Le Monde en doc : Qu’est-ce qu’on attend?

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Qui croirait que la championne internationale des villes en transition est une petite commune française ? C’est pourtant Rob Hopkins, fondateur du mouvement des villes en transition, qui le dit. Qu’est ce qu’on attend ? raconte comment une petite ville d’Alsace de 2 200 habitants s’est lancée dans la démarche de transition vers l’après-pétrole en décidant de réduire son empreinte écologique.

Le Monde en doc vous donne rendez-vous le lundi 6 février à 19h à la Cinémathèque de la Ville de Luxembourg (17 place du Théatre, L-2613 Luxembourg) pour la projection du documentaire ‘Qu’est ce qu’on attend?‘ de Marie-Monique Robin.

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☛ La projection sera suivie d’un échange avec la salle afin de faire ressortir les solutions locales, illustrées par les interventions des héros locaux actifs sur le territoire de la Ville de Luxembourg dans l’action climatique et de la transition énergétique. Cet échange, animé par Norry Schneider (CELL), fait partie de la Tournée DEMAIN à Luxembourg et dans le cadre du Pacte Climat.

☛ La discussion sera suivie d’un verre de l’amitié.

En collaboration avec Etika Asbl, ATTAC Luxembourg, Luxembourg in Transition CELL – Centre for Ecological Learning Luxembourg, SOS Faim Luxembourg, Klima-Bündnis Lëtzebuerg, le Mouvement Ecologique et avec la participation de la Ville de Luxembourg.

 

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Nouvelle dynamique dans l’agriculture familiale en Afrique

 

Les « mirages des blancs » d’un côté, le recours aux nouvelles technologies de l’information de l’autre… l’agriculture, premier pourvoyeur d’emploi du continent, est à la croisée des chemins: des efforts pour associer NTIC et savoirs traditionnels dessinent une voie prometteuse…

 

« Redevenir agriculteur, lorsqu’on est allé à l’école, les gens voient ça comme une malédiction. Ça a été extrêmement difficile pour moi de faire ce choix, mais j’ai tenu le coup. Cette ténacité a fini par convaincre les gens que je n’étais pas sur le mauvais chemin », a témoigné Pascal Genou devant les élèves du lycée agricole d’Ettelbruck de la filière maraichage fin 2016. Le parcours singulier de ce jeune Béninois a séduit son auditoire et apporté beaucoup de motivation!

« Il faut faire prendre conscience que les méthodes traditionnelles sont pleines de vertus et qu’il faut abandonner le mirage des produits de synthèses des blancs. » Distingué Chevalier du mérite agricole, Pascal Gbenou est le fondateur d’une ferme-école agro-écologique au Bénin, où il a fait le choix de n’utiliser aucun produit phyto-sanitaire.  Il dédie ses activités à produire de quoi nourrir la population des alentours, mais aussi à la revalorisation du métier de paysan. « Ne pas dépendre de l’extérieur est la devise de la ferme école ». Que ce soit à travers les recherches qu’il mène, ou dans le cadre de la ferme -école qu’il a fondé, il s’efforce de rendre sa noblesse au métier afin que les jeunes choisissent non pas de subir leur destin de paysan, mais de le choisir. Et d’en vivre bien: « Je n’ai rien inventé dans les pratiques utilisées à la ferme, mais j’ai optimisé tout ce qui se pratique de manière éparse ; l’avantage c’est de montrer qu’avec cette manière de faire, on peut gagner sa vie. »

Sous le feu des questions, il poursuit :  « L’agro-écologie que je mets en pratique dispose de techniques qui permettent de gérer autrement la ressource eau (…) ; ceux sont autant de techniques connues chez nous mais qu’on avait tendance à abandonner car on a cru que le modèle des blancs était mieux. On se cogne la tête, on dit il faut revenir en arrière !… Il faut au contraire renouer avec notre savoir traditionnel. »

« L’objectif de la formation dispensée à la ferme-école est non seulement de lutter contre l’émigration des jeunes vers la ville, mais aussi de développer une activité formatrice qui vise à leur intégration future dans leurs villages comme entrepreneurs agricoles. Les élèves sont en effet recrutés dans les milieux ruraux défavorisés. »

12654701_1742875015942317_4298636315302635488_nC’est ainsi qu’il a fondé AgribusinessTV afin de raconter, en de courtes vidéos, les innombrables initiatives qui prouvent indéniablement la nouvelle dynamique de l’agriculture familiale. Et ça marche! En six mois, il avait 1000 fans sur Facebook, et les expériences individuelles issues de différents pays d’Afrique de l’Ouest commençaient à inspirer des initiatives de réplication ! Une démarche dont le succès a été relaté par de grands médias étrangers, puis récompensé par plusieurs concours internationaux.

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Acteurs et promoteurs d’une agriculture familiale pérenne et rémunératrice se multiplient en Afrique de l’Ouest avec, entre autres objectifs, celui  de tordre le cou à une croyance dénoncée par P. Gbenou: « Chez nous, si les parents envoient les enfants à l’école, c’est pour qu’ils deviennent intellectuels, car ce sont les intellectuels qui ont les ressources financières, qui ont le pouvoir, qui décident du pays… »

Dans le monde de rareté que l’on nous annonce pour demain, cette nouvelle dynamique pourrait rendre le pouvoir à ceux qui seront capables de produire de quoi nourrir les populations?

Marine Lefebvre

https://sosfaim.wordpress.com/

 

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La société civile nigérienne se mobilise

Le 21 décembre 2016, la société civile nigérienne appelait à une marche de protestation.

