Témoignage: retour d’une mission en Ethiopie

De retour d’une mission en Ethiopie du 16 au 29 janvier 2019, notre responsable des partenaires en Ethiopie, Chris Felten, nous livre ses impressions.

Quels étaient les objectifs de ta mission ?

L’objectif principal de ma mission était de passer en revue les activités 2018 avec tous nos partenaires et d’identifier conjointement avec eux leurs axes d’intervention prioritaires et les budgets y relatifs pour l’année 2019. Chaque mission est également l’occasion de discuter, de manière plus générale, de l’évolution institutionnelle des partenaires et des défis/enjeux/problèmes qu’ils rencontrent dans leur travail quotidien. Et comment SOS Faim pourrait les soutenir à surmonter ces difficultés/obstacles.

As-tu eu l’occasion d’aller voir sur le terrain le travail que nos partenaires réalisent avec les agriculteurs éthiopiens ?

J’ai profité de cette mission pour visiter deux coopératives (Biru Tesfa et Abdi Gudina) et une union laitière (Biftu Berga) à Holeta, à une quarantaine de km au Nord-Ouest d’Addis, dans la « ceinture du lait » en périphérie de la capitale éthiopienne. Ces coopératives tout comme l’union ont bénéficié du soutien (financier, matériel et technique) de notre ONG partenaire locale Hundee les deux dernières années, et seront aussi soutenu l’année prochaine 2019 (équipement pour collecte et contrôle du lait, renforcement des capacités, fonds de roulement). La visite m’a permis de comprendre davantage le fonctionnement général, les mécanismes de structuration & la complexité du marché laitier éthiopien. J’ai aussi pu échanger avec les paysans membres sur les objectifs qu’ils ont et leur vision à court et moyen terme en matière de développement de leurs coopératives respectives. Ce sont toujours des moments très privilégiés et intenses en émotions.

Qu’est-ce que tu retiens de cette mission ?

Le besoin et la nécessité de continuer de structurer les agriculteurs à travers des organisations à base communautaire (coopératives, unions, Self-Help Groups (femmes), FLG – Farmers Learning Groups, …) C’est selon moi un des seuls moyens de pouvoir faire avancer leur cause… Nos IMF (institutions de microfinance) partenaires nous ont aussi encore une fois précisé qu’il est plus facile de travailler avec les agriculteurs quand ils sont organisés (la majorité des crédits agricoles sont octroyés sous forme de groups loans : entre 12-20 paysans se retrouvent dans un « groupe de crédit » ce qui leur facilite l’accès à ce mécanisme financier).

Mais de l’autre côté, il faut aussi être conscient du fait que la plupart des coopératives et unions éthiopiennes ont été mis en place par le gouvernement, avec une approche qui, parfois, peut être qualifiée de top-down. Nous assistons donc à une grande disparité du niveau des compétences entre les différentes coopératives et unions, ce qui rend notre travail de renforcement des capacités avec nos ONG partenaires (au profit des groupements de base communautaire) d’autant plus important.

Merci Chris pour ce retour !

Nos actions en Éthiopie:

SOS Faim soutient des coopératives et des organisations paysannes qui aident directement ces agriculteurs. Elles leur offrent du matériel, des formations et du bétail. Elles leurs permettent d’accéder à la sécurité alimentaire et d’être moins vulnérables.

  • SOS Faim apporte son appui à deux ONG locales, Hundee et Facilitators for Change deux organisations qui aident directement les paysans, notamment les femmes et les jeunes, à travers différents programmes et formations.
  • SOS Faim apporte également son soutien à trois institutions de microfinance, Harbu, Bussa Gonofaa et Wasasa, qui octroient des petits crédits aux agriculteurs souvent exclus du système financier classique

En savoir plus…

Vous voulez aider les agriculteurs éthiopiens à améliorer durablement leur condition de vie ?

Merci pour votre générosité !

CCPLLULL – IBAN LU22 1111 0055 5526 0000

CCRALULL – IBAN LU98 0090 0000 4800 0046

 

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Offre de stage au service information

Appui à la valorisation et à la diffusion de la campagne de sensibilisation Changeons de menu.

