Microfinance en Ethiopie : d’excellents résultats mais quel impact?

L’institution de microfinance SFPI, partenaire de longue date de SOS Faim, affiche des résultats exemplaires à maints égards (taux de remboursement, autosuffisance…). Ainsi, l’agence de Fiche, située à 100 km d’Addis-Abeba affiche plus de 2600 clients et un portefeuille à risque sur les crédits de 0,3%. Grâce à un partenariat avec le bureau des affaires féminines du district, 97% des clients sont des femmes.

« Les femmes sont réputées être plus dignes de confiance que les hommes en matière de gestion d’argent. Dans un cas comme celui-ci il s’agit d’une répartition des tâches : au mari la gestion de l’activité, à l’épouse la gestion du crédit. Cet engagement partagé est, de fait, une manière de mieux gérer le risque », nous a confié l’ancien directeur de SFPI. Tout est donc parfait? Pas tout à fait car il ajoute: « Cela fait 9 ans que nous travaillons ici, à Fiche. Certaines clientes sont là depuis le début et malgré les bons résultats en termes de remboursement, la vie de ces personnes change peu. Le manque d’infrastructure est criant dans la zone. En fait, le développement prend du temps et au-delà des initiatives comme les nôtres, l’intervention des autorités joue un rôle prépondérant dans les dynamiques de changement ».

Si la microfinance est un outil pertinent de lutte contre la pauvreté, elle a aussi ses limites et n’est sûrement pas la panacée.

En Bolivie et au Pérou, une microfinance de plus en plus verte : tendance lourde ou effet de mode ?

Le secteur de la microfinance s’est consolidé dans les années 1990 et au début des années 2000 avec la double perspective d’être viable financièrement et de démontrer un réel impact social. Ce n’est que durant les 10 dernières années que des voix se sont élevées pour prendre également en considération le troisième pilier du développement, le volet environnemental.

L’approche en trois dimensions considère que le succès d’une IMF serait basé sur son comportement par rapport au profit (le financier), aux clients (le social) et à la planète (l’environnement).

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En direct du Mali: création d’un Observatoire des exploitations familiales

La Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP), en partenariat avec la Cellule de Planification et des Statistiques (CPS) et l’Institut National de Statistiques (INSTAT) du Mali, vient de créer l’Observatoire des exploitations agricoles familiales (EAF). Objectifs: améliorer le conseil à l’exploitation et renforcer le plaidoyer en faveur des EAF. Concrètement, chaque enquêteur (paysan et lettré), choisi parmi les organisations paysannes locales, va suivre 10 EAF de sa commune. Les résultats du premier recensement, qui devrait concerner en tout près de 1.000 EAF, devraient être connus en novembre.

En direct du Bénin : une rencontre prometteuse

A l’initiative de SOS Faim, une rencontre entre nos trois partenaires béninois (les organisations paysannes ANOPER et RéPAB et l’institution de microfinance RENACA) fut organisée récemment au Bénin. Objectif : analyser les obstacles et les besoins en vue d’un meilleur accès des paysans à des financements adaptés. Comme elle le fait dans d’autres pays, SOS Faim continuera à accompagner cette dynamique de rapprochement prometteuse.