Cette marche marque le point de départ d’un mouvement citoyen visant à “redonner au peuple sa dignité, et à défendre les droits civils et politiques, mais aussi et surtout les droits économiques, sociaux et culturels”.

Découvrez les raisons d’être de ce combat citoyen publié début janvier 2017 par Moussa Tchangari, Secrétaire général d’ALTERNATIVE ESPACES CITOYENS, partenaire de SOS Faim.

Les raisons de notre combat citoyen

Plate-forme revendicative citoyenne pour la défense des droits humains

Considérant la résolution du peuple nigérien à bâtir un État de droit garantissant, d’une part, l’exercice des droits collectifs et individuels, la liberté, la justice, la dignité, l’égalité, la sureté et le bien-être comme valeurs fondamentales de notre société, et d’autre part, l’alternance démocratique et la bonne gouvernance ;

Considérant son attachement aux principes de la démocratie pluraliste et aux droits humains tels que définis par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966 et la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples de 1981 ;

Considérant son attachement indéfectible au principe fondamental de la souveraineté du peuple, au caractère démocratique et social de la République, ainsi qu’aux instruments juridiques régionaux et internationaux de protection et de promotion des droits humains tels que signés et ratifiés par le Niger ;

Considérant son opposition absolue à tout régime politique fondé sur la dictature, l’arbitraire, l’impunité, l’injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, l’ethnocentrisme, le népotisme, le pouvoir personnel et le culte de la personnalité ;

Nous, organisations de la société civile nigérienne, citoyens et citoyennes de tous les horizons, attachés à la défense des droits humains fondamentaux et à la démocratie,

Constatant que les droits civils et politiques, ainsi que les libertés fondamentales, consacrés par les instruments juridiques internationaux et régionaux et la Constitution du 25 novembre 2010, notamment les libertés d’expression, d’association et de manifestation, font l’objet de restrictions inacceptables et sont constamment bafoués par les autorités en place;

Constatant que l’arbitraire, l’impunité, l’injustice, la corruption, la concussion et le népotisme ont pris une ampleur jamais égalée dans le pays, et sont même en passe d’être érigées en « normes » dans la gestion des affaires publiques à tous les niveaux ;

Constatant que les autorités en place continuent, sous divers prétextes, de multiplier les atteintes auxdroits économiques et sociaux des citoyens à travers notamment des mesures de déplacement forcé de populations, l’interdiction et la criminalisation d’activités économiques légales, la confiscation et la destruction sans indemnisation des biens privés, la destruction sans indemnisation des installations commerciales dans les centres urbains, les obstacles et restrictions à la libre circulation des personnes, etc ;

Constatant que les conditions de vie des populations nigériennes ne font que se dégrader tant dans les villes que dans les campagnes, en raison de l’extrême vulnérabilité des systèmes de production aux chocs climatiques, de la persistance du chômage de masse, en particulier chez les jeunes et les femmes, de la cherté des denrées de base, de la déliquescence et de la marchandisation des services essentiels ;

Constatant l’incongruité des mesures telles que la concession des magasins sous-douanes à Bolloré envisagées et/ou mises en œuvre par les autorités en place pour faire au faible niveau de mobilisation des ressources internes qui est lié à l’inefficacité de l’administration, à sa politisation à outrance, et à la persistance de la corruption et de l’impunité ;

Constatant que le financement public des secteurs sociaux de base, notamment l’éducation et la santé, est resté, depuis au moins une décennie, largement en dessous des seuils respectifs promis de 25% et 10% des ressources du budget de l’État que tous les gouvernements successifs se sont pourtant engagés à atteindre ;

Constatant que le faible niveau de financement public des secteurs sociaux de base, notamment de l’éducation et de la santé, se traduit par la déliquescence progressive des systèmes d’éducation et de santé,la faible qualité et la marchandisation des prestations, et l’aggravation des difficultés d’accès pour les plus pauvres ;

Constatant que la situation sécuritaire ne fait que se dégrader dans le pays, entrainant une véritable catastrophe humanitaire, d’énormes pertes en vies humaines dans les rangs des forces de défense et de sécurité, des violations graves des droits humains, une augmentation sans précédent des dépenses militaires et de sécurité, ainsi qu’une présence militaire étrangère accrue portant atteinte à la souveraineté de notre pays ;

Constatant le bradage sans précédent des ressources de notre sous-sol, sur fonds de non respect des textes relatifs à la fiscalité dans le secteur des industries extractives et pétrolières, aux droits des travailleurs nationaux dudit secteur, à la répartition des recettes tirées de l’exploitation minière et pétrolière entre l’État et les collectivités ainsi qu’à leur utilisation au profit des secteurs prioritaires indiqués par la Constitution du 25 novembre 2010 ;

Formulons à l’endroit des autorités en place les revendications cardinales suivantes comme base de notre action de mobilisation citoyenne :