  • Présentation de SOS Faim

Créée en 1993, SOS Faim Luxembourg a pour vision un monde sans faim, plus équitable, plus solidaire et plus respectueux de l’environnement, où chaque peuple peut vivre dignement, en paix en satisfaisant ses besoins fondamentaux.

Sa mission est de contribuer à la souveraineté alimentaire par l’agriculture familiale durable. En Afrique, SOS Faim finance et accompagne une vingtaine de partenaires (organisations de producteurs agricoles, institutions de microfinance, ONG) dans six pays (Bénin, Burkina Faso, Ethiopie, Mali, Niger, Rép. Dém. du Congo). Au Luxembourg et en Europe, SOS Faim mobilise les citoyens en faveur d’une alimentation responsable et interpelle les décideurs pour davantage de cohérence des politiques pour lutter contre la faim et la pauvreté.

Les valeurs qui sous-tendent l’action de SOS Faim sont la dignité, le respect, l’équité, la solidarité, l’autonomie et la durabilité.

SOS Faim est une organisation non-gouvernementale (ONG) agréée par le ministère luxembourgeois des Affaires étrangères et européennes (MAEE).

  • Changeons de Menu !

Une campagne en faveur d’une alimentation respectueuse des hommes et de l’environnement

Selon les chiffres publiés par la FAO en 2017, 815 millions d’individus souffrent de la faim à travers le monde, dont 2/3 sont des paysans et leurs familles vivant en milieu rural. Pourtant la terre produit assez de nourriture pour nourrir l’ensemble de la population mondiale, alors même qu’un tiers de la nourriture destinée à la consommation humaine est jetée chaque année.

C’est dans ce contexte que nous avons lancé en 2015 une campagne de mobilisation citoyenne intitulée « Changeons de menu ![2] » qui vise à sensibiliser le public luxembourgeois à une alimentation responsable, respectueuse des hommes et de l’environnement.

La première partie de cette campagne vise à prendre conscience de l’impact de son alimentation sur l’environnement à travers le calculateur de l’empreinte alimentaire : (http://www.changeonsdemenu.lu/calculez-votre-empreinte-alimentaire/). Dans un second temps, les consommateurs sont invités ensuite à diminuer leur empreinte alimentaire à travers 10 gestes simples et quotidiens. Enfin, différentes initiatives luxembourgeoises ont été répertoriées dans notre carte de l’alimentation responsable (http://www.changeonsdemenu.lu/carte). L’objectif de ce projet est de rassembler l’ensemble des producteurs, artisans, cuisiniers, collectivités du Grand-Duché du Luxembourg à taille humaine qui pratiquent une production / transformation, une distribution et une consommation responsable. Les initiatives répertoriées s’inscrivent dans une démarche de progression vers un système alimentaire responsable, tant pour les méthodes de production que de transformation.

  • Les modalités de stage

C’est dans le cadre de cette campagne que SOS Faim recherche un étudiant pour réaliser une enquête auprès des 80 membres de la carte de l’alimentation responsable.

L’objectif est de nous permettre de situer les initiatives recensées dans leur démarche vers une alimentation responsable sur base de la Charte d’adhésion et d’un questionnaire préalablement réalisés par SOS Faim. Il s’agira également de développer le « sentiment d’appartenance » des membres de la carte à une communauté ayant des objectifs communs.

L’étudiant sera amené à :

  • Rencontrer les différentes initiatives déjà répertoriées en vue de remplir le questionnaire ;
  • Chercher de nouvelles initiatives luxembourgeoises qui s’inscrivent dans cette démarche ;
  • Encoder et analyser les résultats ;
  • Réaliser des interviews en vue de valoriser certaines initiatives sur nos supports de communication (site internet, réseaux sociaux, publications…) ;
  • Développer des informations et des activités sur les réseaux sociaux ;
  • Participer à la vie active de l’association en fonction des besoins et disponibilités et l’étudiants.

SOS Faim prend en charge l’abonnement de transports publics de l’étudiants pour ses déplacements auprès des différentes initiatives.

En fonction des motivations de l’étudiants, le stage peut déboucher sur un job d’étudiants durant l’été 2019 ou Service Volontaire Civique (SVC).

