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Définitions des enjeux de l'agriculture

Clés pour comprendre les causes de la faim et de la pauvreté rurale dans les pays du Sud

La souveraineté alimentaire

c'est le droit pour chaque Etat ou population, de choisir librement ses politiques agricoles, commerciales et alimentaires, sans dommage pour les pays tiers. Ce droit a été défendu pour la première fois en 1996 au sommet mondial de l'alimentation organisé par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture). C'est la Via Campesina, mouvement international des paysans qui l'a présenté. La souveraineté alimentaire est de plus en plus reconnue par les gouvernements et a même été intégrée dans certaines lois d'orientation agricole en Afrique (Mali, Sénégal). Concrètement, c'est :

  • Donner la priorité aux cultures vivrières pour nourrir la population locale (ce qui ne veut pas dire s'opposer à tout échange de produits alimentaires)
  • Permettre aux paysans d'avoir accès aux facteurs de production
  • Mettre fin aux pratiques de dumping (vente en dessous des coûts de production)
  • Permettre aux Etats de se protéger des importations agricoles et alimentaires qui fragilisent la production locale et de mettre en place des politiques agricoles, sans pression, ni contrainte de la part d'autres Etats ou organisations internationales (FMI, BM, OMC)
  • Encourager la participation des organisations paysannes à l'élaboration des politiques agricoles

En savoir plus :

L’entretien de Marc Mees, responsable du service appui partenaires SOS Faim, sur Le Portail Microfinance.

L'agriculture paysanne

vise plus de 60% de la population active au Sud. L'agriculture paysanne est mise à mal par la concurrence des produits importés à bas prix, les politiques commerciales agressives, la disparité entre les techniques de production et les aides à la production au Nord et au Sud. Aujourd'hui, près de 3 milliards de personnes voudraient pouvoir vivre de leur terre. C'est pour les y aider que nous lançons chaque année une campagne et que nous vous incitons à vous mobiliser pour relayer les propositions de nos partenaires.

Les APE (Accords de Partenariat Economique)

visent à créer des zones de libre-échange entre l'Union européenne et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) regroupés en six régions. L'ouverture des marchés des pays ACP est-elle la solution miracle pour combattre la faim et la pauvreté? En l'état, non. Ces six régions, encore instables, doivent pouvoir protéger leurs marchés intérieurs des importations à bas prix avant d'ouvrir leurs frontières aux produits européens. Les exemples des poulets congelés, de la production laitière, ainsi que des autres filières, montrent que l'absence de protection aux frontières constitue un danger pour l’agriculture paysanne des pays ACP. La Commission a mis la pression sur les pays ACP pour conclure ces APE, avant le 31 décembre 2007. A cette date, seule la région des Caraïbes, avait signé un APE. Mais d'autres pays ont signé à titre individuel un APE intermédiaire...

La PAC (Politique Agricole Commune).

Originellement mise en place pour soutenir la production agricole en Europe, la PAC a eu progressivement des effets pervers, ici et au Sud. Elle encourage une production excédentaire et accorde des aides à l'agrobusiness qui déverse à prix bradés ses excédents sur les marchés locaux. En 2004, l'Union européenne a exporté 291 000 tonnes de lait en poudre vers l'Afrique subsaharienne et pas moins de 2.5 milliards € de subsides ont été accordés à la filière lait en Europe. En novembre 2007, la Commission a lancé un bilan de santé de la PAC, mais nulle part, elle n'envisage de mesurer l'impact sur les pays tiers. SOS Faim se mobilise, et avec la PFSA, élabore une position sur la PAC, qui sera portée devant les autorités politiques.

L'effondrement de l'aide internationale à l'agriculture.

C’est un phénomène qui touche tous les bailleurs de fonds : « Alors que la plupart des donateurs et des pays en développement réorientent leurs politiques de développement pour privilégier la lutte contre la pauvreté, on pourrait s’attendre à ce que les investissements et l’aide extérieure soient concentrés sur les pays les plus pauvres, et sur l’agriculture et les autres activités rurales. Cela n’est pas le cas. Par exemple, entre 1988 et 1998, l’aide à l’agriculture a chuté de près des deux tiers en termes réels ». Concernant l’Union européenne, la part de son aide au développement consacrée à l’agriculture est passée de 25 % à 6 % entre 1980 et 2007.