A propos de l’État de droit et de la gouvernance démocratique

  • L’abrogation de l’ordonnance N°84-06 du 1er mars 1984 portant régime des associations (modifiée par l’ordonnance N°84-50 du 5 décembre 1984 et la loi N*91-006 du 20 mai 1991) et de la loi N*2004-45 du 8 juin 2004 régissant les manifestations sur la voie publique. Ces deux textes, qui comportent des dispositions contraires à l’esprit des instruments juridiques internationaux et de la Constitution du 25 novembre 2010, doivent être remplacés par des nouveaux textes garantissant l’exercice, sans entraves, des libertés d’association et de manifestation.
  • Le renforcement de l’indépendance de la justice à travers des réformes tendant, d’une part, à ériger le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) en une instance autonome soustraite à toute influence de l’Exécutif, et d’autre part, à assurer l’indépendance du Parquet vis-à-vis du Ministre de la Justice et à garantir la subordination de la police judiciaire au Parquet. Ces réformes doivent non seulement mettre fin à la présidence du CSM par le Président de la République, mais aussi prévoir un mécanisme permettant à tout justiciable de saisir directement le conseil sur des aspects disciplinaires. Elles doivent aussi porter sur la révision des critères de nomination aux fonctions de président du Conseil d’État.
  • L’élaboration dans les meilleurs délais d’une loi portant statut des médias d’État, afin de garantir l’objectivité, l’impartialité et le pluralisme d’opinions dans le traitement et la diffusion de l’information; et ce, conformément aux dispositions de l’article 158 de la Constitution du 25 novembre 2010, qui précise que « les médias d’État sont des services publics dont l’accès est garanti, de manière équitable et effective à tous ». Cet article précise également que les médias d’État « ont l’obligation de favoriser le débat démocratique et de promouvoir les droits humains fondamentaux, les langues nationales et les produits sportifs et culturels nationaux, l’unité nationale, la tolérance et la solidarité, la paix et la sécurité, entre les différentes communautés, ainsi que la lutte contre toutes formes de discrimination ».
  • L’élaboration d’un fichier électoral fiable et la mise en place d’une nouvelle Commission Électorale Nationale Indépendante, sur une base consensuelle, en vue de l’organisation, avant la fin 2017, des élections municipales et régionales.Cette exigence s’inscrit dans le souci de donner la possibilité aux citoyen(ne)s de choisir eux-mêmes leurs élus locaux et régionaux pour la gestion des collectivités.
  • La réduction du train de vie de l’État et du personnel politique à travers la réduction de la taille du Gouvernement actuel (au moins de moitié) et du parlement à 113, ainsi que la limitation stricte du nombre des conseillers et chargés de mission au niveau de toutes les institutions de la République; et ce, dans un souci d’efficacité et d’économies budgétaires dans un contexte national d’ailleurs marqué par des difficultés de trésorerie. La réduction du train de vie de l’État doit impliquer également la diminution de moitié des fonds politiques et la mise en place d’un mécanisme garantissant un contrôle de leur utilisation; elle doit impliquer enfin la suppression des institutions budgétivores créées pour distribuer des prébendes à certaines personnalités.
  • La révision de la Constitution et de la loi organique sur la Cour Constitutionnelle pour consolider l’indépendance de cette institution importante dans la vie démocratique. La révision des textes fondamentaux doit viser, non seulement à revoir la composition de ladite cour, mais aussi à offrir, au moins,aux organisations de la société civile, la possibilité de saisir directement la cour constitutionnelle; et ce, dans le souci d’éviter que cette prérogative soit l’apanage exclusif des pouvoirs exécutif et législatif.
  • Le renforcement des capacités et des pouvoirs des autorités administratives indépendantes (Commission Nationale des Droits Humains, Conseil Supérieur de la Communication),y compris également des institutions d’audit et de contrôle (Cour des comptes) et des institutions sectorielles de régulation (Autorité de régulation des secteurs des télécommunications et de la poste, Autorité de régulation des marchés publics). Cela implique également la mise en œuvre d’une campagne d’information et de sensibilisation du public sur le rôle de ces institutions, et la mise en place de mécanismes permettant aux citoyen(ne)s de les saisir de leurs plaintes et de leur demander des comptes.
  • L’intensification de la lutte contre la corruption, le détournement des deniers publics, l’enrichissement illicite, le blanchiment d’argent et autres crimes économiques et financiers à travers d’une part la mise en place d’un pôle judiciaire spécialisé disposant des ressources humaines et financières suffisantes, et d’autre part le renforcement de l’indépendance et des pouvoirs de la Cour des comptes et des inspections d’États. Cela suppose l’adoption des critères de nomination non partisans des membres de la Cour, la réalisation d’audits systématiques des finances publiques, des marchés publics, des entreprises publiques et parapubliques, des contrats miniers et pétroliers, des contrats de partenariat public privé, de la dette extérieure, ainsi que de toutes les compagnies et sociétés privées gérant des secteurs stratégiques concédés par l’État (téléphonie, eau potable, transport); et ce, dans l’optique d’engager des poursuites judiciaires contre toutes les personnes impliquées dans des affaires de corruption, de détournement de deniers et autres crimes et délits à caractère économique.