Période souhaitée  : mars-juin 2019 ; d’autres périodes sont envisageables

Si vous êtes intéressés, merci de prendre contact avec Marine Lefebvre, responsable du service Information : marine.lefebvre@sosfaim.org

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13/02 soirée Hungry Planet: Burkinabe Bounty

Dans le cadre du programme socioculturel de l’espace culturel Rotondes, SLOW FOOD Luxembourg, FAIRTRADE Lëtzebuerg et SOS Faim organisent depuis 2008 des soirées sous la dénomination de HUNGRY PLANET et vous invitent à notre prochain événement :

Burkinabè Bounty

Le mercredi 13.02.2019 à 18:30 heures
Rotonde 1, place des Rotondes, Luxembourg-Bonnevoie

Nous avons le plaisir de pouvoir montrer le documentaire « Burkinabè Bounty» (en langue française) produit en collaboration avec Slow Food International, en présence de la réalisatrice Iara Lee.

La cinéaste Iara Lee est fondatrice/directrice du Cultures of Resistance Network et a réalisé et produit plusieurs longs-métrages documentaires et des douzaines de courts-métrages au cours de la dernière décennie. Elle a remporté de nombreux prix. La cinéaste, impliquée dans Slow Food depuis 2004, a notamment soutenu le projet de Slow Food «10 000 jardins en Afrique» et suit de près les activités sur le continent. Suite aux insurrections de 2014 au Burkina Faso, Iara Lee a voulu suivre les activités du réseau Slow Food sur ces territoires au nom de la souveraineté alimentaire. En présentant des agriculteurs militants, des étudiants, des artistes et des leaders du mouvement Slow Food, le film montre comment le peuple burkinabé réhabilite ses terres et défend ses traditions contre l’empiètement de l’agro-industrie.

Iara Lee nous racontera la situation au Burkina Faso qu’elle a vécue, le  « making of » du film.

En introduction Thierry Origer, président de Slow Food Luxembourg, donnera un bref aperçu sur la présence de Slow Food au Burkina Faso et Nedjma Bennegouch, responsable du service appui aux partenaires chez SOS Faim, parlera des projets de SOS Faim.

Comme de tradition, le traiteur maison des Rotondes Steffen confectionnera un buffet à inspiration africaine :

  • Petite salade de millet façon taboulé
  • Doux mélange de patates douce et fromage de chèvre en verrine
  • Bocal de riz au gras avec quelques légumes
  • Gaufre au fonio garni aux légumes
  • Tapioka de lait de coco avec un coulis de mangue
  • Macaron à la banane.

Pour clôturer comme toujours : Discussion conviviale dans la Plateforme et autour du bar de la Rotonde 1.

Participation aux frais: Membres(*) : EUR 16,- Non membres: EUR 21,-
(*) Membres de Slow Food, Fairtrade et SOS Faim

Réservation obligatoire avant lundi, 11.02.19 sur www.rotondes.lu

 

 

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“Laisser nous circuler sur notre continent”

Alors que débutait le sommet de Rabat pour l’adoption du pacte de Marrakech, des organisations de la société civile africaine ont lancé ce « cri de cœur » pour dénoncer des « politiques migratoires xénophobes contre les Africains ».

« Au moment où nos collègues européens, américains ou asiatiques, usant de leur exemption de visa pour le Maroc, prenaient leur billet d’avion pour Marrakech, nous Africains, étions encore en train d’attendre que le Royaume chérifien veuille bien nous délivrer un visa. En fin de compte, nos délégations africaines ont dû payer plus cher leurs billets d’avion par rapport aux délégations des autres continents car ayant été obligées de les prendre à la dernière minute. A l’heure où les Nations Unies appellent dans le plan de développement pour 2030 à ‘’ne laisser personne en arrière’’, à l’heure de l’adoption du Pacte Mondial pour les Migrations, nous, les Africains, continuons à subir des politiques sécuritaires pour nous empêcher de circuler librement par rapport aux autres parties du monde. (…) Nous dénonçons les Etats africains qui continuent de jouer le jeu de l’Occident contre l’intégration africaine (…). Nous refusons la volonté de cantonner les Africains dans leur pays en renforçant les contrôles aux frontières, dans les déserts, sur les mers et dans les aéroports. »

