
Esch, mercredi 14 septembre, plusieurs employés de SOS Faim Belgique et SOS Faim Luxembourg sont au rendez-vous pour assister à une formation sur l’agroécologie.
Qu’est-ce que l’agroécologie?
Certains affirment qu’il s’agit d’une solution aux problèmes que connaît le système agricole mondial actuel, d’autres s’en méfient en pointant la performance douteuse de cette pratique. Les techniques agroécologiques telles que l’agroforesterie, le compostage ou encore le paillage sont pratiquées par les paysans du monde depuis la nuit des temps. Aujourd’hui, les professionnels du développement s’intéressent de près à l’agroécologie car les pratiques agricoles liées à ce modèle ont un impact faible sur l’environnement.
Au Service Appui Partenaires de SOS Faim, on s’interroge : comment nourrir le monde en 2050 sachant qu’aujourd’hui, avec un total de 6.5 milliards de personnes sur terre, plus d’un milliard de personnes souffre de la faim ?
Christophe Brismée, Responsable des partenariats au Mali fait part de la problématique de ses partenaires : « Aujourd’hui, l’Etat malien ne croit plus en l’agriculture paysanne et mise sur l’agriculture intensive afin d’augmenter les rendements des productions. Pour des raisons écologiques et sociales, nous soutenons le SEXAGON (Syndicat des Exploitants de l’Office du Niger) qui défend l’agriculture familiale. Dans ce contexte, je me demande si les pratiques agroécologiques sont une solution pour augmenter la productivité des paysans maliens et si les performances de ces techniques pourront faire changer l’avis du gouvernement ».
Pour Franck Vanschoubroek, formateur et membre de L’ILEIA (Institut de recherche pour une agriculture durable), l’agroécologie est indéniablement une des solutions à la sauvegarde de la paysannerie. Les résultats déjà obtenus dans d’autres pays en développement sont très encourageants. Pour en convaincre les participants, le formateur pointe les atouts des pratiques agroécologiques. Selon lui, elles ont le pouvoir de : fertiliser les sols, lutter contre la désertification, préserver la biodiversité et optimiser l’utilisation de l’eau. Elle représente surtout une alternative peu coûteuse et adaptée aux populations les plus démunies.
Si elle a déjà fait ses preuves dans certains pays, deux défis majeurs se posent pourtant à l’agroécologie. D’une part, le transfert des connaissances afin d’étendre au maximum les pratiques agroécologiques ainsi que leurs bénéfices. D’autre part, il faudra que ce modèle alternatif parvienne à convaincre la communauté internationale et démontre son efficacité tant sur le plan économique, écologique que social.