A propos de la sécurité et de la défense nationale

  • La réorganisation, le renforcement des capacités opérationnelles, l’augmentation des effectifs dans les zones en proie aux menaces sécuritaires, et la réhabilitation de l’image des forces de défense et de sécurité afin de les rendre plus aptes à faire face à toutes les menaces, plus proches des populations civiles et plus respectueuses des droits humains tant en période de paix qu’en situation de conflit armé. Cela implique également l’audit des ressources financières importantes consacrées à la défense et à la sécurité au cours des cinq (5) dernières années dans l’optique de vérifier leur utilisation efficace et efficiente.
  • La dénonciation de tous les accords de défense secrets liant l’État du Niger à d’autres puissances, et la fermeture immédiate de toutes bases militaires étrangères établies dans notre pays sur la base des tels accords; et ce, dans le souci de préserver la souveraineté du pays et contrer toute velléité de recolonisation. Cela signifie que seuls des accords régulièrement ratifiés et portant sur la coopération et l’assistance en matière de défense et de sécurité peuvent être maintenus.
  • La mise au point d’une stratégie de prévention et de gestion des problèmes sécuritaires basée sur le respect des droits humains, le développement socioéconomique centré sur les besoins des populations,l’information, la sensibilisation et la participation des acteurs locaux, notamment des organisations des jeunes, des femmes, des élus locaux et des médias ; et ce, dans l’optique de sortir de la politique actuelle du tout sécuritaire et s’orienter vers une approche de réponse aux situations de conflits à travers des actions de développement socioéconomique.
  • La Levée immédiate de toutes les mesures d’exception prises dans le cadre de l’état d’urgence dans la région de Diffa, notamment celles ayant une incidence grave sur la situation socioéconomique des populations (interdiction de la pêche, du commerce du poisson et du poivron,suspension de la tenue de certains marchés hebdomadaires); et ce, eu égard au fait que ces mesures sont très préjudiciables aux populations et violent les dispositions du Pacte international relatif aux droits sociaux, économiques et culturels, qui fait obligation à tous les états signataires de « s’abstenir de prendre des mesures qui aient pour effet de priver quiconque de l’accès à une nourriture suffisante, à la santé et à l’éducation ».
  • La révision de certaines dispositions des textes relatifs à la lutte contre le terrorisme, notamment celles relatives à la durée de la garde à vue et à la détention préventive ; et ce, dans le souci de prévenir tout abus de pouvoirs se traduisant par des détentions arbitraires, des détentions prolongées sans jugement et l’engorgement des lieux de détention. Cela implique également l’accélération de la procédure de jugement des centaines de personnes actuellement détenues dans les prisons de Kollo et Koutoukalé ; et par conséquent aussi le renforcement des effectifs et des moyens du pôle judiciaire en matière de lutte contre le terrorisme et des centres de détention où les conditions sont plus déplorables voire inhumaines et dégradantes.

A propos des Droits économiques, sociaux et culturels

  •  La réforme du système éducatif et la réhabilitation de l’école publique à travers d’une part, l’augmentation de la part des ressources budgétaires consacrées au secteur de l’éducation pour atteindre le seuil de 25%, et d’autre part l’arrêt à brève échéance de la politique de contractualisation de l’enseignement. Cette réhabilitation de l’école publique suppose la revalorisation de la fonction enseignante à travers un système concurrentiel d’évolution de carrière et de rémunération, le paiement immédiat des arriérés de salaires dus aux enseignants contractuels, la mise en place des programmes de formation initiale et d’autres programmes novateurs afin d’améliorer l’apprentissage et répondre aux besoins des enfants, l’amélioration des conditions de vie et d’études des élèves et étudiants à travers notamment l’augmentation de l’enveloppe des bourses et allocations, la construction des salles cours, la réduction des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur, technique et professionnel.
  • L’amélioration progressive de l’accès des populations aux soins de santé à travers d’une part, l’augmentation de la part des ressources budgétaires consacrées au secteur de la santé pour atteindre le seuil minimum de 10% recommandé par l’OMS, et d’autre part la mise en place d’un système de couverture médicale pour tous à travers des régimes d’assurances maladies et/ou de mutuelles de santé. Cette amélioration suppose la levée des barrières financières à l’accès aux soins de santé, le maintien et l’extension de la gratuité des soins, la répartition géographique adéquate du personnel de santé, ainsi que la revalorisation de ses conditions de travail et de rémunération.
  • L’arrêt immédiat des opérations de déguerpissement des petits commerçants entreprises par les autorités régionales et municipales avec le soutien du gouvernement, ainsi que l’indemnisation et la relocalisation de tous ceux dont les kiosques et les boutiques ont été démolis à Niamey, Zinder et dans d’autres localités. Cette exigence s’applique également à toutes les personnes déplacées de force dans la région de Diffa, aux orpailleurs chassés des sites aurifères et à tous ceux dont les biens ont été confisqués et détruits sans aucune indemnisation.
  • L’adoption et la mise en œuvre de mesures visant à lutter contre la cherté de la vie, y compris de mesures portant sur la régulation des prix des denrées de base et des loyers. Ces mesures doivent inclure notamment la réduction de 20% du prix à la pompe des hydrocarbures, la résiliation du contrat de gestion des magasins sous douane attribué à Bolloré, l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les produits de première nécessité et l’adoption d’une grille officielle des tarifs de loyer, qui soient abordables pour tous, y compris les personnes les plus vulnérables (les pauvres, les jeunes, les veuves, les orphelins, les personnes vivant avec le handicap).
  • La mise en place d’un programme de création d’emplois pour les jeunes diplômés, les jeunes non scolarisés et déscolarisés et la réintégration de toutes les personnes admises régulièrement aux différents concours d’entrée à la fonction publique annulés suite à des constats de fraude. Cette exigence implique également la mise en place d’un programme de soutien à l’entreprenariat des jeunes à travers non seulement des subventions publiques, mais aussi des programmes de renforcement de capacités. Elle implique enfin la poursuite devant la justice de tous les auteurs, les complices et coauteurs de ces fraudes.
  • La mobilisation des ressources humaines, financières et matérielles conséquentes, tant au plan national qu’au plan international, afin de faire face à la situation socio-économique difficile et poser les jalons d’un développement humain durable; et cela conformément aux dispositions de l’article 2 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels qui stipule que les États sont tenus « d’agir, au maximum de leurs ressources disponibles, pour assurer progressivement le plein exercice des droits économiques, sociaux et culturels », y compris par l’assistance et la coopération internationale. Cela implique aussi l’application stricte à toutes les compagnies œuvrant dans le secteur des industries extractives des dispositions de la loi 2006-26 du 09 août 2006, et la rétrocession effective de 15% des revenus tirés de l’exploitation des ressources du sous-sol aux collectivités des régions où sont situés les industries extractives.
  • La renégociation des contrats miniers et pétroliers afin d’accroitre la mobilisation des ressources internes indispensables pour la concrétisation des droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que le respect par les compagnies minières et pétrolières des droits des travailleurs. Cela implique l’arrêt des licenciements abusifs des travailleurs par certaines compagnies.
  • La création des conditions favorisant le développement rural et l’autosuffisance alimentaire à travers, d’une part, l’allocation d’au moins 20% des ressources budgétaires au secteur agro-sylvo-pastoral, et d’autre part l’adoption de mesures et actions visant à améliorer et renforcer la résilience des systèmesde production face aux chocs climatiques. Cela implique le rejet des accords de partenariat économique (APE) et de tout projet d’accaparement des terres agricoles et pastorales, le soutien de l’État à l’agriculture familiale, aux systèmes de conservation, de transformation et de commercialisation des produits alimentaires.
  • L’arrêt immédiat de la chasse aux migrants et de la criminalisation des activités liées à la migration conformément à l’esprit et à la lettre des instruments juridiques internationaux ratifiés par le Niger. Cela implique le respect strict de toutes les dispositions du protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes et des biens et l’abstention de signer tout accord pouvant se traduire par des restrictions à la mobilité des personnes. En particulier cela implique la non signature des accords de réadmission souhaités par l’Union Européenne et le refus de la logique d’externalisation des frontières telle qu’elle se manifeste à l’heure actuelle.