De fait, c’est depuis la fin octobre que les ressortissants du Mali, de la Guinée Conakry et du Congo Brazzaville sont dans l’obligation de se faire établir une « Autorisation électronique de voyage » (AVEM) avant de se rendre au Maroc. Pour certains ressortissants des pays concernés par l’AVEM, ce dispositif est surprenant, voire incompréhensible, puisque les relations entre le Royaume, le Mali, la Guinée Conakry et le Congo Brazzaville sont qualifiées de cordiales. Selon certains observateurs, ces nouvelles dispositions relèveraient d’un « diktat de l’UE » : « cette mesure s’inscrit parfaitement dans la politique européenne de gestion de la migration qui a transformé les pays du Maghreb en de simples gendarmes chargés de surveiller et de contrôler les flux migratoires en provenance d’Afrique », a déclaré au quotidien marocain Libération  Ousman Diarra, président de l’Association malienne des expulsés, ajoutant que le Maroc serait « le premier pays du Maghreb à avoir pris cette décision et que celle-ci augure du fait que l’Algérie, la Tunisie et la Libye lui emboîteront le pas ».

Négation des traditions comme des droits

De fait, au nom de la lutte contre l’immigration clandestine, les droits humains fondamentaux des ressortissants de la grande majorité des Etats africains sont couramment bafoués. Pas seulement par le déficit d’intégration intra-africaine mais aussi par le chantage qui sert de politique aux décideurs européens : ce que le jargon européen nomme gentiment « sécurisation des frontières extérieures de l’Europe » est vécue en Afrique de l’Ouest comme une atteinte au droit humain fondamental (reconnu comme tel par la Déclaration de 1948) de circulation. De plus, cette violation intervient dans un contexte sous-régional où les migration intra-régionales sont une tradition multi-séculaire et bien souvent une question de vie ou de mort, lorsque, par exemple, les réserves pour nourrir sa famille avant la prochaine récolte sont épuisées. Or, pour ne citer que l’exemple du Niger, celui-ci a, depuis, 2010, bâti un arsenal juridique répressif qui criminalise notamment le transport de personnes

Les sanctions prévues pour les infractions liées au « trafic illicite de migrants » peuvent atteindre jusqu’à 30 ans d’emprisonnement et de très lourdes amendes. Soit, mais imagine-t-on un chauffeur de car européen exiger les papiers d’une personne avant de l’embarquer ?

Dans les faits, cette loi conduit les transporteurs à ne plus prendre le risque d’exercer leur métier, et ce, dans une région où le voyage n’est possible que par camion, qu’on soit migrant s’orientant vers l’Europe, ou simplement, comme c’est le plus souvent le cas, voyageur qui cherche à rejoindre le pays sahélien voisin…

Migration ou terrorisme

Germain Ouedraogo, acteur engagé de la société civile du Burkina Faso nous rapportait récemment une anecdote éclairante : « un jeune éleveur dit ‘je ne savais pas que prendre deux bouts de fil et les toucher entre eux pouvait rapporter cinq cent mille francs’. Il venait d’enclencher une mine artisanale qui a fait sauter un véhicule des forces de défense et de sécurité. »… cela pour rappeler la situation de déshérence où se trouve une large partie des populations des pays du Sahel, et tout particulièrement la jeunesse au sujet de laquelle il se dit aussi : « quand on va jusqu’à enlever le droit de rêver aux jeunes, on en fait des criminels, des terroristes. »

Le droit de rêver, c’est celui de pouvoir espérer une vie meilleure, et si ce n’est possible chez soi, alors ailleurs…

Marine Lefebvre

www.sosfaim.lu

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SOS Faim rejoint le Réseau mondial pour le droit à l’alimentation et la nutrition

Les 25 ans de SOS Faim ont été également marqué par l’adhésion au Réseau mondial pour le droit à l’alimentation et la nutrition : il s’agit d’une initiative d’organisations de la société civile d’intérêt public et de mouvements sociaux – paysans, pêcheurs, éleveurs, personnes sans terre, consommateurs, personnes vivant dans la pauvreté en milieu urbain, travailleurs de l’agriculture et de l’industrie alimentaire, femmes, jeunes, et indigènes – « qui reconnaissent la nécessité d’agir conjointement pour donner effet au droit humain à une alimentation et une nutrition adéquates. »

