates : « l’engagement volontaire des multinationales ne mène nulle part. Les États doivent adopter des lois pour réguler ces entreprises basées en Europe » explique Marine Lefebvre  qui a participé à l’action pour les ONG luxembourgeoises. Le même jour, des ONG suisses se sont mobilisées devant les nouveaux bureaux de SOCFIN délocalisés à Fribourg en relayant le message : « SOCFIN, we are watching you ! ».

Cette mobilisation transnationale d’organisations de la société civile de Belgique, France, Suisse et Luxembourg entend dénoncer le double discours de dirigeants qui ne respectent pas leurs engagements et nient les conflits sociaux et fonciers sévissant dans presque toutes les plantations d’hévéa et de palmiers à huile du Groupe. « Le but poursuivi par les activistes était d’interpeller directement les dirigeants et actionnaires présents à l’AG et de pouvoir y relayer les revendications des centaines de milliers de personnes affectées par les activités de SOCFIN. Le discours porté publiquement par SOCFIN, et repris dans son Rapport annuel de développement durable, ne reflète pas la réalité. Il était de notre devoir d’en apporter la preuve » témoigne Florence Kroff, porte-parole des ONG belges.

Parallèlement, plusieurs de ces organisations se tournent vers le système judiciaire pour faire exécuter des engagements pris. Hier, une assignation à comparaître devant le Tribunal de Grande instance de Nanterre a été remise au Groupe Bolloré, deuxième actionnaire du Groupe SOCFIN. Cette action judiciaire inédite vise à forcer le Groupe BOLLORÉ S.A à mettre en œuvre un plan d’action auquel il s’était engagé envers les communautés affectées par les activités de SOCFIN au Cameroun.

Promesses non-tenues et criminalisation des défenseurs des droits humains

Deux ans après l’adoption par SOCFIN d’une nouvelle « politique de gestion responsable », les communautés locales n’ont constaté aucune réelle avancée sur le terrain, pire, la situation s’aggrave. En Sierra Leone par exemple, le conflit entre l’entreprise et les communautés locales s’est à nouveau enflammé en janvier 2019, menant à la mort de 2 personnes, à l’arrestation arbitraire de 15 militants et au déplacement forcé de centaines de riverains. Au Liberia aussi la situation empire et surtout pour les femmes : de plus en plus de cas de harcèlement et d’abus sexuels sont rapportés dans les plantations, souvent commis par les vigiles ou les managers des entreprises intermédiaires.

Ces abus et les autres impacts négatifs de l’activité de SOCFIN ont été largement documentés dans deux rapports récents analysant la situation dans les plantations de Sierra Leone et du Liberia. Un rapport transversal revenant sur les engagements non tenus dans des dizaines de plantations de SOCFIN, dans 4 pays différents est également publié ce jour. Ces rapports ont été remis aux dirigeants et actionnaires de l’entreprise lors de L’action à l’AG de SOCFIN. La liste des atteintes subies par les riverains des plantations est longue : conflits fonciers, violences faites aux femmes, privation de ressources forestières, rivières polluées, compensations dérisoires, conditions de travail précaires, promesses de dialogue  non respectées, projets sociaux inexécutés, insécurité alimentaire, criminalisation grave des défenseurs des communautés, etc. 

Des normes contraignantes pour garantir le respect des droits

Les organisations dénoncent l’inefficacité de l’autorégulation des entreprises et le manque de régulation publique des multinationales. En effet, le cas de SOCFIN illustre l’impact négatif que les entreprises transnationales peuvent avoir sur les communautés locales et l’environnement. Bien que ces crimes aient lieu ailleurs, les filiales de SOCFIN sont gérées depuis l’Europe. Quatre États sont directement concernés : la Belgique (l’actionnaire majoritaire étant belge), le Luxembourg (pays du domicile de son siège), la France (de par l’actionnariat à 39,4 % de Vincent Bolloré) et la Suisse (où SOCFIN a plusieurs sociétés opérationnelles). Tous ont l’obligation de protéger les droits humains en prévenant et/ou en remédiant aux abus commis par SOCFIN. Les organisations signataires  luxembourgeoise, belges et suisses appellent leurs gouvernements à imposer un devoir de vigilance aux entreprises, comme l’a fait la France par la loi dite Rana Plaza de 2017. Il s’agit notamment de concrétiser la responsabilité des entreprises en assurant, pour les personnes affectées, l’accès à la justice.

Aussi, les organisations revendiquent le droit d’engager la responsabilité d’une multinationale librement, et de contribuer au débat d’intérêt général sur les conditions dans lesquelles des sociétés exercent leurs activités à l’étranger. « L’assignation de Bolloré en justice devrait être un pas important dans la responsabilisation des acteurs économiques, qui ne peuvent se libérer de façon unilatérale de leurs engagements, ni prendre ceux-ci dans le seul but d’acheter la paix sociale ou une image éthique » conclut Marie-Laure Guislain, responsable du contentieux à Sherpa.

Organisations signataires :

Belgique:

AEFJN

CNCD-11.11.11

Entraide et Fraternité

FIAN Belgium

France:

Confédération paysanne

ReAct

International :

GRAIN

Luxembourg

Les 16 organisations de l’Initiative pour un devoir de vigilance – voir liste ici

Les 22 organisations de la Plateforme Meng landwirtschaft – voir liste ici

Suisse:

Attac Fribourg

Bread for all

FIAN Switzerland

Multiwatch

Solifonds

Contact presse :

  • LUX : Marine Lefebvre – SOS Faim Luxembourg/ Meng Landwirtschaft : +352 49 0996 26  / marine.lefebvre@sosfaim.org
  • LUX : Antoniya Argirova –  ASTM et Initiative pour un devoir de vigilance : + 352 400 427 20
  • BE : Florence Kroff – FIAN Belgium : +32 475 84 56 24 / florence@fian.be
  • CH: Silva Lieberherr – Bread for all : +41 79 678 04 44 / Lieberherr@bfa-ppp.ch
  • FR: [Sur l’assignation de Bolloré] Marie-Laure Guislain – Sherpa : +33 6 47 11 65 06 / juriste.gdh@asso-sherpa.org

Note aux rédacteurs:

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