Fait à Niamey, le 6 Janvier 2017

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En route vers 2017…

Toute l’équipe de SOS Faim vous remercie pour cette année passée à ses côtés.

En 2017, SOS Faim s’engage plus que jamais à soutenir une agriculture durable, notamment par la finance inclusive rurale, en vue de garantir la souveraineté alimentaire partout et pour tous.

Ensemble, luttons contre la faim et la pauvreté en milieu rural !

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Retour sur la Journée mondiale de l’alimentation 2016

Près d’un milliard de personnes se couchent chaque soir le ventre vide ! Quand il s’agit de la faim, le seul chiffre qui compte c’est 0. L’agriculture mondiale produit pourtant suffisamment pour nourrir toute la population du globe. Alors pourquoi tant de personnes souffrent toujours de la faim ? C’est sans compter qu’un tiers de la nourriture destinée à la consommation humaine mondiale, soit 1,3 milliard de tonnes, est jeté chaque année à la poubelle.

Le climat change, l’alimentation et l’agriculture aussi !

La Journée mondiale de l’alimentation est célébrée chaque année dans le monde entier le 16 octobre sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Un peu partout dans le monde, des personnes se rassemblent pour déclarer leur engagement à éradiquer la faim dans le monde.

Cette année, la Journée mondiale de l’alimentation est consacrée aux changements climatiques afin de rappeler que les personnes les plus touchées par la faim et la pauvreté – pour la plupart des agriculteurs, des pêcheurs et des éleveurs – sont le plus fortement affectés par le changement climatique. En renforçant la résilience des petits exploitants agricoles, il est possible de garantir la sécurité alimentaire pour l’ensemble de la population mondiale grandissante et de réduire les émissions.

C’est pourquoi, depuis 23 ans, SOS Faim se bat concrètement contre la faim et pour la sécurité alimentaire aux côtés des premières victimes de la faim : les petits paysans d’Afrique. Notre objectif ? Renforcer les capacités des paysans du Sud en leur apportant une aide technique, organisationnelle et financière afin qu’ils améliorent eux-mêmes leur situation alimentaire, économique et sociale de façon durable et qu’au final, ils deviennent autonomes.

Télécharger le bulletin d’information spécial Journée Mondiale de l’Alimentation 2016

Une disco soupe pour lutter contre le gaspillage alimentaire !

Près d’un milliard d’êtres humains souffrent chaque jour de la faim et pourtant… 1/3 de la nourriture destinée à la consommation humaine, soit 1,3 milliard de tonnes, atterrissent chaque année dans nos poubelles ! Le gaspillage alimentaire survient tout au long de la chaine alimentaire: des champs à nos poubelles, en passant par les usines de l’industrie alimentaire et la grande distribution.

Dans le cadre de la journée mondiale de l’alimentation, SOS Faim a organisé le samedi 15 octobre 2016 une disco soupe à la Maison de la transition à Esch-sur-Alzette. Une Disco Soupe c’est une session collective et ouverte de cuisine de fruits et légumes rebuts ou invendus dans une ambiance musicale et festive. La soupe ainsi confectionnée est ensuite redistribuée à tous gratuitement.

Et ce fut un beau succès. Au total, près de 35 personnes  ont trié,  lavé, épluché et découpé ces fruits et légumes invendus récupérés auprès de la coopérative Biogros pour ensuite déguster une bonne soupe et une salade de fruits. Invendus vous dites? Mais pas perdus !

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Crédit photos: theisen.joanne

Un tout grand merci aux participants et à la Mesa pour leur chaleureux accueille !

 

Envie d’en savoir plus?

 

 

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Témoignage du Kivu !

De retour du Kivu, le Directeur de SOS Faim, Thierry Defense, nous livre ses impressions:

Q: Thierry, quels étaient les objectifs de ta mission?