Lancé à Vienne en 2013, ce réseau est coordonné par le FIAN International et rassemble une trentaine d’organisations membres. Il comprend également un Observatoire du Droit à l’alimentation et à la nutrition qui prend la forme d’une publication annuelle recensant les politiques, processus et thématiques majeurs liés au droit à l’alimentation et à la nutrition aux niveaux mondial, régional, national et local. « Elle permet de la sorte d’offrir une visibilité aux luttes et aux efforts des peuples sur le terrain. En tant qu’outil de suivi, son objectif est de contribuer à renforcer la responsabilisation et à faire progresser la réalisation du droit à l’alimentation et à la nutrition pour tous. »

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Changer de système alimentaire pour assurer notre avenir

Retour sur la séance académique du 28/11/18

Pour célébrer ses 25 ans, SOS Faim, en cette année 2018, a mis en œuvre un programme varié dont le point d’orgue était la séance académique qui s’est déroulée mercredi 28 novembre au Cercle Cité en présence, notamment, de SAR le Grand Duc Henri, de M. Gast Gibéryen, Président de la Chambre des Députés, de M. Sékou Cissé, Ambassadeur du Mali, de M. Romain Schneider, ministre de la coopération et de l’action humanitaire et de Mme Carole Dieschbourg, ministre de l’environnement.

M. Raymond Weber, président de SOS Faim, a salué les quelque 140 personnes de l’assistance avant d’introduire les intervenants.

M. le Ministre Schneider a salué l’engagement de SOS Faim : « avec SOS Faim nous relevons le défi de l’éradication de la faim et de la pauvreté, mais aussi de la mitigation du changement climatique. En plus du travail sur le terrain, l’ONG fait un important travail de sensibilisation. »

M. Raymond Weber a évoqué l’évolution de SOS Faim depuis sa création : « nous sommes passés du caritatif à l’accompagnement d’acteurs du changement, du collaboratif au partenariat, de l’aide à la coopération au développement, d’une approche centrée sur des besoins à satisfaire à une démarche privilégiant les capacités à développer. En agissant auprès des producteurs d’Afrique, en les aidant à se structurer au sein d’organisations fortes et indépendantes, en leur facilitant l’accès à des financements adaptés, SOS Faim contribue à renforcer le monde paysan et à promouvoir un développement endogène. »

Dans un monde en profonde mutation, SOS Faim poursuit son questionnement dans le cadre d’une réflexion stratégique : « face aux inégalités croissantes et aux injustices de plus en plus intolérables, SOS Faim  se veut acteur de changement, à son échelle et en alliance avec d’autres et veut contribuer à œuvrer pour la souveraineté alimentaire partout et pour tous, tout comme elle s’engage et pour davantage de justice économique et sociale, notamment en Afrique. Ce pari est audacieux et ambitieux : il oblige SOS Faim à poursuivre sa mission avec patience, persévérance et humilité, pour les 25 prochaines années… au moins !».

Découvrez le discours de M. Raymond Weber

Monsieur Weber a ensuite donné la parole à Olivier De Schutter, l’ex-rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, devenu membre de SOS Faim en 2016.

Intitulée Changer de système alimentaire pour assurer notre avenir, la conférence d’Olivier Des Schutter a mis en évidence le rôle de l’alimentation  comme « levier pour changer le monde ».

Ouvrant sa conférence sur le rôle très positif joué par le Luxembourg dans l’adoption de la Déclaration des droits des paysans par les Nations Unies, Olivier De Schutter a  analysé l’origine du modèle alimentaire dont nous héritons et fait une démonstration brillante de la responsabilité de notre système alimentaire sur les défis climatiques et écologiques actuels, mais aussi sur la persistance de la faim dans le  monde. En cette veille de COP 24, il a mis en évidence l’injustice de l’impact des changements climatiques qui affecteront davantage les populations les plus pauvres, précisément celles qui ont le moins de responsabilité dans le dérèglement climatique… Soulignant « l’impasse des solutions productivistes »,  Olivier de Schutter a insisté sur l’érosion des terres consécutive de l’agriculture intensive, ainsi que sur les néfastes conséquences environnementales mais aussi sociales, économiques et sanitaires de la poursuite d’une « alimentation low cost ». Il a explicité « le cercle vicieux de l’agriculture d’exportation, des importations de denrées alimentaires, et de la pauvreté rurale » :

« Nous exportons nos problèmes. Notre manière de consommer utilise des hectares virtuels qui servent à produire ce que nous importons pour satisfaire nos habitudes ; ce faisant, nous privons les populations du Sud de la satisfaction de besoins essentiels, de sorte que les souhaits des populations les plus riches, au pouvoir d’achat le plus important, l’emportent sur les besoins des populations pauvres. »

Olivier De Schutter a ensuite développé la possibilité de « surmonter l’inertie du système alimentaire actuel » pour aller au-delà du productivisme en mettant en avant différentes notions telles que l’agroécologie : « En passant de l’uniformité agricole que représentent les monocultures, à la diversité agricole, on obtient d’importants gains de productivité à l’hectare». Il a également illustré l’importance de la reterritorialisation comme moyen de réaliser la souveraineté alimentaire et le droit à l’alimentation. Il a enfin abordé  les innovations sociales majeures, déjà mises en œuvre dans certains territoires, telles que les politiques alimentaires urbaines, ou la démocratie alimentaire. Ce faisant, il a salué et conforté la démarche de SOS faim qui travaille sur les deux fronts : dans les pays du Sud en soutenant l’agriculture familiale et l’accès des petits paysans aux moyens de production, et ici au Luxembourg en agissant pour promouvoir une alimentation responsable et une transformation des politiques en faveur du changement de système alimentaire.

« La démocratie alimentaire est une source d’espoir ; au cœur de toutes les solutions que nous recherchons, ce n’est pas de la technologie mais de l’intelligence sociale dont nous avons besoin. »

Découvrez la présentation de Olivier De Schutter

SOS Faim 25 ans d’action en faveur de l’agriculture familiale !

Aujourd’hui, l’ONG est présente dans 6 pays africains, pour travailler avec une vingtaine de partenaires pour une meilleure reconnaissance du droit des paysans et une augmentation des moyens en faveur d’une agriculture familiale durable.

Ces trois dernières années, plus de 20 nouveaux membres ont rejoint l’association ; de nouveaux partenariats en Afrique ont vu ou verront le jour ; la campagne « Changeons de menu ! » prend de l’ampleur : en complément à la sensibilisation, SOS Faim appuie financièrement des coopératives luxembourgeoises proposant des alternatives alimentaires. Mais tout ça est le résultat de 25 années de travail …

Découvrez quelques moments clés de ces 25 années mis en perspective

 

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Si vous mangiez moins de hamburgers, nous pourrions manger !

…ou le procès qui aura lieu demain, si nous ne changeons rien à nos habitudes…

S’il n’a pas encore eu lieu, ce procès n’est pas inimaginable à une échéance qui se rapproche à grands pas, dans un monde où une minorité se gave sans modération. En gaspillant les ressources naturelles qu’on sait pourtant limitées, la population nantie tarde à     remettre en question ses habitudes de consommation… Comment lui faire comprendre que ce gaspillage s’apparente à la confiscations des ressources de tous ceux qui n’ont pas le minimum vital, ni davantage les moyens de faire respecter leurs droits ?!

Selon la FAO (Food and Agriculture Organization), la consommation mondiale de protéines animales a doublé en moins de 50 ans pour atteindre 229 millions de tonnes en 2009. Elle devrait encore augmenter de 70% (465 millions de tonnes) d’ici 2050 pour assouvir l’appétit carnivore croissant des humains, si nos choix alimentaires poursuivent la même tendance. En 2010, en moyenne, une personne consommait plus de 80g de protéines par jour, contre 62g cinquante ans plus tôt, la part des protéines animales étant passé de 25g à 41g par habitant et par jour…

Or, dans le monde, le bétail occupe 30% des terres, en comptant les champs utilisés pour produire leur alimentation. Les monocultures de soja occasionnent d’immenses déforestation, réduisant ainsi les capacités d’absorption du CO2 par la végétation. Irrigation et utilisation d’intrants chimiques augmentant encore les émissions de carbone et la consommation d’eau. Ainsi, selon les calculs du Center for investigative reporting (CIR), un sandwich contenant un steak d’environ 110 grammes, émet presque 3 kilos de CO2 et utilise 2 400 litres d’eau ! Au total, la viande bovine serait responsable de presque 10% de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre …

Eliminer la faim d’ici 2030…

Dans le même temps, sur la même planète, et malgré l’engagement pris en 2015 par la Communauté internationale d’éliminer la faim d’ici à 2030, nous sommes passés de 784 millions de personnes en situation de sous-alimentation chronique en 2015, à 804 millions en 2016 et 821 millions en 2017 : le rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le monde publié ce 11 septembre par 5 agences des Nations-Unies, souligne que la faim et l’obésité coexistent dans de nombreux pays, touchant en premier lieu les familles les plus pauvres, soit parce qu’elles n’ont pas accès à la nourriture, soit parce qu’elles sont les plus exposées à une nourriture de mauvaise qualité, à forte densité énergétique et pauvre en nutriments.

Mais ce que les agences des Nations unies n’osent pas encore pointer du doigt, c’est la responsabilité de l’agriculture industrielle, principale vecteur des émissions de gaz à effet de serre et de destruction de la biodiversité. En accaparant terres et eau dans les communautés rurales des pays du Sud, en gaspillant des ressources précieuses, cette agriculture contribue à rendre plus vulnérable les populations les plus pauvres.

Cette spirale infernale n’est pas une fatalité !

En face de ce système destructif, contrôlé par une poignée de multinationales, il y a plus de 500 millions de fermes familiales, produisant plus de 80 % de la nourriture dans le monde. Bien qu’elles ne réussissent pas toujours à en vivre, elles représentent l’alternative pour un modèle vertueux qui est de plus en plus largement promu : l’agroécologie commence à s’imposer au sein de la FAO comme le meilleur modèle pour lutter contre la faim, réduire la pauvreté rurale et répondre aux défis du changement climatique. Dans le même temps, les Nations-Unies ont décrété une décennie de l’agriculture familiale (2019-2028), tandis que les Nations Unies viennent d’adopté la Déclaration sur les droits des paysans et a lancé un groupe de travail sur la mise en place d’un traité contraignant sur le respect des droits humains par les entreprises.

Changer de modèle en s’appuyant sur l’agriculture familiale, c’est opérer une transition vers des systèmes agroécologiques et vers la souveraineté alimentaire, tout en renforçant les droits des paysans et en restaurant de la régulation dans les échanges commerciaux et en initiant un devoir de vigilance pour les entreprises multinationales.

L’agriculture paysanne est aussi la mieux à même de contribuer au développement des zones rurales et donc à la lutte contre l’exode vers les grandes villes: en la soutenant, c’est un gisement d’emplois inespéré que l’on peut créer, aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement. Et où que ce soit, respecter la terre et les hommes et femmes qui produisent la nourriture, leur permettre de retrouver la dignité confisquée par le système agroindustriel, c’est désamorcer le procès à venir.

Marine Lefebvre

www.sosfaim.lu

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21/11 Risquer sa vie … pour sauver la planète

etika, l’ASTM, , ATTAC Luxembourg, ASTM la Fondation Caritas, la Fondation Partage Luxembourg, et SOS FAIM vous invitent à une conférence-déjeuner :

Risquer sa vie pour sauver… la planète

Mercredi 21 novembre à 12h15 à l’Altrimenti

Lieu : Salle Rheinsheim à l’Altrimenti asbl – 5 avenue Marie-Thérèse, Luxembourg

En présence de Elisabeth Schneiter

Si les défenseurs de l’environnement dans le monde occidental sont exposés au risque d’apathie voire de découragement quand la société ne réagit pas aussi vite que l’urgence l’exigerait, il en est tout autrement dans d’autres parties du monde : rien qu’en 2017 on a dénombré chaque semaine près de 4 assassinats de militant-e-s écologistes qui se battaient pour préserver les conditions indispensables à la vie sur terre.

C’est cette guerre silencieuse, peu connue dans nos pays industrialisés, que relate le livre “Les héros de de l’environnement” . Il s’ouvre sur le sacrifice de Berta Caceres, assassinée en 2016 au Honduras, qui a mobilisé son peuple, les Lenca, pour défendre la rivière Gualcarque. Après l’évocation d’autres héros et héroïnes mythiques, comme Chico Mendès qui se battait pour la forêt tropicale au Brésil, Dian Fossey, protectrice des gorilles, ou Ken SaroWiwa qui dénonçait les exactions de Shell dans le golfe du Niger, le livre se tourne vers ceux qui continuent aujourd’hui la bataille en le payant parfois de leur sang.