Thierry Defense (TD): “Comme je n’étais plus allé au Kivu depuis 15 ans, je fus très heureux de revisiter cette très belle province du Sud-Kivu mais au contexte si compliqué. A l’époque, nous n’avions qu’un seul partenaire au Kivu, le Paidek, l’institution de microfinance (IMF) que SOS Faim a créée en 1993. Aujourd’hui, outre le Paidek, nous soutenons quatre autres partenaires sur place: une autre IMF (TGD), l’association professionnelle de la microfinance (GAMF), une ONG intervenant en milieu rural (AMIS du KIVU) et une organisation paysanne (FOPAC). Autant dire que cette mission était plutôt une découverte pour moi et que mon programme fut riche et varié! J’accompagnais ma collègue Fanélie Meyer, Responsable des Partenariats au Kivu. Outre les visites de terrain, deux temps forts ont émaillé la mission: une rencontre entre le PAIDEK, le GAMF et la FOPAC, avec pour objectif de développer la finance agricole – quasiment inexistante – au Kivu et un atelier de deux jours organisé par la FOPAC sur les relations entre les organisations paysannes (OP) et les organisations d’appui (OA). C’était vraiment très intéressant”.

 Q: Quelles sont les conclusions de ces rencontres?

TD: “Que ce soit au niveau de la finance agricole ou des relations entre les OP et les OA, les défis sont immenses. Durant toutes ces années de guerre et d’insécurité, les quelques rares IMF qui ont survécu se sont concentrées dans les villes, suivant un exode rural assez massif. Aujourd’hui, alors que la situation est plus calme (si très fragile), il est peut-être plus opportun de faciliter le retour des IMF au village. Mais cela passe par un dialogue continu entre les acteurs proposant des produits de microfinance (les IMF) et les demandeurs de ces produits, les organisations paysannes. Cela exige aussi des formations croisées entre ces deux “familles”: les IMF ont beaucoup à apprendre du monde rural et agricole et les producteurs doivent mieux comprendre les produits, leurs modalités et les contraintes des IMF. Enfin, les produits – en particulier le crédit – doivent être davantage adaptés à l’agriculture, que ce soit en termes de durée, de coût, d’échéancier de remboursement, etc… Nous avons invité nos partenaires à travailler en ce sens dans les prochains mois pour tenter ensuite quelques expériences pilotes en finance agricole durant les deux prochaines années. SOS Faim les accompagnera évidemment en ce sens. Quant à l’atelier sur les relations entre les OP et les OA, je fus frappé par la grande capacité d’auto-critique des acteurs. Etre ainsi capable de reconnaître ses propres faiblesses est une grande qualité. Reste qu’aujourd’hui, la confusion règne entre les prérogatives des uns et des autres. Les OP semblent vouloir imiter les OA et vice-versa. Et ce, « sur le dos » des producteurs, malheureusement davantage considérés comme des bénéficiaires que comme des acteurs du développement. Là aussi, les deux familles doivent travailler ensemble pour clarifier les rôles et collaborer de manière complémentaire. SOS Faim est aussi disposée à les aider en ce sens”.

 Q: Es-tu optimiste?

TD: “Bien sûr! Sans quoi, on aurait quitté le Kivu depuis longtemps. Mais c’est vrai que le contexte est difficile. Si la situation est pour l’instant plus calme, la sécurité est très fragile et des groupes armés continuent à opérer ici et là. La population est surtout en ce moment inquiète et tendue par rapport au contexte politique: le Président Kabila, dont le second mandat arrive à échéance le 19 décembre prochain, semble décidé à le prolonger. Une vilaine habitude en Afrique… Aux dernières nouvelles, les élections présidentielles ne seraient organisées qu’en 2018. Je ne pense pas que la population patientera jusque-là car elle est à bout! Qu’il y ait un délai raisonnable pour organiser des élections dans de bonnes conditions dans ce si grand pays est certes normal. Mais la patience du peuple congolais a ses limites… Autre facteur qui complique notre travail: la mentalité des gens rencontrés, plutôt attentistes, trop habitués à dépendre de l’argent des bailleurs de fonds. L’aide humanitaire, qui a massivement “arrosé” le Kivu, a eu des effets pervers terribles sur les populations locales. Nos partenaires, très courageux, et quelques autres acteurs de développement durable sont certes là pour inverser ces habitudes. Mais très sincèrement, je crains que cela prenne beaucoup de temps pour qu’un jour les Congolais prennent vraiment leur destin en mains. Et SOS Faim restera évidemment à leurs côtés pour les y aider!”.

En savoir plus sur le travail de SOS Faim au Kivu

soutenir l'action de SOS Faim

 

 

 

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Découvrez notre bulletin d’information spécial rentrée 2016 !

Et oui, c’est la rentrée ! Chez nous mais aussi partout dans le monde.

Du moins pour ceux qui ont la chance, ou plutôt les moyens, d’aller à l’école…

Itagania, une jeune Ethiopienne rurale de 11 ans rêvait quant à elle de prendre le chemin de l’école. Un rêve qui n’est jamais devenu réalité car pour ses parents, l’envoyer à l’école aurait signifié se priver de son aide. Elle a donc consacré son enfance à aider ses parents pour les travaux domestiques et ceux des champs, et à s’occuper de ses quatre petits frères et sœurs. Dignement, son père avoua: «  Quand on est pauvre, il faut sécher ses larmes, tout faire pour les cacher, se retrousser les manches. Et croire en l’avenir…  »

Triste constat, alors que l’éducation est un droit humain fondamental.  En Afrique subsaharienne, un tiers des jeunes âgés de 15 à 24 n’ont pas terminé leur scolarité primaire. Ce faible niveau d’éducation est un obstacle majeur au développement de l’Afrique. Sans éducation, sans formation professionnelle, difficile de trouver un emploi et d’avoir un revenu décent pour nourrir sa famille.

Certes, les choses s’améliorent : selon l’UNICEF, en 2011, 81% des enfants vont à l’école primaire. Mais plus de 150 millions d’enfants de moins de 18 ans sont astreints au travail, dont 60% dans l’agriculture. Le travail des enfants, c’est bien trop souvent une obligation, une servitude, des travaux épuisants et non rémunérés, au détriment de l’école et, parfois, au péril de leur vie.

SOS Faim est très sensible à ce fléau qui touche le monde rural et le travail agricole. En soutenant l’agriculture familiale , nous aidons les familles rurales les plus pauvres à s’en sortir. A vivre décemment de leur travail. A avoir des revenus corrects. Pour se nourrir et pour nourrir leur famille. Et pour assurer un digne avenir à leurs enfants, ce qui passe immanquablement par les chemins de l’école.

Nous vous remercions pour votre générosité, pour Itagania et tous les autres enfants.

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Thierry Defense

Directeur SOS Faim

 

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Grande fête populaire contre le gaspillage alimentaire !

870 millions d’êtres humains souffrent chaque jour de la faim et pourtant…

1/3 de la nourriture destinée à la consommation humaine mondiale, soit

1,3 milliard de tonnes, est jetée chaque année à la poubelle…

Ces chiffres vous donnent froid dans le dos?

Bonne nouvelle ! Vous pouvez à votre niveau agir contre le gaspillage alimentaire. SOS Faim en partenariat avec la Maison de la transition de Esch/Alzette (Mesa), vous donne rendez-vous pour une grande soupe populaire contre le gaspillage alimentaire.

La Disco soupe c’est quoi ?

Disco Soupe est un mouvement né à Paris en mars 2012 qui œuvre pour la sensibilisation du grand public à la problématique du gaspillage alimentaire. Les Disco Soupes sont des sessions collectives et ouvertes de cuisine de fruits et légumes rebuts ou invendus dans une ambiance musicale et festive. Les soupes (ou smoothies) ainsi confectionnés sont ensuite redistribués à tous gratuitement.

Are you radis ?

On vous donne rendez-vous le samedi 15 octobre de 17h à 21h au local de la Maison de la transition (MESA), 1 rue du Moulin à Esch-sur-Alzette. Venez munis de votre plus bel éplucheur pour montrer ensemble que ce n’est pas “la fin des haricots” !

Ensemble nous allons trier les fruits et les légumes, les laver, les éplucher, les découper, les cuisiner et les déguster… Le tout en musique ! Les fruits et légumes invendus nous sont offerts par Naturata.

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Lutter contre le gaspillage alimentaire c’est agir à son niveau pour un meilleur partage des ressources alimentaires sur la planète alors:

ensemble épluchons contre le gaspillage alimentaire !

Inscription souhaitée: lel@sosfaim.org

Rejoignez l’évènement Facebook !

Envie d’en savoir plus sur le gaspillage alimentaire? Visitez notre site de campagne “Changeons de menu” et suivez-nous sur Facebook !

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Le 14 et le 20 septembre: soirées migration & développement

Même si l’accès à l’Europe leur est fermé, ils sont des milliers d’Africains qui fuient toujours la faim et la misère dans leurs pays au risque de leur vie en Méditerranée. Il est urgent que l’UE agisse sur les causes de ces migrations dites « économiques » pour que ces personnes ne soient plus forcées à partir et pour qu’elles se voient offrir une perspective de vie sur place.

Sans oublier des facteurs comme les changements climatiques, l’action des multinationales et des marchés financiers, l’accaparement des terres et des ressources premières, l’absence de justice fiscale ou la mauvaise gouvernance, nous considérons que parmi les causes majeures se trouvent les politiques commerciales et agricoles néo-libérales de l’UE à l’égard des pays africains.

Ces politiques ont eu et continuent à avoir un impact désastreux sur le niveau de vie des populations de ces pays dits en développement, sur leurs économies, sur leur environnement et sur les ressources de leurs gouvernements. Elles lui permettent d’exporter sur les marchés africains ses produits agricoles et alimentaires à des prix dumping. Tout en protégeant toujours son marché pour nombre de produits agricoles, elle a conclu de nouveaux accords de libéralisation avec ces pays, comme les accords de partenariat économiques (APE), ce qui ne fait qu’aggraver cette situation.

Il est urgent de changer ces politiques. Quelles sont les alternatives ? Une aide publique renforcée doit rester au service, non de la répression de la migration, mais du développement. Mais de quel développement et comment ?

Le Cercle de Coopération avec  ACAT, Amnesty International, ASTI, ASTM, Caritas, CEFIS, CLAE, Médecins sans frontières, Frères des Hommes, SOS Faim vous invite à :

Table ronde migration et développement le 14 septembre 2016 à 20h à Neimënster

avec

  • Jean Asselborn, Ministre des Affaires Etrangères, de l’Immigration et du Commerce Extérieur
  • Aminata Traore, Ancienne Ministre de la Culture du Mali
  • Jean Feyder, Ancien ambassadeur
  • François Gemenne, Professeur à l’Université de Liège et à Sciences Po, Paris

Plus d’informations sur l’évènement

Avant première du film fuocoammare de Gianfranco Rosi le 20 septembre à 19h au  Ciné Utopia

Suivi d’un échange avec des réfugiés ayant traversé la Méditerranée et un sauveteur en mer. Un verre de l’amitié sera offert par l’Ambassade d’Italie.