Comme le souligne le directeur de l’agence de l’ONU pour l’environnement, Erik Solheim :« Ceux qui luttent pour protéger la planète et les gens devraient être célébrés comme des héros, mais la triste réalité est que beaucoup paient un lourd tribut pour leur sécurité et parfois le paient de leur vie ».

Présentation de l’oratrice :
Elisabeth Schneiter a créé et dirigé un magazine sur la langue française, Qui-vive !, et un autre sur l’actualité culturelle et scientifique, Rendez-vous en France. Comme journaliste indépendante, elle a écrit pour Le Monde, Les Échos, le Figaro… et collabore depuis quatre ans avec Reporterre, pour qui elle suit les atteintes aux libertés dans le monde et l’actualité internationale

​Le livre de Elisabeth Schneiter sera disponible pour les dédicaces.

 

Pour des raisons d’organisation, il est absolument impératif de s’inscrire par courriel via events@etika.lu avant le 19 novembre en précisant le nombre de personnes qui assisteront à la conférence et celles qui resteront pour le déjeuner. La participation à la conférence et le déjeuner sont offerts par etika.

 

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14/11 : Soirée HUNGRY PLANET

Dans le cadre du programme socio-culturel de l’espace culturel Rotondes, SLOW FOOD Luxembourg, FAIRTRADE Lëtzebuerg et SOS Faim organisent depuis 2008 des soirées sous la dénomination de HUNGRY PLANET.

Se dévêtir….

des fibres toxiques

Dans le cadre de la campagne « Rethink Your Clothes », lancée par l’ONG Fairtrade Lëtzebuerg et la Fondation Caritas Luxembourg avec le soutien financier du Ministère des Affaires étrangères, la soirée HUNGRY PLANET vous invite à découvrir le documentaire primé River Blue.

Rethink Your Clothes

Vous êtes-vous déjà demandé qui a fabriqué vos vêtements ? Comment vos vêtements sont-ils fabriqués ? Quels sont les dommages environnementaux liés à l’industrie textile ?

L’objectif de la campagne Rethink your Clothes est de sensibiliser le public luxembourgeois sur les enjeux sociaux et environnementaux de l’industrie textile. Le documentaire River Blue met en évidence ces désastres écologiques générés par cette industrie et ses conséquences sur l’environnement et la santé des populations.

River Blue

Le documentaire River Blue voyage autour du globe pour dévoiler les sombres secrets qui se cachent derrière la fabrication de nos vêtements. Entre les rudes procédés chimiques utilisés par les manufactures et le rejet irresponsable de déchets toxiques, l’un de nos articles emblématiques préférés, le jean, est en train de détruire la globalité des rivières terrestres (David McIlvride, Roger Williams, GB 2016, 1h34, Anglais, Français (Sous-titres).

Claire Henzig et Ana Luisa Texeira (Caritas Luxembourg) seront présentes lors de la soirée pour présenter la campagne et également pour créer un débat après le film.

Un buffet fibreux, mais pas toxique

Comme de tradition, le traiteur maison des Rotondes Steffen confectionnera un buffet de saison tout régional sauf transnational.

Baguette au fromage de Berdorf – Petite salade de céleri aux noix – Weinzossis, sauce moutarde et sa purée de pommes de terre – polenta juste prise au gorgonzola et cèpes – Mini tartelette aux raisins – Compote de pommes en verrine

Discussion conviviale dans la Plateforme et autour du bar de la Rotonde 1.

 

Mercredi 14.11.2018 à 18:30

Rotonde 1, place des Rotondes, Luxembourg-Bonnevoie

Participation aux frais:       Membres(*) : EUR 16,-   Non membres: EUR 21,-

(*) Membres de Slow Food, Fairtrade et SOS Faim

Réservation obligatoire avant lundi, 12.11.2018 : http://rotondes.lu/agenda/details/event/se-devetir-des-fibres-toxiques/

 

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