Plus d’informations sur l’évènement

 

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Le PAIDEK, une réponse solide et adaptée aux besoins du financement des acteurs économiques du Kivu

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Peu de pays ont connu autant de crises, peu de populations ont eu à faire face à tant de chaos au cours des 20 dernières années, que la République Démocratique du Congo et en particulier ses provinces de l’Est que l’on nomme Nord et Sud-Kivu. Dans un pays meurtri par les guerres, le succès du PAIDEK, partenaire de SOS Faim, démontre l’engagement et la persévérance des acteurs locaux qui se battent pour prendre en main leur destin.

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« Main dans le main, chassons de nos ménages et de notre milieu la pauvreté et toutes ses conséquences». 

Ces quelques mots écrits en grosse lettre à la main accueillent les clients du PAIDEK de l’agence de Goma…
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PAIDEKPAIDEK: promotion et appui aux initiatives de développement économique du Kivu

Le PAIDEK est une institution spécialisée dans la microfinance, née en 1993 d’un programme visant à organiser des actions de microcrédit. Concentré géographiquement exclusivement sur le Nord et le Sud Kivu, le PAIDEK compte actuellement 9 agences réparties dans le Nord et le Sud Kivu, opérant tant dans les milieux urbains que ruraux.

Son rôle est de financer le développement de petites activités de commerce ou d’élevage, celles-là même qui assurent la subsistance d’une société dépourvue d’infrastructures industrielles comme d’institutions économiques et sociales.

Nous vous proposons de découvrir le témoignage de Kijira Ngumoja, un des nombreux bénéficiaires du PAIDEK.

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Je suis riziculteur depuis 1986, j’associe à la culture du riz celle de l’oignon et du manioc en compagnie de mon épouse. J’ai appris cette activité de mon père car il s’agit d’une activité qui occupe une place de choix dans notre communauté. La culture du riz prend un maximum de 4 à 6 mois de production suivant les variétés, sans compter la période de séchage pour la commercialisation. (…) Chaque jour, je me rends au champ pour plus de 8 heures de travail et là je me mets à la tâche prévue suivant l’étape (de production) dans laquelle je me trouve. Parfois, je suis contraint de payer la main d’œuvre pour certains travaux comme le labour, le repiquage, la garde du champ contre les oiseaux,…”

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 Les principaux obstacles au développement de son activité:

  • Insuffisance de moyens financiers;
  • Canalisation d’eau d’irrigation mal entretenue;
  • Présence de ravageurs dans les champs (rats, oiseaux,…);
  • Maladies de plantes;

« De façon générale, nos conditions de vie sont précaires. A la maison, comme au village, nous avons difficilement accès à:

  • L’eau potable;
  • Les soins médicaux sont insuffisants;
  • Les conditions de logement sont précaires (pas de matelas…);
  • L’absence du courant électrique;
  • Les routes de desserte agricole ne sont pas entretenues;
  • L’accès difficile à une scolarisation de bonne qualité;
  • Les mauvaises conditions d’alimentation;
  • L’accès difficile aux produits manufacturés de première nécessité;
  • Les débouchés de marché incertains.

Certaines de ces difficultés sont dues à l’instabilité politico-économique que connait notre pays depuis plusieurs décennies, tandis que d’autres viennent de la faiblesse de nos revenus qui ne nous permettent pas à vivre décemment.”

Accès aux crédit

« Grâce aux crédits du PAIDEK j’ai pu me faciliter l’exécution des différentes tâches qu’exigent la culture du paddy et agrandir mon espace cultural. Nous bénéficions d’un appui financier secondé par une formation en matière de crédit et des suivis de remboursement (appui-conseil). Nous ressentons une certaine sécurité garantissant la réalisation de tous les travaux champêtres qui conséquemment, sauf imprévu, impacte positivement sur la récolte.

C’est la première fois qu’une institution de microfinance s’intéresse aux agriculteurs qui est la catégorie des oubliés en cette matière! Nos remerciements à PAIDEK.”

Quant à l’avenir…Paidek3

“J’aimerai agrandir mon champ afin d’augmenter ma productivité ainsi qu’améliorer les conditions socio-économique et sanitaire de ma famille.”

Mais pour tout ça…

“Il faudrait trouver des débouchés sûrs pour l’écoulement de nos produits à un prix qui nous est avantageux. Cela nous permettra de rembourser plus aisément le crédit et de gagner un surplus pour la continuité de nos activités et la survie familiale.

Nous devons également développer des techniques de conservation et de transformation modernes pouvant nous permettre de ne pas vendre à la hâte par peur que nos produits ne périssent.

L’idéal serait que les producteurs aient accès à leurs propres décortiqueuses, au lieu d’aller chez les particuliers qui nous imposent beaucoup de conditions.”

 

Ce message témoigne du succès du PAIDEK et de la ténacité et du courage de ces hommes et ces femmes qui se battent chaque jours pour un monde meilleur.  Nous ne pouvons qu’admirer l’extraordinaire parcours d’un programme expérimental devenu aujourd’hui une société anonyme pour se conformer à la loi congolaise, sans pour autant oublier sa mission première : apporter aux plus démunis un service de crédit qui leur permet d’échapper aux usuriers et de faire fonctionner une économie locale, malgré tous les soubresauts traversés par les deux province du Kivu…

Vous voulez en savoir plus sur l’histoire du PAIDEK ?

Découvrez le Zoom Microfinance n°41 d’Aout 2014 consacré à l’évolution du PAIDEK

Découvrez nos activités au Sud-Kivu

Envie de nous soutenir ?

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